lundi 12 octobre 2009

Pétition : Pour l'indépendance de la Belgique vis-à-vis du Vatican

Sent: Monday, October 12, 2009 5:01 PM
Subject: Fw: Pétition : Pour l'indépendance de la Belgique vis-à-vis du Vatican


 
---------- Message transféré ----------
De : LaPetition.be <confirmation@lapetition.be>
Date : 12 octobre 2009 14:00
Objet : Pétition : Pour l'indépendance de la Belgique vis-à-vis du Vatican
À : Neutralité de l'Etat <6000charleroi@gmail.com>


Bonjour,

Je voudrais attirer ton attention sur un sujet qui me tient à coeur.

Si toi aussi tu y es sensible je t'encourage à aller signer la pétition et à faire suivre cet Email à tes contacts.

Adresse de la pétition : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=5207

Pétition : Pour l'indépendance de la Belgique vis-à-vis du Vatican

La canonisation du "Père Damien" a été l'occasion d'un déplacement massif de représentants de l'Etat belge à Rome, où ils sont allés, au nom de tous les Belges, faire acte de soumission devant Benoît XVI, à la fois chef d'Etat et chef religieux.

On a ainsi vu le Roi Albert II (qui a pourtant prêté le serment de "maintenir l'indépendance nationale") se prosterner en signe d'allégeance devant Josef Ratzinger (mieux connu sous le nom de Benoît XVI), tandis que la Reine Paola se couvrait la tête d'un voile, en signe de soumission. C'est une grave violation de la neutralité de l'Etat belge en matière religieuse et un acte de soumission devant un chef d'Etat étranger.

Le représentant diplomatique à Bruxelles de l'Etat du Vatican, le "nonce apostolique", jouit par ailleurs de privilèges exorbitants, lui donnant un droit de préséance sur tous les autres représentants diplomatiques accrédités en Belgique, du seul fait qu'il représente aussi les autorités catholiques romaines.

Les signataires exigent que cessent les manifestations publiques d'allégeance des représentants de l'Etat et/ou des "entités fédérées" à une religion, quelle qu'elle soit, et, le cas échéant, aux autorités qui la représentent. Ils exigent pareillement la fin de tout privilège accordé à quelque représentant diplomatique que ce soit su base de considrations d'ordre religieux.



Merci à toi.



Neutralité de l'Etat



http://www.lapetition.be/petition.php?petid=5207
 
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur le Vatican (publication personnelle en cours de RoRo: prière de s'inscrire en m'envoyant un mél, svp: romaincourcelles@hotmail.com ):
 
Subject: "LE VATICAN CONTEMPORAIN", retracé du moins jusqu' en 1962..., jusquà la page 10, en attendant progressivement les suivantes.




"LE VATICAN CONTEMPORAIN", retracé du moins jusqu' en 1962...

Je publierai progressivement ce retracé politico-historique, au fur et à mesure de mes disponibilités, sur "paix _ socialisme _ communisme" ...

Bienvenue et bonne lecture à tous mes correspondants qui auront la patience de le lire jusqu' au bout ! Cela en vaut peut être la peine ... (???).

RoRo12

03/09/2008

 

Chapitre premier

L'ÉTAT DE LA CITE DU VATICAN

Le Vatican est tout à la fois un État microscopique enclavé dans Rome et le centre de l'Église catholique romaine (1) .

II est devenu un État aux termes du traité de Latran, conclu en 1929 entre Pie XI et le gouvernement fasciste de Mussolini. L'article 3 de ce traité stipule: «L'Italie reconnaît au Saint-Siège l'entière propriété, le pouvoir exclusif et absolu, et la juridiction souveraine sur le Vatican dans sa composition actuelle, avec toutes ses dépendances et dotations, instituant ainsi, à des fins particulières et dans les modalités stipulées au présent traité, la Cite du Vatican.»

L'État du Vatican ne ressemble à aucun autre État du monde en ce sens qu'il n'a ni ouvriers, ni paysans, ni industrie, ni agriculture. C'est un minuscule État ecclésiastique dont le souverain absolu est le pape de Rome, chef de la catholicité.

(pages 1, 2, 3)

I Le Vatican est une colline située sur la rive droite du Tibre, dans le nord-ouest de Rome. Ce fut dans l' antiquité un lieu de culte et de vaticinations. d'où, vraisemblablement, son appellation. L'un des dieux de la mythologie romaine était Vaticanus qui, assurait-on, faisait pousser à l'enfant son premier cri. (Voir Gaston Boissier: La religion romaine d'Auguste aux Antonins, Paris 1906, p. 4). Après que le christianisme fut devenu la religion d'ý

État de l'Empire romain, le Vatican devint un haut lieu du culte chrétien. C'est à la fin du Ve siècle et au début du VIe que I' on a commencé à bâtir les édifices de l' évêché de Rome. Depuis la fin du XIVe siècle, le Vatican est la résidence permanente des papes.

Pendant onze siècles, de 756 a 1870, il a existé sur le territoire de l' Italie actuelle des États pontificaux (ou États de 1'Église) où la plénitude du pouvoir temporel appartenait au clergé catholique. Le pape de Rome était chef de cet État caractérisé par 1'exploitation féodale des masses populaires et le joug de 1'Église catholique. Sur la fin, les États pontificaux comptaient parmi les puissances les plus réactionnaires d'Europe.

Laissons parler l'Histoire universelle de Schlosser (1776-1861): « Les États pontificaux étaient régis par un enchevêtrement de lois, édictées depuis des siècles; les législations civile et ecclésiastique étaient confondues. .. Partout sévissaient les espions et les déla­teurs ... Le pape et ses conseillers n'avaient ni le temps ni 1'envie de s'occuper de leurs sujets ... Aussi, 1'idée que des réformes fussent nécessaires ne pouvait leur venir à 1'esprit. »

Un contemporain du pape Grégoire XVI (dont le pontificat dura de 1831 a 1846) nous rapporte que toutes les provinces des États de 1'Église «se trouvaient en état de siège; la cour martiale siégeait en permanence; les prisons et les lieux de déportation étaient bondés; le gibet et 1'échafaud rivalisaient d'activité 2 ».

