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----- Original Message -----
From: Emmanuel Lyasse
Sent: Wednesday, September 08, 2004 11:30 AM
Subject: [rougesvifs] Tr: Prise d'otages dans une école en Russie:qui est responsable de tant de morts? (Solidaire)
------ Message transféré
De: "Roland Marounek" <Roland.Marounek@chello.be>
Prise d'otages dans une école en Russie: qui est responsable de tant de morts?
Des terroristes ont pris en otage plus de 1.000 bébés, enfants, enseignants et parents. Ils ont tiré sur des enfants à moitié nus, qui couraient pour sauver leur vie. Ils ont fait exploser des bombes au centre de grands groupes d'otages. Cette barbarie ne vient pas de nulle part.Peter Franssen06-09-2004Au cours des 25 dernières années, les Etats-Unis ont utilisé des fondamentalistes religieux dans plusieurs guerres secrètes. L'homme à la base de cette stratégie est Zbigniew Brzezinski. En juillet 1979 ? il est alors conseiller national à la sécurité ? Il persuade le président Jimmy Carter de coincer l'Union soviétique dans le piège d'une guerre de longue durée. Le gouvernement afghan fera sans aucun doute appel à l'Union soviétique s'il est confronté à une forte opposition militaire intérieure, prétend Brzezinski. C'est pourquoi les USA organisent cette opposition, l'entraînent et lui donnent un armement moderne. Et ce que Brzezinski a prévu se réalise. L'Union soviétique envoie des dizaines de milliers de soldats en Afghanistan, pour s'en retirer dix ans plus tard, complètement affaiblie et démoralisée. Les Américains ont appliqué cette stratégie une deuxième fois en Bosnie dans les années 90. Un rapport du Parlement américain a affirmé pa la suite : «Les Etats-Unis ont transformé la Bosnie en base islamiste militante où sont entraînés des milliers de moudjahidines.» Le but et le résultat, dans ce cas, c'est la destruction de la Yougoslavie. Depuis 1991, les Américains suivent la même stratégie en Tchétchénie. Ici, la stratégie doit mener à l'éclatement du Caucase et à l'affaiblissement de la Russie. Zbigniew Brzezinski est aujourd'hui co-président du Comité américain pour la paix en Tchétchénie, un comité qui, selon ses propres dires, lutte pour la paix en Tchétchénie, mais qui, en réalité, détermine la stratégie de guerre US dans le Caucase. L'autre co-président est Alexander Haig, un général d'extrême droite. Brzezinski est aussi, et ce n'est pas par hasard, le conseiller grassement payé de la société pétrolifère BP Amoco. La Tchétchénie se trouve au coeur du Caucase, une région riche en pétrole et en gaz. Elle est traversée par des conduites de gaz et de pétrole, qui relient la Mer Caspienne à la Mer Noire La Tchétchénie est importante à cause du pétrole, mais aussi de sa position stratégique. Dans le passé, l'Europe occidentale a considéré la région comme une tête de pont pour faire éclater la Russie par le sud. Après la révolution communiste de 1917, c'est par là que les troupes française et britannique se sont ruées sur Moscou. En 1942, l'Allemagne nazie a occupé une partie de la Tchétchénie pour y ouvrir un second front. Si les Etats-Unis arrivent à détacher la Tchétchénie de la mère-patrie, c'est un coup dur pour la Russie qui a déjà perdu l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie dans le nord, l'Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie à l'ouest, la Géorgie et l'Azerbaïdjan au sud-ouest, et les cinq républiques d'Asie centrale.
Un massacreur «courageux et digne d'éloges» L'homme qui a organisé la prise d'otage dans l'école de Beslan la semaine dernière est Chamil Bassaïev. En 1991, une mitraillette et quelques grenades à la main, il est aux côtés du futur président de Russie, Boris Eltsine, lors du coup d'Etat mené par celui-ci, qui entraînera l'éclatement de l'Union soviétique. Plus tard, la CIA (services secrets américains) fait passer Bassaïev par ses camps d'entraînement en Afghanistan et au Pakistan. L'homme y reçoit la visite du ministre pakistanais de la Défense, Aftab Shahban Mirani, du ministre de l'Intérieur Naserullah Babar et du patron des services secrets pakistanais, Javed Ashraf. Trois généraux qui collaborent étroitement avec la CIA et sont les organisateurs du soutien fondamentaliste à la rébellion tchétchène. Chamil Bassaïev est en Tchétchénie depuis 1995. Il y est l'auteur de plusieurs actes de terreur horribles, comme le raid contre la ville de Budennovsk. Il y prend 1.500 malades en otage, dans un hôpital. 147 d'entre eux perdront la vie. Le major américain Raymond Finch décrit ce crime dans le magazine officiel de l'armée US, la Military Review de juin 1997, et en tire cette conclusion: «Les méthodes utilisées par Bassaïev sont cruelles et violent les lois de la guerre. Mais si nous considérons ces actions à la lumière de la lutte tchétchène pour l'indépendance, alors elles apparaissent comme courageuses et dignes d'éloges.» Ce même homme courageux et digne d'éloges a maintenant à nouveau la mort de centaines d'enfants sur la conscience. La citation du major n'est pas un lapsus d'un militaire isolé. Début août de cette année, Brzezinski lui-même fait savoir que les Etats-Unis accorderont l'asile à Ilyas Akhmadov. Cet homme est complice de crimes de guerre. Il est l'un des adjoints les plus importants du dirigeant séparatiste tchétchène Aslan Maskhadov. En juillet, Maskhadov prévoit encore plus d'attentats. Il promet d'assassiner celui qui gagnera les élections présidentielles fin août. Ce qui n'empêche pas les Américains d'accorder l'asile à son adjoint Akhmadov. Mieux même, celui-ci est embauché avec un bon salaire au National Endowment for Democracy, une organisation dirigée par Paul Wolfowitz (vice-ministre de la Défense), Frank Carlucci (ancien directeur de la CIA) et le général Wesley Clark (ancien commandant en chef de l'Otan). Les Américains montrent ainsi une nouvelle fois qu'ils soutiennent le terrorisme contre la Russie et les Russes, hommes, femmes et enfants. Ce message vous a été envoyé via le forum du site des communistes rouges-vifs de Paris http://rougesvifs.free.fr
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mercredi 8 septembre 2004
vendredi 27 août 2004
Belgique : Livre "Breendonk, chronique d'un camp (1940-1944)" de Jos Vander Velpen
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From: Jos Hennes
Sent: Friday, August 27, 2004 12:05 PM
Subject: Livre "Breendonk, chronique d'un camp (1940-1944)" de Jos Vander Velpen
COMMUNIQUE DE PRESSE - EDITIONS ADEN (Collection EPO)
Le 4 septembre les éditions Aden publient dans sa nouvelle Collection EPO le livre:
Breendonk
Chronique d'un camp
(1940-1944)
de Jos Vander Velpen
+ 4 septembre 2004: 60ième anniversaire de la libération de Breendonk
(Commémoration au camp en présence du Roi)
Contenu / auteur
Breendonk, un lieu dont le nom sonne comme un glas. En quatre ans, de septembre 1940 à septembre 1944, près de quatre mille prisonniers ont séjourné à Breendonk. D’abord, des juifs et des «éléments asociaux», plus tard, des prisonniers politiques, des résistants, des otages.