Dans l'ouvrage qu'il fit paraître en 1901 sur 1'histoire de 1' Italie, le célèbre historien russe Eugène Tarlé écrivait au sujet du régime des États pontificaux: « Rome était administrée par un cardinal, exerçant les fonctions de préfet de police... Le désordre administratif était épouvantable, parce que les prélats, les prêtres subalternes et les moines-policiers s'acquittaient de leurs devoirs de façon détestable, ils volaient, et étaient connus pour leurs concussions et leurs dérèglements...

1 F. Schlosser: Weltgeschichte tur das deutsche Volk, 2.Ausg.
Bd.16, Oberhausen und Leipzig 1874, S. 404.

2 M. Pinto: Pie IX et La révolution, voir dans la revue Vestnik Evropy (Courrier de l'Europe), juin 1867, p. 264.

La justice était rendue par quatorze tribunaux ecclésiastiques, dispersés à travers le pays et composés exclusivement de clercs désignés. La censure était monstrueusement tatillonne. Dante était à 1'index, et aussi l' Ancien Testament, et Pétrarque. On était emprisonné pour avoir lu Boccace ... Les jésuites avaient la haute main sur les universités de Rome et de Bologne, ils châtiaient durement les étudiants qui osaient parler de la rotation de la Terre.  La misère des populations n'empêchait nullement 1'administration ecclésiastique de les pressurer d'impôts et de redevances. Par sa cruauté irréfléchie, la fiscalité abusive pratiquée dans les États pontificaux obligeait les habitants des villages à fuir au hasard ... ».
Tel était le régime institué dans 1'État où le pouvoir absolu était exercé par le pape et son clergé. 

Selon Stendhal: « Le pape exerce donc deux pouvoirs fort différents: il peut faire, comme prêtre, le bonheur éternel de 1'homme qu'il fait assommer comme roi 1.»

L'arbitraire sévissant dans les États pontificaux suscitait les protestations du peuple. Mais celles-ci étaient réprimées avec une extrême dureté. Dans ses dernières années, le pouvoir temporel du pape s' appuyait sur les baïonnettes françaises et autrichiennes. Les meilleurs fils du peuple italien, luttant pour 1'unification du pays, désiraient aussi la suppression des États pontificaux, qui constituaient un grave obstacle à 1'unité nationale.

En 1870 1'unification définitive de l'Italie mit un terme à l'existence des États pontificaux. Leur territoire de 16000 milles carrés, avec sa population de plus de trois millions d'habitants, s'intégra dans le royaume d'Italie. Le pape se vit dépouillé de son pouvoir temporel; et, dans ce pays où 1'influence de l'Église catholique était et est encore très forte, il ne trouva guère de défenseurs.

1  Promenades dans Rome, t.1, Paris 1829, p. 7.


(Pages 4 et 5)

 

A l'heure actuelle, le pape et l'épiscopat catholique, qui répandent parmi leurs ouailles des notions fausses sur le communisme, voudraient les persuader que seule la stricte observation des préceptes du catholicisme peut conduire l'humanité à une société meilleure. Or, le pape et ses évêques avaient une magnifique occasion de faire éclater la supériorité de la voie où ils voudraient que s'engagent les hommes. Pendant onze siècles, ils ont gouverné tout un Etat! Mais ils n'y ont pas fait régner, tant s'en faut, une vie de bonheur et d'équité pour les masses populaires.

La superficie de la Cité du Vatican est aujourd'hui de 108,7 acres (sans compter 13 édifices à Rome hors de l'enceinte du Vatican). Sa population est d'un millier de personnes, dont 700 sujets du Saint-Siège. Le Vatican possède une ligne de chemin de fer de quelques centaines de mètres, rattachée au réseau ferroviaire italien; une centrale électrique, une station de radiodiffusion, une monnaie, des timbres - Poste, une école primaire et même une prison. Cet Etat gouverné par le vicaire du Christ, et qui compte à peine mille habitants, ne peut se passer d'une prison!

En tant que monarque temporel, le pape dispose d'une armée (100 gardes-suisses) et d'une gendarmerie de cent hommes environ. Les gardes-nobles (100 hommes, choisis parmi l'aristocratie romaine) et la garde palatine (500 bourgeois de Rome) sont des formations non permanentes créées pour les cérémonies solennelles' du Saint-Siège.

Le Vatican est une monarchie absolue. En vertu de la loi fondamentale promulguée en 1929, le pape exerce la plénitude du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire. Un gouverneur assume en son nom les fonctions administratives. Il existe une commission pontificale pour l'expédition des affaires de l'Etat, composée de deux cardinaux, d'un évêque-secrétaire et d'un conseiller général.

(page 6)

Autrefois, le pape était choisi parmi la grande aristocratie féodale, italienne le plus souvent. C'était au moyen âge un des signes du caractère foncièrement féodal de l'Eglise catholique et de sa hiérarchie.

Plus tard, on vit sur le trône pontifical des représentants des banques et de l'industrie. Cela traduisait la métamorphose de l'Eglise catholique qui, dans les pays capitalistes industriellement évolués, se mettait idéologiquement, politiquement et moralement au service de la bourgeoisie.

Ainsi, de 1914 à 1922, le titulaire du Saint-Siège fut Benoît XV (marquis Giacomo della Chiesa), membre d'une grande famille gênoise  apparentée à la haute finance italienne. Son successeur, de 1922 à 1939, fut Pie Xl (Achille Ratti), issu de la grande bourgeoisie lombarde. C'est à lui que l'on doit la phrase fameuse, prononcée au lendemain de la signature du Traité de Latran: « Si c'était nécessaire pour le salut des âmes, je m'entendrais volontiers avec le Diable ... 1»

A Pie Xl succéda, de 1939 à 1958, Pie XII (Eugenio Pacelli), rejeton d'une dynastie de richissimes banquiers. Cette famille a des attaches étroites avec la haute finance italienne et internationale. En 1911, le prince Volkonski, représentant du gouvernement du tsar auprès du Saint-Siège, mandait à Pétersbourg que le Vatican et, plus particulièrement, la famille Pacelli avaient des intérêts dans la guerre qui venait d'éclater entre l'Italie et la Turquie. « La guerre déclenchée à l'occasion de Tripoli entre l'Italie et la Turquie, écrivait-il, ne peut manquer d'intéresser le Vatican ... L'opinion publique est unanime à reconnaître l'intérêt que porte le Saint-Siège à la nouvelle crise ... Les relations bien connues entre le Vatican et le Banco di Roma pèsent plus que toute autre chose dans la balance.

1 Ch. Hugo Doyle: We have a pope. The life of pope Pius

XII, New Jersey" 1942, p.ll. .

 

(page 7)

 

Il suffit de rappeler qu'à la tête de cet établissement se trouve M. Ernest Pacelli, représentant des milieux cléricaux romains, oncle d'une étoile montante de 'la diplomatie vaticane, monsignor Eugenio Pacelli (le futur Pie XII. M.C.). Le rôle considérable joué par cette banque dans le conflit actuel est tellement évident qu'il est même surestimé dans l'opinion romaine, où l'on va jusqu'à affirmer que la crise a été provoquée précisément par les activités de la Banco di Roma 1. »

A la différence des trois souverains pontifes précédemment nommés, l'actuel pape Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli), porté au pontificat en octobre 1958, est issu d'une famille paysanne. La propagande cléricale voudrait en profiter pour attirer à l'Eglise les sympathies des couches prolétariennes. Mais l'accession du nouveau pape n'a pas mué le Vatican en un rempart de la démocratie, il s'en faut de beaucoup. Comme sous les autres papes, le Saint-Siège demeure le défenseur du capitalisme. Il n'est que de se reporter, pour s'en convaincre, à la politique actuelle du Saint-Siège et aux propos du pape lui-même sur les questions majeures de l'actualité internationale.

Le Vatican et les princes de l'Eglise catholique (et pas seulement catholique!) sont indissolublement liés au monde de l'Industrie et de la haute finance. Cette liaison avait été signalée dès le début de ce siècle par un grand militant du mouvement socialiste français et international, Paul Laf'argue. Voici un texte de lui datant de 1903:  « Les Morgan et les Rockefeller sont des bâtisseurs d'Eglises et d'Universités... et prêtres et professeurs se dévouent à complaire aux volontés des manieurs d'or ... Les prêtres de toutes les Eglises sont  

1 Les relations internationales à l'époque de l'impérialisme, 2e partie, Moscou 1938, pp.125-126.

( page 8) 

agenouillés devant les grands capitalistes, ces dieux pour de vrai, qui leur donnent le manger, le coucher et le reste! ... »

Depuis l'époque où Lafargue écrivait ces lignes, les intérêts économiques et politiques du Vatican et des oligarchies ecclésiastiques se sont confondus plus étroitement encore avec ceux de la bourgeoisie.

Le Vatican et beaucoup d'organisations qui lui sont affiliées possèdent d'énormes capitaux. Le détail de ces affaires financières est tenu strictement secret, et il est rare que quelque chose en filtre dans la presse. C'est pourquoi il est impossible de recenser complètement les richesses du Vatican, d'analyser la totalité de ses liaisons avec la banque et l'industrie. Qu'il nous suffise de reproduire quelques données publiées à ce jour.

Le Vatican possède des actions pour une somme de 12 milliards de dollars 2.

Il faudrait des pages rien que pour dresser la liste des banques et compagnies d'assurances, des trusts et sociétés anonymes où le Vatican a des intérêts. «A travers 40 banques centrales, une centaines de banques publicitaires, le Vatican tient plus de 400 milliards sur les 600 milliards de l'épargne italienne 3.» 

L' Osservatore Romano, organe du Vatican, publie des annonces publicitaires, le plus souvent pour le compte de produits pharmaceutiques, considérant sans doute qu'il sied  à un journal ecclésiastique d'imiter la publicité du reste de la presse. Toutefois, des exceptions sont tolérées en faveur de certaines banques et sociétés anonymes dont les attaches avec le Saint-Siège sont particulièrement étroites. Ainsi, en page 2, à côté de textes éminemment édifiants, l'Osservatore Romano

 

1. Lafargue: Les trusts américains, Paris 1903, pp. 12-13

2. G. Heyden, H. Ullrich : Im Namen Gottes, Berlin 1959, p. 139

3. Roger Garaudy: L' Eglise, le communisme et les chrétiens, Paris 1949, p. 156 

(page 9)

insère la publicité de la Banco di Roma qui, lisons-nous, possède un capital de 12 milliards et demi de lires et compte 200 succursales en Italie et à l'étranger. Dans le même journal, nous trouvons la réclame de la Banco Commerciale Italiana, de la Banco Ambrosiano et autres établissements, également liés au Saint-Siège.
D'après le publiciste allemand G. Baumann, le Vatican est une grande puissance financière à l'échelle mondiale , et pas seulement italienne. Il est allié à la haute finance d'Italie, de France, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse et d'Amérique du Sud. Le Vatican et, plus généralement, l'Eglise catholique possèdent des capitaux et des investissements énormes en Espagne, au Mexique, en Afrique, en Extrême-Orient, aux États ­- Unis. Le Vatican est l'associé de la maison Rothschild et de la dynastie américaine des Morgan.
L'oligarchie suprême de l'Eglise catholique, écrit P. Togliatti, «est devenue je ne dirais pas un appendice, mais une partie intégrante du grand capital. Cela est . particulièrement vrai pour notre pays, où. nous apprenons chaque jour que le Vatican a acheté des actions tantôt d'une société, tantôt d'une autres ».
Comme l'indique R. Garaudy, le Vatican a investi des centaines de millions de francs en France, 35 milliards de francs aux États-Unis, et 60 milliards dans plusieurs autres pays. Il n'est pas jusqu'aux maisons de jeu de Monte-Carlo, de Vichy ou de Biarritz qui ne rapportent au Vatican, actionnaire de ces établissements.
Encore tout cela ne donne-t-il qu'une idée approximative des richesses du Vatican, un des rares États au monde à ne pas publier son budget. 