La plupart étaient belges mais, au total, plus de quinze nationalités se sont retrouvées enfermées au fort.
Ce qu’ils y ont subi tient de l’indicible.
Il existe des bibliothèques entières sur Auschwitz mais la littérature sur Breendonk est pour ainsi dire inexistante. Breendonk, en effet, voilà bien un sujet déplaisant!
«Ca» se trouve au coin de la rue, et les SS –belges!– y régnaient en maîtres.
«Breendonk, chronique d’un camp» est le premier ouvrage qui arrache à l’oubli la réalité de ce qui s’est passé dans ce qui était officiellement un «camp d’accueil» mais qui restera comme le «camp de la mort furtive».
Jos Vander Velpen est docteur en droit et avocat au barreau d’Anvers. Il est président de la Liga voor Mensenrechten (Ligue des Droits de l’Homme) en Flandre. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le fascisme dont Horizons noirs (EPO), et d’une histoire de la gendarmerie belge, Guère civil, de la gendarmerie à la police unique (EPO).
Interview / Epreuves / Exemplaires de presse
Jos Vander Velpen est disponible aux interviews. Vous pouvez lui contacter: 03 237 12 26 (tél) - 0476 60 40 44 (portable) jos.vandervelpen@pandora.be (e-mail).
Pour tous renseignements, infos, épreuve du livre, service de presse, prenez contact avec Jos Hennes: 03 287 08 75 (tél) - 0478 99 83 31 (portable) - jos.hennes@epo.be (e-mail).
Données techniques
Titre : Breendonk
Sous-titre : Chronique d’un camp (1940-1944)
Auteur : Jos Vander Velpen
Editions Aden-Collection EPO, Bruxelles, 2004
ISBN 2-9304-020-7-5
Paperback, 12,5 x 20 cm
© Photo couverture : Fort van Breendonk
© Illustrations de Wilchar
248 pages
20,00 euros
Diffusion et distribution en Belgique, Luxembourg, France : Aden Diffusion, Bruxelles
Diffusion et distribution au Canada (Québec) : Edipresse
Diffusion et distribution en Suisse : Servidis
Bien à vous,
Jos Hennes
Editions Aden-collection EPO
Tél: 03 287 08 75
Portable: 0478 99 83 31
E-mail: jos.hennes@epo.be
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From: Jos Hennes
Sent: Friday, August 27, 2004 12:05 PM
Subject: Livre "Breendonk, chronique d'un camp (1940-1944)" de Jos Vander Velpen
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Le 4 septembre les éditions Aden publient dans sa nouvelle Collection EPO le livre:
Breendonk
Chronique d'un camp
(1940-1944)
de Jos Vander Velpen
+ 4 septembre 2004: 60ième anniversaire de la libération de Breendonk
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Breendonk, un lieu dont le nom sonne comme un glas. En quatre ans, de septembre 1940 à septembre 1944, près de quatre mille prisonniers ont séjourné à Breendonk. D’abord, des juifs et des «éléments asociaux», plus tard, des prisonniers politiques, des résistants, des otages.
La plupart étaient belges mais, au total, plus de quinze nationalités se sont retrouvées enfermées au fort.
Ce qu’ils y ont subi tient de l’indicible.
Il existe des bibliothèques entières sur Auschwitz mais la littérature sur Breendonk est pour ainsi dire inexistante. Breendonk, en effet, voilà bien un sujet déplaisant!
«Ca» se trouve au coin de la rue, et les SS –belges!– y régnaient en maîtres.
«Breendonk, chronique d’un camp» est le premier ouvrage qui arrache à l’oubli la réalité de ce qui s’est passé dans ce qui était officiellement un «camp d’accueil» mais qui restera comme le «camp de la mort furtive».
Jos Vander Velpen est docteur en droit et avocat au barreau d’Anvers. Il est président de la Liga voor Mensenrechten (Ligue des Droits de l’Homme) en Flandre. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le fascisme dont Horizons noirs (EPO), et d’une histoire de la gendarmerie belge, Guère civil, de la gendarmerie à la police unique (EPO).
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Titre : Breendonk
Sous-titre : Chronique d’un camp (1940-1944)
Auteur : Jos Vander Velpen
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ISBN 2-9304-020-7-5
Paperback, 12,5 x 20 cm
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248 pages
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lundi 16 août 2004
L' Eglise contre le peuple ...
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From: polinfo
To: romain-owner@yahoogroupes.fr ; romain@smartgroups.com ; romain@yahoogroupes.fr
Sent: Monday, August 16, 2004 7:40 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] L'église contre le peuple ......
Mes groupes romain Page principale
Parution du livre Une autre visite des églises de Paris
L'Église catholique contre les révolutions françaises et la laïcité1789-1905 par Jocelyn Bézecourt
responsable du site atheisme.org113 pages, 13 photographies noir et blanc, format 14 x 21 cm, 10 euros.Couleur Locale ÉditionsISBN 2-9512987-4-9
recto, verso
Le siècle de révolutions qu'à connu la France de 1789 à 1871 a constitué une contestation inédite de l'autorité de l'Église catholique. Viscéralement hostile à tout mouvement populaire visant à l'émancipation de la société, l'Eglise catholique n'a jamais failli dans son soutien aux despotes en place. La souffrance quotidienne du peuple n'est que l'expression de la faute originelle et chacun doit patienter dans l'espoir de l'au-delà sans contester les privilèges de la classe au pouvoir. À Paris, une proportion élevée des lieux de culte catholiques présentent des signes d'un ressentiment vivace contre les épisodes révolutionnaires de 1789, 1848 et 1871. Ce guide propose de découvrir, dans les églises parisiennes, ces indices méconnus du combat de l'Église contre le progrès humain. Tableaux, fresques, mosaïques, statues et plaques commémoratives, tout est bon pour instiller au fidèle la phobie de la révolte et le conserver dans la soumission aux puissants. De la nostalgie de Louis XVI à l'exécration des combattants de la Commune en passant par la manipulation de l'opinion lors du soulèvement de juin 1848, l'Église catholique use de quantité de subterfuges pour, contre la marche de l'histoire, œuvrer au retour à l'ordre ancien. C'est fort logiquement que les rancœurs face à la laïcité ou les prières adressées à la Vierge pour la victoire de l'Espagne franquiste s'inscrivent dans ce mouvement... Parmi les 135 églises visitées, plus du quart s'inscrivent dans une stratégie fondée sur la réécriture de l'histoire. Et le processus se poursuit en 1989 quand la Mairie de Paris, dirigée par Jacques Chirac, opte pour un bicentenaire contre-révolutionnaire où sont loués les prêtres réfractaires, le dauphin et les conspirateurs contre la République. Des plaques estampillées "Mairie de Paris" ont ainsi été apposées en divers points de la capitale et ont concouru à occulter les apports de la Révolution en cultivant le souvenir de ses ennemis. L'ouvrage consiste en un décryptage du langage de l'Eglise dans chaque lieu de culte concerné. Dans un chapitre introductif est expliqué, en se référant aux sources dites "sacrées", pourquoi l'Eglise catholique est fondamentalement opposée à l'idée d'un peuple qui décide seul de son sort. Le parcours adopté correspond à la chronologie de l'histoire avec un chapitre par période afin d'exposer la continuité d'une religion qui, en 1789 comme en 1871 en passant par 1848, rêve d'un retour à une société de privilèges fortement hiérarchisée. Sommaire :
Introduction : L'Église contre les révolutions
1 - La révolution de 1789
2 - 1848, la Deuxième République
3 - 1871, la Commune de Paris
4 - 1905 et la laïcité, le schisme ultime
Épilogue : 1789-1989, quel bicentenaire ?
Index des noms de lieux
Index des noms de personnes
Bibliographie
Table des matières Commande du livre : Pour commander l'ouvrage Une autre visite des églises de Paris, adresser un chèque de 10 euros (les frais d'envoi sont offerts) à l'ordre de Jocelyn Bézecourt à l'adresse : Monsieur Jocelyn BézecourtPoste restante52, rue Pernety75014 Paris accompagné de ce bon de commande :HTTP://athee.free.fr/visiteeglises.html ou consulter la page (avec photos) : HTTP://athee.free.fr/visite-eglises.html
Un don à l'auteur est possible afin de participer aux frais importants engagés par l'édition de l'ouvrage :HTTP://athee.free.fr/don.html L'Église catholique, qui reçoit 317 millions d'euros de dons par an, s'est montrée dans son visage le plus réactionnaire et superstitieux lors de la grande arnaque de Lourdes des 14 et 15 août. Le pape a su rappeler que le modernisme n'est pas son fort et que l'ennemi demeure le matérialisme, la laïcité, l'avortement et l'euthanasie : HTTP://athee.free.fr/lourdes4.html
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Le siècle de révolutions qu'à connu la France de 1789 à 1871 a constitué une contestation inédite de l'autorité de l'Église catholique. Viscéralement hostile à tout mouvement populaire visant à l'émancipation de la société, l'Eglise catholique n'a jamais failli dans son soutien aux despotes en place. La souffrance quotidienne du peuple n'est que l'expression de la faute originelle et chacun doit patienter dans l'espoir de l'au-delà sans contester les privilèges de la classe au pouvoir. À Paris, une proportion élevée des lieux de culte catholiques présentent des signes d'un ressentiment vivace contre les épisodes révolutionnaires de 1789, 1848 et 1871. Ce guide propose de découvrir, dans les églises parisiennes, ces indices méconnus du combat de l'Église contre le progrès humain. Tableaux, fresques, mosaïques, statues et plaques commémoratives, tout est bon pour instiller au fidèle la phobie de la révolte et le conserver dans la soumission aux puissants. De la nostalgie de Louis XVI à l'exécration des combattants de la Commune en passant par la manipulation de l'opinion lors du soulèvement de juin 1848, l'Église catholique use de quantité de subterfuges pour, contre la marche de l'histoire, œuvrer au retour à l'ordre ancien. C'est fort logiquement que les rancœurs face à la laïcité ou les prières adressées à la Vierge pour la victoire de l'Espagne franquiste s'inscrivent dans ce mouvement... Parmi les 135 églises visitées, plus du quart s'inscrivent dans une stratégie fondée sur la réécriture de l'histoire. Et le processus se poursuit en 1989 quand la Mairie de Paris, dirigée par Jacques Chirac, opte pour un bicentenaire contre-révolutionnaire où sont loués les prêtres réfractaires, le dauphin et les conspirateurs contre la République. Des plaques estampillées "Mairie de Paris" ont ainsi été apposées en divers points de la capitale et ont concouru à occulter les apports de la Révolution en cultivant le souvenir de ses ennemis. L'ouvrage consiste en un décryptage du langage de l'Eglise dans chaque lieu de culte concerné. Dans un chapitre introductif est expliqué, en se référant aux sources dites "sacrées", pourquoi l'Eglise catholique est fondamentalement opposée à l'idée d'un peuple qui décide seul de son sort. Le parcours adopté correspond à la chronologie de l'histoire avec un chapitre par période afin d'exposer la continuité d'une religion qui, en 1789 comme en 1871 en passant par 1848, rêve d'un retour à une société de privilèges fortement hiérarchisée. Sommaire :
Introduction : L'Église contre les révolutions
1 - La révolution de 1789
2 - 1848, la Deuxième République
3 - 1871, la Commune de Paris
4 - 1905 et la laïcité, le schisme ultime
Épilogue : 1789-1989, quel bicentenaire ?
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samedi 14 août 2004
Hiroshima-Nagasaki : l' anniversaire de deux crimes de guerre...
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Sent: Saturday, August 14, 2004 12:15 PM
Subject: Hiroshima Nagasaki solidarité
Chers amis,
Ce samedi 7 août plusieurs mouvements pacifistes francophones et néerlandophones se sont réunis à l'Université de Mons-Hainaut pour commémorer le 59ème anniversaire de la tragédie d'Hiroshima et de Nagasaki.La cérémonie a commencé par le recueillement des participants au Parc Hibakusha (ce mot japonais désignant les survivants de la catastrophe), de l'Université. Monsieur Keijiro Matsushima , hibakusha japonais, venu en Belgique pour soutenir les actions néerlandophones, a profité de son voyage pour participer au colloque de Mons. Lui-même et une concitoyenne japonaise ont déposé des fleurs devant la stèle consacrée aux victimes d'Hiroshima et Nagasaki ainsi qu'à celles - plus nombreuses qu'on le croit - des 2000 essais nucléaires.L'arme nucléaire, destinée à des objectifs importants et concentrés, n'est pas une arme de champ de bataille, ce sont les villes qui seraient ses cibles privilégiées. Aussi les maires d'Hiroshima et de Nagasaki ont pris l'initiative de réclamer un agenda de désarmement nucléaire total à faire adopter par l'ONU. Un débat, dirigé par le Prof. Henri Firket, Président de l'AMPGN (Association Médicale pour la Prévention de la Guerre Nucléaire), sur la nécessaire solidarité avec eux, de la part des bourgmestres belges s'est déroulé dans l'amphithéâtre Plisnier de l'Université. Plusieurs bourgmestres wallons s'étaient fait représenter et d'autres s'étaient faits excuser. L'après-midi fut consacré à l'application de l'article VII du Traité de Non Prolifération (TNP) qui engage les pays non nucléaires à constituer des coalitions en vue d'interdire l'hébergement d'armes nucléaires sur leur territoire.Ci-joint vous pourrez lire le communiqué de presse consacré à cette campagne de solidarité qui a déjà commencé et qui doit se poursuivre jusqu'à la révision du TNP l'an prochain. Nous y ajoutons également un article publié dans «La Libre Belgique» du 06.08.04 sur le même thème.La journée s'est terminée par une manifestation au SHAPE pour réclamer la prohibition des armes nucléaires.Nous espérons une mobilisation massive des communes de Belgique afin d'assurer la survie du TNP dont plusieurs articles sont menacés par plusieurs puissances nucléaires et surtout par la politique affirmée de la principale d'entre elles.