1 Osservatore Romano n°s 1, 2, 5, 7-8, 17, 19,25, 31 XII 1959; 1, 5-6, 7, 9, 14 16, 21 VI 1961, etc.
2 Voir G. Baumann: Atlantikpakt der Konzerne. Berlin 1952, S.97 . 
3 Pour une paix ' durable, pour une démocratie populaire, 15-I-1948.
4.Roger Garaudy: L'Eglise, le communisme et les chrétiens, p.159.

(page 10)

 

mardi 29 septembre 2009

CHARLEROI: à La Braise: Soirée débat

 

Sent: Tuesday, September 29, 2009 9:52 PM
To: 
Subject:  Soirée débat


 
 

La Braise culture asbl

 

Le mardi 6 octobre 2009

à 19 h 30

Analyse du budget

de l'Etat fédéral

Pistes de solutions de gauche

Avec  Raoul HEDEBOUW, porte-parole national du PTB

Secrétaire provincial du PTB Liège

Coauteur du livre « Priorité de gauche, pistes rouges pour sortie de crise » ,

paru aux Editions Aden

Marco VAN HEES , Expert en fiscalité

Auteur du livre « Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches »

paru aux Editions Aden

 

Salle La Braise, 21 rue Zénobe Gramme 6000 Charleroi

 

Paf : 2,50 € (chômeurs, étudiants, etc. : 1,50 €)

Ed. resp. : Marc van Campen, rue Zénobe Gramme 21

vendredi 25 septembre 2009

Après le décès de mes deux parents: les banques ne seront jamais à sec ...

Après le décès de mes deux parents: les banques ne seront jamais à sec ...
 
Comme on le sait, mon père est décédé le 01 juin 2009, à l'âge de 94 ans, après 35 jours d'hospitalisation  (je reviendrai probablement sur ce sujet). Et ma mère l' a suivi le 04 août 2009, après 69 jours d'hospitalisation également.
 
Avec une pension de retraite ménage de quelque 1.250 euros par mois, mes parents n' avaient rien de gros, ni même de petits, épargnants...
 
Ils avaient juste un simple compte courant à la Banque de la Poste afin de percevoir leur pension, payer leurs dépenses courantes: les courses, soins de santé, électricité, chauffage, téléphone, télédistribution, eau courante, multiples taxes, redevances, assurances, etc, etc...
 
Leur compte à la banque est désormais inutile et je l' ai fait fermer évidemment.
 
Après l' avoir bloqué pendant 3 mois et m' avoir imposé de multiples tracasseries, démarches, déplacements, frais, pertes de temps, j' ai reçu la note de la banque: 4.000 fb (100 euros), retenus d'office par la Banque de la Poste, pour ses ... frais.
 
Dès lors, je me suis livré à un petit calcul peut être un peu simpliste. Suivez-moi bien :
 
-comme la Belgique est peuplée de plus de 10 millions d' âmes qui ouvriront probablement UN compte courant de leur vie et qu'ils s'éteindront aussi un jour, rien que pour cette opération de fermeture-succession, les banques se serviront pour un montant de 40 milliards de fb (1 milliard d' euros).
 
Et comme ces 10 millions de Belges et ces 40 milliards de fb vont faire des petits et des intérêts et que les banques n' arrêteront pas d'indexer régulièrement leurs "frais", histoire de tenir le coup, leurs caisses ne seront jamais à sec ...
 
Moralité: ne multipliez pas vos comptes inutiles chez les banques. Ces comptes sont gratuits à l'ouverture. Mais pour les fermer et récupérer leur contenu, c' est une autre histoire ...
 
RoRo
Courcelles
 
 

samedi 29 août 2009

COURCELLES: tous nos remerciements, à la suite du décès de ma mère, Yvonne ROMAIN-MESSE, le 04 août 2009

 

Sent: Saturday, August 29, 2009 8:24 PM
Subject: COURCELLES: tous nos remerciements, à la suite du décès de ma mère, Yvonne ROMAIN-MESSE, le 04 août 2009

 
 
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jeudi 6 août 2009

COURCELLES: encore une triste nouvelle: ma mère Yvonne MESSE, a/militante communiste, s'est éteinte à son tour ce mardi 04 août 2009, après une longue hospitalisation de 65 jours...

COURCELLES: encore une triste nouvelle: ma mère Yvonne MESSE, a/militante communiste, s'est  éteinte à son tour ce mardi 04 août  2009, après une longue hospitalisation de 65 jours...
 