Amicalement,Prof. Pierre Piérart
Prof. Henri Firket
Vice-Président de l'AMPGN
Président de l'AMPGN.
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Subject: Hiroshima Nagasaki solidarité
Chers amis,
Ce samedi 7 août plusieurs mouvements pacifistes francophones et néerlandophones se sont réunis à l'Université de Mons-Hainaut pour commémorer le 59ème anniversaire de la tragédie d'Hiroshima et de Nagasaki.La cérémonie a commencé par le recueillement des participants au Parc Hibakusha (ce mot japonais désignant les survivants de la catastrophe), de l'Université. Monsieur Keijiro Matsushima , hibakusha japonais, venu en Belgique pour soutenir les actions néerlandophones, a profité de son voyage pour participer au colloque de Mons. Lui-même et une concitoyenne japonaise ont déposé des fleurs devant la stèle consacrée aux victimes d'Hiroshima et Nagasaki ainsi qu'à celles - plus nombreuses qu'on le croit - des 2000 essais nucléaires.L'arme nucléaire, destinée à des objectifs importants et concentrés, n'est pas une arme de champ de bataille, ce sont les villes qui seraient ses cibles privilégiées. Aussi les maires d'Hiroshima et de Nagasaki ont pris l'initiative de réclamer un agenda de désarmement nucléaire total à faire adopter par l'ONU. Un débat, dirigé par le Prof. Henri Firket, Président de l'AMPGN (Association Médicale pour la Prévention de la Guerre Nucléaire), sur la nécessaire solidarité avec eux, de la part des bourgmestres belges s'est déroulé dans l'amphithéâtre Plisnier de l'Université. Plusieurs bourgmestres wallons s'étaient fait représenter et d'autres s'étaient faits excuser. L'après-midi fut consacré à l'application de l'article VII du Traité de Non Prolifération (TNP) qui engage les pays non nucléaires à constituer des coalitions en vue d'interdire l'hébergement d'armes nucléaires sur leur territoire.Ci-joint vous pourrez lire le communiqué de presse consacré à cette campagne de solidarité qui a déjà commencé et qui doit se poursuivre jusqu'à la révision du TNP l'an prochain. Nous y ajoutons également un article publié dans «La Libre Belgique» du 06.08.04 sur le même thème.La journée s'est terminée par une manifestation au SHAPE pour réclamer la prohibition des armes nucléaires.Nous espérons une mobilisation massive des communes de Belgique afin d'assurer la survie du TNP dont plusieurs articles sont menacés par plusieurs puissances nucléaires et surtout par la politique affirmée de la principale d'entre elles.
Amicalement,Prof. Pierre Piérart
Prof. Henri Firket
Vice-Président de l'AMPGN
Président de l'AMPGN.
mercredi 11 août 2004
"L' Insurrection du Ghetto de Varsovie" : Voir : écrit en 1955
http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html
Toujours du nouveau sur :
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(et Amérique latine)
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13/14
"L' Insurrection du Ghetto de Varsovie" : Voir : écrit en 1955
Je publie progressivement pour tenter de lever un peu le brouillard entretenu par les services occidentaux de propagande anti-soviétique et anti-communiste à propos de la date anniversaire du 1er août 1944 ...
RoRo
Le 21 septembre 1939, Reinhardt Heydrich, chef de la police de sécurité du Ille Reich, adressa à tous les responsables de la police de sécurité le télégramme dit « Schnellbrief» où il était question de la population juive des pays occupés. On y parlait d'un « but final» à atteindre et des voies et moyens qui permettraient d'y parvenir. C'était la condamnation à mort de la population juive: un grand nombre de ses 'membres, était-il dit dans le télégramme, font partie d'organisations terroristes; il faudra donc la rassembler dans des ghettos qu'on installera dans des villes ou à proximité de villes desservies par le chemin de fer; cette concentration de la population juive facilitera son extermination.Il faut dire qu'à l'époque où Heydrich transmettait ses instructions secrètes, les cercles dirigeants duIlle Reich avaient envisagé divers projets relatifs à la manière d'anéantir lesjuifs dans leur totalité. Bien avant l'agression contre la Pologne, ils avaient pensé reléguer les juifs d'Europe à Madagascar dont ils semblaient attendre beaucoup du climat. Ce projet avait reçu l'approbation de la sanacja 1. Les 12 et 25 juillet 1940, le gouverneur général Frank précisait en effet que les Juifs polonais devraient être déportés dans la grande Ile.Mais ce projet ne put être réalisé. On s'en tint donc aux moyens indiqués dans le télégramme d'Heydrich.L 'heure de l'agression contre l'Union soviétique approchait. Le commandement suprême de la Wehrmacht avait le souci de protéger ses arrières. Keitel exigea que les Juifs fussent sans délai expulsés de Varsovie. En avril 1941, il visita la capitale de la Pologne en compagnie de Frank. Peu de temps après, l'entreprise d'anéantissement entra en action. Dès le mois de juillet 1941, elle fonctionna à plein.En octobre 1941. un assassinat massif de Juifs eut lieu dans les forêts du district de Konin.En décembre1941, à Chelmno, à douze kilomètres de Kolo, la première usine de mort connut déjà une grande activité: on y gaza les condamnés du pays de la Warta; de décembre1941 à avril 1942, 40.000 Juifs et Gitans y trouvèrent la mort.Le 16 décembre1941, à Cracovie, à la réunion des « gouverneurs» du Gouvernement général, Frankdéclara au nom du Führer : « Tout ce que j'ai à attendre des Juifs, c'est qu'ils disparaissent.» Il recommanda aux membres de son auditoire de savoir être cruels, d'ignorer la pitié et la compassion.Le 20 janvier 1942, à Berlin. dans les locaux de la police de sécurité (R.S.H.A.), se tint une conférence àlaquelle participèrent les représentants de la direction du parti nazi, ceux de la Chancellerie du Reich, duMinistère de la Justice, de la police de sécurité du Gouvernement général, du Ministère de l'Intérieur, de la
1. Sanacja : nom de la clique de Pilsudski qui se targuait « d'assainir» la vie politique du pays par là suppression du régime des partis.