Ma mère, en compagnie de mon père, ne connut pas non plus une existence toujours facile ...
Elle est née à Pont-à-Celles le 09 novembre 1919, dans une famille nombreuse, d'un père belge (Oscar MESSE) et d'une mère française (Marie-Rose FAUCHART, née à Caudry, dans le Nord). D'un première mariage, son père avait déjà 2 filles: Madeleine et Alice. De son second mariage, il eut 4 filles: Yvonne, Renée, Raymonde et Fernande.
Ainée, elle ma mère dut très tot s'occuper de ses soeurs, plus jeunes.
C'était encore l'époque où l'on n'avait pas toujours l'occasion de terminer son cycle de 6 années d'école primaire. Les enfants des grosses familles pauvres se rendaient encore en classe en sabots et encore enfants, ils partaient "à briques" ... Ma mère en compagnie de ses parents dut y aller également dans le Nord de la France et ensuite elle fut "mise en service" dans une famille bourgeoise, menée par une femme arrogante et avare... 
Fin des années '30, elle décide de partager son existence avec mon père Roger ROMAIN avec qui elle se marie le 23 septembre 1939. Mon futur père était mobilisé pour la guerre depuis le 1er septembre 1939...
Pour pouvoir se marier, il dut obtenir l' accord de son commandant de compagnie et obtint ... 1 jour de congé.
Dès lors, elle s'installe chez ses beaux-parents, une famille de chiffonniers, de père en fils. C' est chez eux que je naquis le 02 avril 1940.
10 mai 1940, c'est la guerre et mon père est au front. Mes grands-père, ma mère et moi, âgé d'à peine 6 semaines, évidemment, nous embarquons bien inutilement dans le flot des réfugiés fuyant les Allemands en évacuant vers la France, jusqu'au-delà de Valenciennes, au milieu des combats et des bombardements, au travers de communes en ruines et de maisons détruites et abandonnées...
Le 2 mai 1940, à la fin de la campagne des 18 jours, mon père est prisonnier des Allemands dans les Flandres et s'évadent, avec un compagnon, d'une colonne pédestre de prisonniers de guerre en route pour 4 ans vers les stalags de l'Allemagne nazie. De braves flamands leur donnent des vêtements civils et ils peuvent ainsi regagner leurs domiciles en Wallonie.
Dès ce moment, mon père devint réfractaire au travail en Allemagne et doit donc se cacher pendant une bonne partie de la guerre. Pour vivre, en cachant aussi des Juifs, ils fabriquent des savonnettes qu'ils vont revendre au porte à porte dans d'autres régions du pays, y compris Bruxelles
1943, encouragés par ses parents, mon père suit leur voie et devint membre du Parti communiste clandestin...
Dès la fin de la guerre, il trouve enfin un peu de travail: comme garde de nuit des convois militaires Us à la douane de Charleroi, il descend par la suite dans les égouts pour les nettoyer, s'engage ensuite comme mineur du fond au Charbonnage de Mariemont-Bascoup où périrent en 1950, lors d'un coup de grisou, 38 de ses ex-compagnons de travail, dont ses 2 beaux-frères, Pierre STANSON et Henri CHIRAC.
Août 1945 naît ma soeur Marie-Claire qui décèdera malheureusement en décembre 1945 des suites d'une infection pulmonaire. Ma mère fut très affectée par son dècès et ne s'en remettra jamais complètement ...
Vers 1946-1945, mon père parvint à quitter le charbonnage et entre aux Acec comme planeur de toles à la chaudronnerie, jusqu'à la prise de sa pré-pension et 1975... Il prend part aux luttes ouvrières aux côtés de ses compagnons de travail, grâce à une puissante FGTB, poussée par une très forte section d'entreprise du Parti communiste. Mon père devient délégué syndical jusqu'à son départ...
A la même époque mon père succède à Gustave DUBOIS, en tant que secrétaire politique de la puissante section communiste de COURCELLES. Dès lors, ma mère partage toutes ses activités militantes aux Parti et au sein du Rassemblement des Femmes pour la Paix. Elle devint aussi une ardent militante et fait souvent équipe lors des campagnes du Parti et du RFP avec Lucienne GLINEUR-DECHAMP, l'épouse du député communiste courcellois.
Ce sont de très nombreuses réunions en soirée et tous nos dimanches sacrifiés pendant des années (on travaille encore à ce moment 6 jours sur 7 dans les entreprises).
Tout gosses, je vis dans ce milieu militant, j'y grandi et j'y prend gout également. Mais c' est encore une autre histoire à écrire ...
Dans le quartier de la Réguignies, Hamal et des Fonds de Corbeaux, mon père recrute 80 nouveaux membres cotisants au Parti et reçoit les félicitations nationales comme l'un des meilleurs recruteurs... Dans ce quartier, avec ma mère, il diffuse chaque dimanche plus de 60 "Drapeau Rouge", journal du Parti.
C'est le début de la Guerre Froide, de la campagne anti-soviétique et anti-communiste acharnée et la Révolution chinoise et le Parti y perd malheureusement des plumes en influence et en militants...
Mon père reprend une tournée de diffeur militant dans le quartier du Trieu des Ageanx et ma mère une autre dans le quartier de Forrière et de Sart lez Moulin où elle recueille énormément de sympathie et chaque mois mes parents diffusent en plus jusqu'à 80 exemplaires de la revue soviétique "L'Urss en reconstruction" devenue ensuite "L'Union soviétique".
Pour parvenir à cela, "j'hérite" tout gosse de la tournée dominicale de mes parents dans les quartiers Hamal, Fonds de Corbeaux. Je la garderai, jus'en 1990, époque où je suis "suspendu" (sic) du Parti pour mes divergences politiques au plan international et mes sympathies ptbistes...
Chaque soir, ma mère et moi, à l'écoute de Radio Moscou, Radio Prague, Radio Budapest, Ce Soir en France, nous nous tenons informés des événements internationaux.
Ma mère restera une militante très active jusqu'au début des années '50.
Elle sera encore présente en participant encore activement à la campagne électorale de 1961 qui connut une importante avancée électorale grâce l' excellent travail des militants communistes lors de la grande grève du Million qui dura plus de 6 semaines contre la fameuse Loi unique du Psc Gaston EYSKENS. Déclenchée à Charleroi par les communistes, elle s'étendra à tout le pays...
Le début et la décennie '50 ne furent pas faciles pour les communistes: après la "Crise de Berlin", viennent la campagne mondiale de signatures au bas de l' Appel de Stockholm contre la bombe atomique, la grande grève contre Léopold III, la guerre de Corée, Suez, Budapest et en Belgique la grève des métallos, la grève des mineurs, le soutien au Fln lors de la guerre d' Algérie, le soutien aux indépendantistes du Congo, etc...
C' est aussi en 1952, que mon père est élu est élu au Conseil communal de Courcelles et y rejoint Goeorges GLINEUR jusqu'en 1958... 1952, mes parents font construire leur propre maison, rue de Gouy, là où je suis né et où j'habite encore aujourd'hui.
Malheureusement, de santé fragile, ma mère abandonna l'action politique au lendemain de ma démobilisation du service militaire fin septembre 1961. Mais elle n' en restera pas moins profondément communiste jusqu'au bout de sa vie.
Le 6 octobre 1972, je me marie à mon tour à l' âge de 32 ans et le 02 mai 1973, naît mon fils Stéphane ROMAIN.
En 1974, j'agrandi la maison de mes parents afin d'y avoir mon propre appartement et je divorce. J'élève mon fils, avec l'aide de mes parents.
1975, mon père devient pré - pensionné des Acec et mes parents peuvent enfin espérer vivre une vie plus ou moins tranquille. 
Hélas, fin 1995, ma mère subit plusieurs opérations chirurgicales à la colonne vertébrale et au bassin et en deviendra handicapée.
Et le plus grand de nos malheurs arrive: mon fils Stéphane périt tragiquement le 1er mai 1998, en gare de Forest, après avoir célébré la veille de ses 25 ans, avec ses collègues de la Poste locale où il était facteur.
Dès lors, ma mère ne cessera plus de diminuer physiquement et moralement de chagrin.
De 2001 à 2005, ma mère perd successivement ses trois soeurs plus jeunes et restera la dernière en vie.
Septembre 2002, c' est mon père qui a un accident cérébral qui le rend handicapé à son tour.
Une des dernières conséquences: il entre de nouveau à l'hôpital le 11 mars 2009, y reste 35 jours et rentre pour un mois de convalescence à la maison où il fêtera ses 94 ans en famille. Hélas, il retourne de nouveau à l'hôpital et décède le lundi 1er juin 2009, après une véritable agonie de 10 jours...
Ma mère est donc veuve à 89 ans, ce qu'elle ne saura jamais. En effet, entrée à l'hôpital de 27 mai 2009, elle décède à son tour ce mardi 04 août 2009, au bout de 69 jours.
Ses derniers 48 heures, elle mourra en rappelant sans cesse le nom de son petit fils qui n' est jamais sorti de sa mémoire.
Et voilà donc la fin de mes deux parents.
Ce vendredi midi, l'on assistera donc à sa crémation et vers 14,30 heures, ses centres seront enterrées dans le nouveau cimetière de Courcelles...
 