Direction du «Plan quadriennal» du Service principal de la Race, du Service de la déportation... Dans sondiscours de clôture, Heydrich appela les membres de la conférence à contribuer efficacement à l'action qui se donnait pour but « la solution finale de la question juive» .Le 18 juin 1942, à la réunion des «gouverneurs» du Gouvernement général, il fut encore discuté de l'anéantissement des Juifs. Gruger, chef suprême des S.S. et de la police dans le Gouvernement général, fut chargé par les autorités hitlériennes d'organiser la déportation des Juifs polonais et de les « liquider» jusqu'au dernier. Mais dans le monde hitlérien, les ordres étaient exécutés avant même d'avoir été donnés. Depuis le mois de mars 1942, les Juifs polonais étaient en effet dirigés sur des camps de la mort. Le 17 du même mois, les Juifs de Lublin étaient arrivés à Belzec où 30.000 d'entre eux devaient périr.Puis vinrent les procédés de destruction massive, systématique et radicale. Avant d'en arriver là, les hitlériens allaient user de méthodes variées et comme camouflées: celles qui tuent implacablement, certes, mais qui ne tuent que petit à petit. Car il y aura eu un calcul et une méthode pour mener à bien cette extermination progressive.On usera de la terreur et du pillage, de l'internement et des travaux forcés pour en arriver à la dernière étape, celle des camps d'extermination.Le2 octobre1940, le gouverneur Fischer avait ordonné qu'un ghetto fut créé à Varsovie. Plus de 450.000 personnes avaient été séparées du reste du monde par une haute muraille. Il avait été hypocritement déclaré que cette mesure avait été prise pour éviter le danger de contagion en cas d'épidémie.Au même moment il avait été ordonné aux Juifs de porter un brassard blanc; il leur avait été interdit de voyager en chemin de fer; ils avaient été mis dans l'obligation de déclarer leurs biens immobiliers et partie de leurs biens mobiliers; ils avaient été astreints, à des fins de rééducation, avaient proclamé les ordonnances du Gouvernement général, au travail forcé.Il ne fut jamais laissé de répit à la population du ghetto. Chaque jour amenait sa terreur nouvelle. Les morts s'ajoutaient aux morts. Pour gagner de la place, les Allemands réduisaient graduellement les limites del'enceinte infernale. Les enfermés devaient continuellement émigrer au sein de leur propre ville. Malgré lesdécès, la densité de la population s'élevait d'une manière incroyable. Dans la première moitié de I942, treize personnes en moyenne logeaient dans une seule pièce. Et cependant, par milliers, les Juifs de la province polonaise, les « réfugiés», étaient transférés dans le ghetto où, en I94I, on compta un demi-million d'habitants.A l'occasion de ces transferts à l'intérieur du ghetto, le cynisme hitlérien se donnait libre cours. Le commissaire du ghetto, Auerswald, un avocat de Berlin, membre du Parti national-socialiste, donna, le 2 septembre I94I, l'ordre d'évacuer dans les huit jours les immeubles situés au sud de la rue Sienna (immeubles des rues Twarda, Sosnowa,Wielka). L'ordre précisait que lespropriétaires des locaux évacués étaient tenus, sous peine d'amendes considérables,de les laisser en parfait état de propreté.Le pillage des biens fut rationnellement organisé.Tout ce qui possédait une valeur quelconque fut enlevé. Sur ce sujet les documents hitlériens sont d'une éloquence extrême. En janvier I942 furent sortis du ghetto des biens pour une valeur de 3.736.000 zlotys; en février pour une valeur de 4.738.000 zlotys; en mars pour une valeur de 6.045.000 zlotys; en avril pour une valeur de 6.893.800 zlotys.L'isolement, le manque de nourriture et le manque 'hygiène, l'inquiétude constante,l'insécurité, la terreur : les maladies trouvèrent là un foyer idéal. Elles décimèrent d'abord les familles les plus pauvres. L'occupant se réjouissait; il avait la conviction que sans plus d'effort de sa part l'extermination se ferait comme d'elle-même.Jusqu'à la première grande action liquidatrice de l'été de 1942, la famine et les épidémies firent seules leur oeuvre. Elles étaient des armes efficaces.Affamer le ghetto permettait à la fois de le piller et d'en anéantir la population. Cette tactique avait l'accord du commissaire Auerswald, du gouverneur Frank, des pontifes de la Gestapoet des grands chefs hitlériens.Pour tuer par la faim on employa deux moyens. l'un indirect qui consistait à priver la population juive de toute possibilité de gagner sa vie, l'autre direct qui consistait à la priver de noumture.On lit dans l'un des journaux clandestins du ghetto: Pour notre et votre liberté, que le 30 juin 1941, il y avait 27.000 personnes professionnellement actives pour une population de 550.000 habitants. Encore faut-il préciser que les ouvriers d'usines et les artisans ne travaillaient pas de manière permanente. Dans 90 % des cas, les entreprises commerciales n'étaient que de petites épiceries. La proportion des gens qui ne disposaient d'aucune ressource était de l'ordre de 60 %. 130.000 personnes fréquentaient les soupes populaires. La famine frappait 70 % de la population.Heureux ceux qui réussissaient à se faire embaucher dans les usines installées en plein enfer par les capitalistes allemands, les Walter Cesar Toebbens, les Hallmann, les Schultz. Mais on n'y acceptait que ceux qui pouvaient disposer d'outils ou de machines pour le travail à domicile. Heureux les élus même si, pour une journée de travail harassant accompli à une cadence accélérée, un ouvrier hautement qualifié ne recevait qu'une paie théorique de 4 à 7 zlotys! Une fois payées les deux soupes liquides servies par l'entreprise, le salaire réel était de l'ordre de 2 zlotys et demi à 5 zlotys. Or, au marché noir, un kilo de mauvais pain se payait 10 à 12 zlotys, un kilo de pain blanc coûtait 20 à 25 zlotys, un kilo de matière grasse 250 zlotys.Un travailleur manuel ordinaire gagnait 3 zlotys par jour.Les employés de bureau étaient enviés: leur salaire de famine atteignait 200 et même 500 zlotys par mois.Ceux qui chômaient étaient automatiquement condamnés à mourir de faim. Il y eut des métiers ou des professions qui perdirent toute importance, entre autres les métiers liés au commerce et les professions libérales. Les intellectuels eurent à supporter durement la misère des temps hitlériens. Mais, comme le note un journal clandestin, Unzer Weg, « l'ouvrier juif fut la première victime de la famine » La famine. Et, dans un pays où l'hiver est cruel, le manque de vêtements. Le chroniqueur Ringelblum écrivait: A chaque pas on peut rencontrer dans la rue des gens dépourvus de vêtements et seulement habillés de manteaux en lambeaux fermés avec des épingles pour cacher l'absence de che- mise. Ie problème de l'habillement devient véritablement dramatique. Les gens vont quasiment nus.
Tuer par la faim. Là encore tout fut savamment prémédité. Il y eut une politique discriminatoire du ravitaillement. On calcula par calories. A Varsovie, les Allemands avaient droit à 2.310 calories par jour, les étrangers amis des Allemands à 1.790 calories, les Polonais à 634 calories, les Juifs à 184 calories.On ne s'en tint pas là. Les calories devaient se payer. Or, plus le nombre de calories reçues par une catégorie onnée d'ayants droit était petite, plus le prix de la calorie était cher. La calorie coûtait 0 zloty 3 aux Allemands, 0 zloty 8 aux étrangers, 2 zlotys 6 aux Polonais, 5 zlotys 9 aux Juifs.Alle-La ration mensuelle de l'habitant du ghetto consistait en 2 kilos de pain et 250 grammes de sucre. Le pain contenait une forte proportion de sciure de bois ou d'épluchures de pommes de terre. Il était gluant.La faim. Au numéro 13 de la rue Krochmalna, une femme folle d'avoir faim dévora en partie le cadavre d'un enfant.Mais tout le monde dans le ghetto ne mourait pas de faim. Le ghetto possédait sesdi fférenciations sociales et qui étaient là..plus criantes qu'ailleurs. Les riches entrepreneurs. les spéculateurs, ne manquèrent jamais de rien. Ces privilégiés n'étaient cependant qu' une faible minorité. Un journal clandestin estimait que 50 % de la population mourait littéralement de faim, que 30 % souffrait normalement de la famine, que 15 % était sous-alimenté. Seules 10.000 personnes environ vivaient aisément et dans certains cas mieux qu' avant guerre. C'est sans nul doute à leur intention qu' en février 1942, 20.000 litres de vodka furent introduits dans le ghetto.L 'horreur et l'épouvante emplissaient les rues du ghetto. Cadavres alignés et accumulés devant les portesdes maisons et à peine recouverts de lambeaux de papier. Bandes d'enfants errants et qui mendiaient en psalmodiant la fameuse chanson du ghetto: « Bonnes gens, ayez pitié; papa est mort de faim et de misère; jetez-nous un morceau de pain. » Parfois ces mêmes enfants se jetaient sur les gens qui passaient portant dans leurs mains leurs rations de pain, la leur arrachaient et la dévoraient aussitôt. Les plus audacieux franchissaient, d'une manière ou d'une autre, la muraille. Ils allaient mendier dans la partie «aryenne» de la ville ou rendre visite à des.familles polonaises qui les secouraient régulièrement. La police bleu-marine polonaise sur ordre des autorités nazies leur donnait la chasse.Quiconque étaitpris était battu jusqu'au sang. Le 8 novembre 1941, le Tribunal extraordinaire de la police de sécurité prononça pour la première fois une condamnation à mort contre deux juifs coupables de s'être glissés clandestinement hors du ghetto. Le 12 novembre suivant, huit autres personnes furent condamnées à mort pour le même motif. L'exécution par pendaison eut lieu le 17 novembre en présence de la police bleu-marine polonaise et de la police juive du ghetto. Parmi les suppliciés se trouvaient des mèresde famille. La plüs jeune des victimes, une jeune fille de 16 ans, s'écria au moment suprême: « Bandits, le même sort vous attend. » A partir de 1942, ceux qui furent surpris à franchir clandestinement la muraille furent exécutés sur place. Il fallait mourir de faim.Le typhus sous toutes ses formes ajouta aux hécatombes provoquées par la famine. Aussi le taux de la mortalité augmenta-t-il d'un mois à l'autre 1.Les ouvriers et les réfugiés furent les plus fortement frappés. Dans sa majorité, le prolétariat juif fut décimélongtemps avant les grandes actions liquidatrices.Mais la faim ne fait pas qu'affaiblir physiquement l'individu. Avant de l'achever, et pour l'achever plus vite, très souvent elle anéantit en lui le désir même de vivre. Elle le déprime moralement, elle le rend passif,apathique, résigné.« La vie sans pain, sans une cuillerée de soupe, et cela pendant de longues années, écrit le
_______________________________________________
1. Mortalité, d'après Morgen Frai, n°2, 29 janvier 1942.
1938 1940 1941 1942
Janvier.. 454 3.173 898 5.123
Février.. 380 1.178 1.O25 4.618
Mars 370 1.603 1..608 4.951
Avril 450 1.000 2.061 4.432
Mai 454 875 3.821 5.283
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1955, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est encore un travail de longue haleine.
Merci ! RoRo
02 août 2004)
- mise à jour du 10 août 2004
(roger.romain@skynet.be)
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13/14
"L' Insurrection du Ghetto de Varsovie" : Voir : écrit en 1955
Je publie progressivement pour tenter de lever un peu le brouillard entretenu par les services occidentaux de propagande anti-soviétique et anti-communiste à propos de la date anniversaire du 1er août 1944 ...
RoRo
Le 21 septembre 1939, Reinhardt Heydrich, chef de la police de sécurité du Ille Reich, adressa à tous les responsables de la police de sécurité le télégramme dit « Schnellbrief» où il était question de la population juive des pays occupés. On y parlait d'un « but final» à atteindre et des voies et moyens qui permettraient d'y parvenir. C'était la condamnation à mort de la population juive: un grand nombre de ses 'membres, était-il dit dans le télégramme, font partie d'organisations terroristes; il faudra donc la rassembler dans des ghettos qu'on installera dans des villes ou à proximité de villes desservies par le chemin de fer; cette concentration de la population juive facilitera son extermination.Il faut dire qu'à l'époque où Heydrich transmettait ses instructions secrètes, les cercles dirigeants duIlle Reich avaient envisagé divers projets relatifs à la manière d'anéantir lesjuifs dans leur totalité. Bien avant l'agression contre la Pologne, ils avaient pensé reléguer les juifs d'Europe à Madagascar dont ils semblaient attendre beaucoup du climat. Ce projet avait reçu l'approbation de la sanacja 1. Les 12 et 25 juillet 1940, le gouverneur général Frank précisait en effet que les Juifs polonais devraient être déportés dans la grande Ile.Mais ce projet ne put être réalisé. On s'en tint donc aux moyens indiqués dans le télégramme d'Heydrich.L 'heure de l'agression contre l'Union soviétique approchait. Le commandement suprême de la Wehrmacht avait le souci de protéger ses arrières. Keitel exigea que les Juifs fussent sans délai expulsés de Varsovie. En avril 1941, il visita la capitale de la Pologne en compagnie de Frank. Peu de temps après, l'entreprise d'anéantissement entra en action. Dès le mois de juillet 1941, elle fonctionna à plein.En octobre 1941. un assassinat massif de Juifs eut lieu dans les forêts du district de Konin.En décembre1941, à Chelmno, à douze kilomètres de Kolo, la première usine de mort connut déjà une grande activité: on y gaza les condamnés du pays de la Warta; de décembre1941 à avril 1942, 40.000 Juifs et Gitans y trouvèrent la mort.Le 16 décembre1941, à Cracovie, à la réunion des « gouverneurs» du Gouvernement général, Frankdéclara au nom du Führer : « Tout ce que j'ai à attendre des Juifs, c'est qu'ils disparaissent.» Il recommanda aux membres de son auditoire de savoir être cruels, d'ignorer la pitié et la compassion.Le 20 janvier 1942, à Berlin. dans les locaux de la police de sécurité (R.S.H.A.), se tint une conférence àlaquelle participèrent les représentants de la direction du parti nazi, ceux de la Chancellerie du Reich, duMinistère de la Justice, de la police de sécurité du Gouvernement général, du Ministère de l'Intérieur, de la
1. Sanacja : nom de la clique de Pilsudski qui se targuait « d'assainir» la vie politique du pays par là suppression du régime des partis.