RoRo
(Roger ROMAIN fils)
 
écrit en souvenir de mes deux parents et plus particulièrement
en hommage à ma mère à l'occasion de son décès et de ses funérailles.
 
 

mardi 23 juin 2009

Roger Romain père: tous nos remerciements à toutes et à tous !

Roger Romain père: tous nos remerciements à toutes et à tous !

 
La famille, ma mère, Mariette et moi-même remercions beaucoup tous les camarades,
amis, sympathisants, militants, connaissances, voisins, mandataires publics, relations, de la sympathie
que vous avez témoignée à la suite du décès et de la longue agonie de Roger ROMAIN père,
94 ans, ancien mandataire communal courcellois pendant 18 années et militant communiste.
 
Que ce soit par mails, par des coups de téléphone, sms, courrier ordinaire, présence aux
funérailles, dépôts de fleurs, visites à domicile et/ou au funérarium, etc, ...
tous ses gestes nombreux de sympathie, de réconfort, de solidarité, nous ont profondément touchés.
 
Merci à tous !
 
 
RoRo
(Roger Romain fils)

vendredi 12 juin 2009

Les nez rouges se répandent dans le monde (Flash Info)

 

Sent: Thursday, June 04, 2009 8:20 PM
Subject: Les nez rouges se répandent dans le monde (Flash Info)

Salut Roger,

L'épidémie de nez rouges, qui sévit actuellement en Belgique, menace maintenant de contaminer le monde entier. A ne pas manquer!

Regarder le film de Channel 1

Screenshot Channel 1 reportage

 

 NB : As-tu manqué le premier film de la chaîne américaine Channel 1? Cliquer ici.

vendredi 29 mai 2009

[romain : paix_socialisme_communisme] IL Y A QUARANTE DEUX ANS A POINTE A PITRE



From: FISCHER BERNARD
Sent: Thursday, May 28, 2009 10:33 PM
To: fischer02003@yahoo.fr
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] IL Y A QUARANTE DEUX ANS A POINTE A PITRE






En Guadeloupe, la tragédie de "Mé 67" refoulée

LE MONDE | 26.05.09 | 17h38 • Mis à jour le 27.05.09 | 09h37

Pointe-à-Pitre, envoyée spéciale

Le jour se lève à peine. On a tiré toute la nuit dans Pointe-à-Pitre. Le feu ne s'est calmé qu'aux petites heures du matin, dans l'épuisement et la peur. Ce samedi 27 mai 1967, Max Jasor, 13 ans, le fils du libraire, est très tôt levé, dans l'appartement familial de la rue Barbès. Au no 25, devant la porte en fer grillagée, on a jeté un homme comme un sac. Il a plusieurs côtes brisées, la mâchoire enfoncée, des dents cassées. Du haut de l'escalier, l'adolescent ne voit qu'une masse informe, qui geint. Son père, Hubert Jasor.

La veille, vendredi 26 mai, des émeutes ont éclaté place de la Victoire, en début d'après-midi, puis se sont propagées dans Pointe-à-Pitre et ses faubourgs. Un millier d'ouvriers du bâtiment, en grève depuis le 24 mai pour obtenir une augmentation de salaire, se sont massés autour de la darse, dès la fin de la matinée.

Huit mois auparavant, le cyclone Ines a ravagé la Guadeloupe, faisant 32 morts et des millions de francs de dégâts. Les ouvriers du bâtiment ont du travail - mais peu de revenus. Ils attendent le résultat de négociations qui traînent à la chambre de commerce. Dans le petit bâtiment blanc de style colonial, au bord de la place - aujourd'hui office du tourisme -, patronat et syndicats se séparent sur un échec.

Hubert Jasor n'a rien à voir avec cette grève. Le libraire a bien été inquiété plusieurs fois pour avoir, l'un des premiers, cru à l'avenir des écrivains antillais. C'est une époque où les livres de Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs ou Les Damnés de la terre, avec sa célèbre préface de Jean-Paul Sartre, sont saisis par la police.

Une époque où littérature se confond avec politique et se conjugue avec décolonisation. Le père aime aussi Voltaire et les encyclopédistes, Racine et les tragédies, Balzac et le roman, les six enfants ont intérêt à connaître leurs classiques. "Un peu comme Prométhée avait volé le feu aux dieux, il fallait voler la lecture aux Blancs", dit aujourd'hui Max Jasor.

Cet après-midi du vendredi 26 mai, Hubert Jasor se pointe sur la darse. Un bâtiment de la marine nationale est au mouillage, les marins en ville. Un matelot blanc est pris à partie par la foule, Jasor s'interpose, une balle lui frôle la nuque. Puis il est blessé par le coup de crosse d'un gendarme. Recousu à l'hôpital Ricou, le libraire rentre chez lui, quand une patrouille de "képis rouges" l'arrête. L'insulte. Emmené dans la cour de la sous-préfecture, il y est battu comme plâtre.