Direction du «Plan quadriennal» du Service principal de la Race, du Service de la déportation... Dans sondiscours de clôture, Heydrich appela les membres de la conférence à contribuer efficacement à l'action qui se donnait pour but « la solution finale de la question juive» .Le 18 juin 1942, à la réunion des «gouverneurs» du Gouvernement général, il fut encore discuté de l'anéantissement des Juifs. Gruger, chef suprême des S.S. et de la police dans le Gouvernement général, fut chargé par les autorités hitlériennes d'organiser la déportation des Juifs polonais et de les « liquider» jusqu'au dernier. Mais dans le monde hitlérien, les ordres étaient exécutés avant même d'avoir été donnés. Depuis le mois de mars 1942, les Juifs polonais étaient en effet dirigés sur des camps de la mort. Le 17 du même mois, les Juifs de Lublin étaient arrivés à Belzec où 30.000 d'entre eux devaient périr.Puis vinrent les procédés de destruction massive, systématique et radicale. Avant d'en arriver là, les hitlériens allaient user de méthodes variées et comme camouflées: celles qui tuent implacablement, certes, mais qui ne tuent que petit à petit. Car il y aura eu un calcul et une méthode pour mener à bien cette extermination progressive.On usera de la terreur et du pillage, de l'internement et des travaux forcés pour en arriver à la dernière étape, celle des camps d'extermination.Le2 octobre1940, le gouverneur Fischer avait ordonné qu'un ghetto fut créé à Varsovie. Plus de 450.000 personnes avaient été séparées du reste du monde par une haute muraille. Il avait été hypocritement déclaré que cette mesure avait été prise pour éviter le danger de contagion en cas d'épidémie.Au même moment il avait été ordonné aux Juifs de porter un brassard blanc; il leur avait été interdit de voyager en chemin de fer; ils avaient été mis dans l'obligation de déclarer leurs biens immobiliers et partie de leurs biens mobiliers; ils avaient été astreints, à des fins de rééducation, avaient proclamé les ordonnances du Gouvernement général, au travail forcé.Il ne fut jamais laissé de répit à la population du ghetto. Chaque jour amenait sa terreur nouvelle. Les morts s'ajoutaient aux morts. Pour gagner de la place, les Allemands réduisaient graduellement les limites del'enceinte infernale. Les enfermés devaient continuellement émigrer au sein de leur propre ville. Malgré lesdécès, la densité de la population s'élevait d'une manière incroyable. Dans la première moitié de I942, treize personnes en moyenne logeaient dans une seule pièce. Et cependant, par milliers, les Juifs de la province polonaise, les « réfugiés», étaient transférés dans le ghetto où, en I94I, on compta un demi-million d'habitants.A l'occasion de ces transferts à l'intérieur du ghetto, le cynisme hitlérien se donnait libre cours. Le commissaire du ghetto, Auerswald, un avocat de Berlin, membre du Parti national-socialiste, donna, le 2 septembre I94I, l'ordre d'évacuer dans les huit jours les immeubles situés au sud de la rue Sienna (immeubles des rues Twarda, Sosnowa,Wielka). L'ordre précisait que lespropriétaires des locaux évacués étaient tenus, sous peine d'amendes considérables,de les laisser en parfait état de propreté.Le pillage des biens fut rationnellement organisé.Tout ce qui possédait une valeur quelconque fut enlevé. Sur ce sujet les documents hitlériens sont d'une éloquence extrême. En janvier I942 furent sortis du ghetto des biens pour une valeur de 3.736.000 zlotys; en février pour une valeur de 4.738.000 zlotys; en mars pour une valeur de 6.045.000 zlotys; en avril pour une valeur de 6.893.800 zlotys.L'isolement, le manque de nourriture et le manque 'hygiène, l'inquiétude constante,l'insécurité, la terreur : les maladies trouvèrent là un foyer idéal. Elles décimèrent d'abord les familles les plus pauvres. L'occupant se réjouissait; il avait la conviction que sans plus d'effort de sa part l'extermination se ferait comme d'elle-même.Jusqu'à la première grande action liquidatrice de l'été de 1942, la famine et les épidémies firent seules leur oeuvre. Elles étaient des armes efficaces.Affamer le ghetto permettait à la fois de le piller et d'en anéantir la population. Cette tactique avait l'accord du commissaire Auerswald, du gouverneur Frank, des pontifes de la Gestapoet des grands chefs hitlériens.Pour tuer par la faim on employa deux moyens. l'un indirect qui consistait à priver la population juive de toute possibilité de gagner sa vie, l'autre direct qui consistait à la priver de noumture.On lit dans l'un des journaux clandestins du ghetto: Pour notre et votre liberté, que le 30 juin 1941, il y avait 27.000 personnes professionnellement actives pour une population de 550.000 habitants. Encore faut-il préciser que les ouvriers d'usines et les artisans ne travaillaient pas de manière permanente. Dans 90 % des cas, les entreprises commerciales n'étaient que de petites épiceries. La proportion des gens qui ne disposaient d'aucune ressource était de l'ordre de 60 %. 130.000 personnes fréquentaient les soupes populaires. La famine frappait 70 % de la population.Heureux ceux qui réussissaient à se faire embaucher dans les usines installées en plein enfer par les capitalistes allemands, les Walter Cesar Toebbens, les Hallmann, les Schultz. Mais on n'y acceptait que ceux qui pouvaient disposer d'outils ou de machines pour le travail à domicile. Heureux les élus même si, pour une journée de travail harassant accompli à une cadence accélérée, un ouvrier hautement qualifié ne recevait qu'une paie théorique de 4 à 7 zlotys! Une fois payées les deux soupes liquides servies par l'entreprise, le salaire réel était de l'ordre de 2 zlotys et demi à 5 zlotys. Or, au marché noir, un kilo de mauvais pain se payait 10 à 12 zlotys, un kilo de pain blanc coûtait 20 à 25 zlotys, un kilo de matière grasse 250 zlotys.Un travailleur manuel ordinaire gagnait 3 zlotys par jour.Les employés de bureau étaient enviés: leur salaire de famine atteignait 200 et même 500 zlotys par mois.Ceux qui chômaient étaient automatiquement condamnés à mourir de faim. Il y eut des métiers ou des professions qui perdirent toute importance, entre autres les métiers liés au commerce et les professions libérales. Les intellectuels eurent à supporter durement la misère des temps hitlériens. Mais, comme le note un journal clandestin, Unzer Weg, « l'ouvrier juif fut la première victime de la famine » La famine. Et, dans un pays où l'hiver est cruel, le manque de vêtements. Le chroniqueur Ringelblum écrivait: A chaque pas on peut rencontrer dans la rue des gens dépourvus de vêtements et seulement habillés de manteaux en lambeaux fermés avec des épingles pour cacher l'absence de che- mise. Ie problème de l'habillement devient véritablement dramatique. Les gens vont quasiment nus.