Caché sous des corps inertes, Hubert Jasor entend ces mots qui le glacent : "Les morts, on les fout à la darse ou à la Gabarre" - le pont qui sépare Grande-Terre de Basse-Terre. Vers 4 heures du matin, reconnu par les forces de l'ordre, il échappe à son calvaire. Conduit à la gendarmerie, il entend des têtes cogner contre les murs, lors d'interrogatoires où les aveux pleuvent à la vitesse des coups. "Ils l'ont arrêté puis l'ont jeté devant la maison", raconte son fils.

Depuis des heures déjà, la situation a dégénéré en une violence incontrôlable. Une phrase, que son auteur présumé jure ne jamais avoir prononcée, a fait en un éclair le tour des manifestants et déclenché l'émeute, en tout début d'après-midi : "Quand les nègres auront faim, ils se remettront au travail." Georges Brizard, le président du syndicat des entrepreneurs du bâtiment, patron de la Socotra, l'aurait prononcée. C'est lui qui négocie avec la CGT Guadeloupe. Le Savoyard, bonhomme costaud et fort en gueule, moustache en balai-brosse, a la réputation de ne pas mâcher ses mots. Les CRS devront l'évacuer en urgence, et le plus discrètement possible.

L'un des fils de cet ingénieur agronome, Michel Brizard, 62 ans aujourd'hui, patron d'une PME dans la zone industrielle de Jarry, raconte que son père a été mortifié de vieillir avec cette tache. "Non seulement parce que je ne l'ai pas dit, mais parce que même si j'en avais eu envie, je n'aurais pas osé", lui répétait ce dernier, désormais décédé.

Sur la place, deux sections de 25 CRS et un peloton de 14 gendarmes gardent la chambre de commerce et, en face, la sous-préfecture. Les gardiens de la paix, dépourvus d'équipement de protection, ont été retirés. Au bord de l'eau, où accostent d'ordinaire les bateaux chargés de sel de Saint-Martin ou de boeufs vivants de Porto-Rico - qui s'échappent parfois, semant la panique dans la ville -, des conques de lambis sont entassées. Ce mollusque, spécialité culinaire antillaise, est vendu sans sa lourde coquille, hérissée de six pointes. Les conques, dont les esclaves usaient comme d'une trompe pour communiquer, vont devenir une arme redoutable.

La première atteint un CRS en pleine tête : il a enlevé son casque pour s'éponger, à cause de la chaleur. Il s'écroule, évacué par deux collègues. Jean Chomereau-Lamotte, seul journaliste sur place, témoin de la scène, prend une photo. "Qu'est-ce que vous foutez là ?", lui a demandé le chef de la section de CRS. Il a brandi sa carte de presse, no 19797.

Après une sommation du commissaire Canales, qu'aucun témoin n'a entendue,

le feu se déclenche. "Ils utilisaient des MAT 49 (Manufacture d'armes de Tulle) qui ont beaucoup servi en Algérie", témoigne Chomereau-Lamotte. Il entend les balles ricocher sur la fontaine de la place, au milieu des gaz lacrymogènes, et tout à coup, un cri : "Yo pren Nestor !" Ils ont tué Nestor. Cette nouvelle va porter la tension à son paroxysme.

"Jacques Nestor, membre du GONG, et l'un des principaux meneurs", comme l'écrira le préfet Pierre Bolotte, vient de recevoir une décharge en plein ventre. Il meurt en arrivant à l'hôpital. Le GONG, Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe, est la cible désignée pour les autorités. Ce ne sont que quelques dizaines de personnes, mais très actives et très surveillées. Le groupe indépendantiste, créé en 1963 à Paris par une soixantaine de militants anticolonialistes, pour la plupart issus de l'AGEG (Association générale des étudiants guadeloupéens), est même devenu une obsession pour le préfet. Il produit sur ce sujet pléthore de notes pour sa hiérarchie.

Louis Théodore le sait bien, qui passera dix ans dans la clandestinité. Cet ex-militant de l'AGEG, membre du Front antillo-guyanais, organisation interdite, a rencontré Mao, le Che, Ben Bella, voyagé dans les pays de l'Est, au beau milieu de la guerre froide. Quand un camarade vient le trouver, à l'école de Gérard Lauriette - dit "Papa Yaya", figure de la créolité guadeloupéenne -, où il enseigne, il n'hésite guère. "Loulou, Jackie est mort", lui a dit son ami en lui montrant un mouchoir imbibé de sang. "Il y avait énormément d'arrestations. La répression commençait, et je savais qu'ils frapperaient tout le monde." Ces militants avaient été formés avec l'idée qu'ils devraient un jour se cacher, et ils avaient pris des dispositions. "On se déplaçait tout le temps. On a fait rentrer Sonny Rupaire (militant nationaliste et poète) de Cuba. On était un petit noyau." En une nuit, ils sont capables de mobiliser quarante personnes pour
couvrir la Guadeloupe de tracts et d'inscriptions.

Mais, dans Pointe-à-Pitre, ils n'organisent rien, ces 26 et 27 mai. Près de 56 % de la population de l'île a moins de 20 ans, en cette fin des années 1960. Devant les CRS, les jeunes voient rouge. Des barrages sont érigés partout, des voitures incendiées, le supermarché Unimag, au bout de la rue Frébault, pillé, les pierres volent. Et surtout, l'armurerie Boyer, rue Delgrès, en centre-ville, a été dévalisée. Noir ou Blanc, il ne fait pas bon être dans les rues.

Le jeune Jasor a raccompagné chez lui l'un de ses copains du lycée Carnot pour le protéger, car il a la peau si claire qu'il pourrait passer pour un Blanc. Au retour, il observe, médusé, une femme noire, assez sophistiquée, que l'on questionne méchamment sur un barrage : "Tu es noire ou tu es blanche ?" Elle : "Je n'ai pas à répondre à cette question." Alors que son véhicule est secoué de plus en plus fort, elle se met à pleurer et dit en créole : "Zot pa ka voué an nwé ?" ("Vous ne voyez pas que je suis noire ?")

Serge Glaude, fils de notables guadeloupéens qui a participé à la fondation du GONG, est enseignant au collège de Sainte-Rose. Il a alors 32 ans. Le jeudi, il a conjuré en vain "Kiki" Nestor de quitter Pointe-à-Pitre. Ce dernier lui a raconté que, la veille, il est allé tirer du commissariat un vieux à qui la police avait pris son vélo et qu'il a été, à cette occasion, pris en photo "en long en large et en travers". Quand il apprend sa mort, Serge Glaude tente de se rendre à la veillée funèbre avec deux amis. Des gendarmes mobiles arrêtent son ID 19. "J'ai fait l'Algérie : ces gars étaient dopés au vin rouge et au bismuth. Ils sautillaient sur place en disant : "On va tirer."" L'enseignant assure que certains d'entre eux parlaient mal le français, des légionnaires. On lui intime l'ordre de descendre de voiture. "Le couvre-feu, on s'en fout. On a ordre de tirer sur les nègres comme sur des lapins." Il est aligné contre un mur quand
arrive une Jeep de gendarmes, avec un chef de détachement. Les hommes baissent tout de suite leur arme.

Outre les CRS et les forces de police déjà sur place, le préfet Bolotte reçoit vers 1 heure du matin le renfort de deux pelotons venus de Martinique. Dans l'après-midi, il a aussi pris la décision de ramener sur Pointe-à-Pitre un escadron de gendarmes mobiles sur le point d'embarquer à l'aéroport du Raizet. Leurs armes sont déjà dans l'avion. Ce sont ces "képis rouges" qui ont laissé le pire souvenir. Ces hommes avaient été appelés en renfort au mois de mars, lors d'incidents qui avaient éclaté à Basse-Terre avec Srnsky, un militant de l'UNR, le parti gaulliste.

Propriétaire du magasin de chaussures Sans Pareil, il avait lancé son berger allemand contre un cordonnier-cloutier ambulant, un Noir infirme nommé Balzinc, qui s'était installé sur le trottoir devant sa boutique. Le commerçant blanc, exfiltré par le préfet, avait échappé de peu au lynchage, et sa Mercedes avait fini à l'eau. L'affaire a surtout servi aux Renseignements généraux pour établir des listes de militants à surveiller, voire à arrêter, parmi lesquels le docteur Pierre Sainton, l'un des fondateurs du GONG.

En fin d'après-midi, le préfet reçoit la visite du maire communiste de Pointe-à-Pitre, Henri Bangou. Voici comment il le décrit à son ministre de tutelle, le général Pierre Billotte, avant une visite que ce dernier doit effectuer dans l'île : "Le docteur Bangou, c'est un problème que vous connaissez très bien. Vous le reconnaîtrez vite : il est très grand, une tête très intelligente, un aspect avenant et fort bien élevé." La description tient toujours la route. Au plus fort des troubles, le maire a ceint son écharpe et s'est rendu, accompagné d'une partie de ses adjoints, vers le marché central, où des groupes de jeunes font face aux CRS. "Je vais haranguer la foule, pour dire : calmez-vous", explique-t-il. Mais l'épisode tourne court, l'équipe municipale est obligée de battre rapidement en retraite. Lorsque le maire demande au préfet de retirer les forces de l'ordre, celui-ci refuse. "Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas. Qu'il
avait été accusé de mollesse lors des événements de Basse-Terre."

La chasse à l'homme a commencé. Dès le 26 mai au soir, à 18 h 45, le préfet envoie un long télégramme au ministre, qui mentionne notamment ceci : "Ai ordonné arrestation principaux meneurs dont TOMICHE, secrétaire syndical employé de commerce et récemment exclu du comité central du Parti communiste STOP." Sur une radio amateur, Paul Tomiche capte les ondes de la police : il faut amener le propriétaire de "l'Opel Corsa 77 MV, Max, Victorine, mort ou vif à Petit Papa" (la gendarmerie de Petit-Pérou). Sa voiture. Il se cache à Bergevin, puis beaucoup plus loin, à Petit-Canal. Coupe sa barbe. Part au Moule. L'Etincelle, l'organe du PCG, titrera : "Les aventuriers ont pris la fuite." Il sera arrêté et fera onze mois de prison.

Le bilan officiel tiré par Pierre Bolotte pour le ministère, dans un télégramme daté du 30 mai, est le suivant : "Sept morts identifiés. Possibilité autres victimes non déclarées." Ce sont tous des manifestants. Il y a de nombreux blessés parmi les civils, mais combien ? Pour les forces de l'ordre : "Armée, un sous-lieutenant sérieusement blessé. Gendarmerie, six gradés et gendarmes, dont deux par armes à feu. CRS, vingt-sept gradés et gardiens, dont dix gravement et quatre blessés par armes à feu." Vingt-sept arrestations de droit commun ont lieu, et vingt et une inculpations. Dix inculpés écopent de peines de prison ferme. Les arrestations vont se poursuivre. Le dimanche 30 mai au soir, à la préfecture de Basse-Terre, les ouvriers, qui demandaient une augmentation de 2,5 %, en obtiennent une de 25 %.

Un autre procès a lieu, à Paris, du 19 février au 1er mars 1968, à la Cour de sûreté de l'Etat, où 18 indépendantistes guadeloupéens sont jugés pour atteinte à l'intégrité du territoire français. La raison ? Leur appartenance au GONG, supposé avoir organisé les émeutes de Pointe-à-Pitre, bien que le rapport du commissaire Honoré Gévaudan, en juin 1967, ait clairement écarté cette hypothèse. Aimé Césaire et Jean-Paul Sartre feront partie des témoins de la défense.

Le préfet Bolotte n'aura jamais à répondre de ses actes, il ne paraîtra dans aucun procès. Il a été enterré le 27 mai 2008. Le commissaire Canales n'ira pas non plus à la barre, prétextant une dépression nerveuse. Glaude, Makouke, Sainton et Théodore ont pris quatre ans avec sursis. Deux inculpés ont eu trois ans avec sursis. Tous les autres, dont Lauriette et Rupaire, ont été acquittés. C'est dans la préface des Damnés de la terre que Jean-Paul Sartre écrivit : "Les voix jaunes et noires parlaient encore de notre humanisme, mais c'était pour nous reprocher notre inhumanité." Depuis 1967, aucun CRS n'a remis les pieds dans l'île.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 27.05.09

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