Tuer par la faim. Là encore tout fut savamment prémédité. Il y eut une politique discriminatoire du ravitaillement. On calcula par calories. A Varsovie, les Allemands avaient droit à 2.310 calories par jour, les étrangers amis des Allemands à 1.790 calories, les Polonais à 634 calories, les Juifs à 184 calories.On ne s'en tint pas là. Les calories devaient se payer. Or, plus le nombre de calories reçues par une catégorie onnée d'ayants droit était petite, plus le prix de la calorie était cher. La calorie coûtait 0 zloty 3 aux Allemands, 0 zloty 8 aux étrangers, 2 zlotys 6 aux Polonais, 5 zlotys 9 aux Juifs.Alle-La ration mensuelle de l'habitant du ghetto consistait en 2 kilos de pain et 250 grammes de sucre. Le pain contenait une forte proportion de sciure de bois ou d'épluchures de pommes de terre. Il était gluant.La faim. Au numéro 13 de la rue Krochmalna, une femme folle d'avoir faim dévora en partie le cadavre d'un enfant.Mais tout le monde dans le ghetto ne mourait pas de faim. Le ghetto possédait sesdi fférenciations sociales et qui étaient là..plus criantes qu'ailleurs. Les riches entrepreneurs. les spéculateurs, ne manquèrent jamais de rien. Ces privilégiés n'étaient cependant qu' une faible minorité. Un journal clandestin estimait que 50 % de la population mourait littéralement de faim, que 30 % souffrait normalement de la famine, que 15 % était sous-alimenté. Seules 10.000 personnes environ vivaient aisément et dans certains cas mieux qu' avant guerre. C'est sans nul doute à leur intention qu' en février 1942, 20.000 litres de vodka furent introduits dans le ghetto.L 'horreur et l'épouvante emplissaient les rues du ghetto. Cadavres alignés et accumulés devant les portesdes maisons et à peine recouverts de lambeaux de papier. Bandes d'enfants errants et qui mendiaient en psalmodiant la fameuse chanson du ghetto: « Bonnes gens, ayez pitié; papa est mort de faim et de misère; jetez-nous un morceau de pain. » Parfois ces mêmes enfants se jetaient sur les gens qui passaient portant dans leurs mains leurs rations de pain, la leur arrachaient et la dévoraient aussitôt. Les plus audacieux franchissaient, d'une manière ou d'une autre, la muraille. Ils allaient mendier dans la partie «aryenne» de la ville ou rendre visite à des.familles polonaises qui les secouraient régulièrement. La police bleu-marine polonaise sur ordre des autorités nazies leur donnait la chasse.Quiconque étaitpris était battu jusqu'au sang. Le 8 novembre 1941, le Tribunal extraordinaire de la police de sécurité prononça pour la première fois une condamnation à mort contre deux juifs coupables de s'être glissés clandestinement hors du ghetto. Le 12 novembre suivant, huit autres personnes furent condamnées à mort pour le même motif. L'exécution par pendaison eut lieu le 17 novembre en présence de la police bleu-marine polonaise et de la police juive du ghetto. Parmi les suppliciés se trouvaient des mèresde famille. La plüs jeune des victimes, une jeune fille de 16 ans, s'écria au moment suprême: « Bandits, le même sort vous attend. » A partir de 1942, ceux qui furent surpris à franchir clandestinement la muraille furent exécutés sur place. Il fallait mourir de faim.Le typhus sous toutes ses formes ajouta aux hécatombes provoquées par la famine. Aussi le taux de la mortalité augmenta-t-il d'un mois à l'autre 1.Les ouvriers et les réfugiés furent les plus fortement frappés. Dans sa majorité, le prolétariat juif fut décimélongtemps avant les grandes actions liquidatrices.Mais la faim ne fait pas qu'affaiblir physiquement l'individu. Avant de l'achever, et pour l'achever plus vite, très souvent elle anéantit en lui le désir même de vivre. Elle le déprime moralement, elle le rend passif,apathique, résigné.« La vie sans pain, sans une cuillerée de soupe, et cela pendant de longues années, écrit le
_______________________________________________
1. Mortalité, d'après Morgen Frai, n°2, 29 janvier 1942.
1938 1940 1941 1942
Janvier.. 454 3.173 898 5.123
Février.. 380 1.178 1.O25 4.618
Mars 370 1.603 1..608 4.951
Avril 450 1.000 2.061 4.432
Mai 454 875 3.821 5.283
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1955, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est encore un travail de longue haleine.
Merci ! RoRo
02 août 2004)
- mise à jour du 10 août 2004
(roger.romain@skynet.be)
mardi 3 août 2004
Histoire : le 10 novembre 1918, les soldats alsaciens proclament le soviet à Strasbourg
http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html
Le 10 novembre 1918, les soldats alsaciens proclament le soviet à Strasbourg
11 novembre 1918: le drapeau rouge flotte sur Strasbourg et l'Alsace proclame la République des soviets...
Un grand reportage de Didier Daeninckx
Paris, vendredi 10 novembre 2000
Un jour, venant de Strasbourg où j'étais allé repéré les décors d'une nouvelle, je me suis arrêté devant la plaque d'une importante voie de la capitale alsacienne, la "rue du 22 novembre". Je ne saurais dire pourquoi cette dénomination avait attiré mon attention, mais j'avais demandé à un passant à quel événement elle faisait référence. "A la Libération, en 1944", m'avait-il répondu. Un simple coup d'oeil sur un livre d'histoire régionale m'apprit que les troupes du général Leclerc avaient fait leur entrée fulgurante dans Strasbourg le 23. La plaque émaillée bleu comportait une grossière coquille historique, ou alors elle commémorait un autre fait marquant. Un ami alsacien émit l'hypothèse que ce 22 novembre avait à voir avec l'armistice de1918. Je lui rétorquai que dans ce cas, l'erreur ne portait plus sur une journée mais sur onze, la fin des hostilités ayant eu lieu le 11 novembre à midi. Une visite dans les archives de la bibliothèque nationale et universitaire, place de la République, l'ancienne Kaiserplatz, me donna la surprenante solution: Strasbourg avait bien été libérée le 22 novembre 1918, mais pas de l'armée allemande! Les troupes françaises avaient mis fin à un soviet de soldats, d'ouvriers, de paysans... Une telle affirmation demande à être étayée, et il faut revenir à la fin du mois d'octobre de cette année-là pour y voir plus clair. L'Allemagne impériale a perdu la guerre, mais quelques généraux ultras, dont Ludendorff veulent tenter un baroud d'honneur en prenant appui sur la puissante flotte de guerre. La troupe refuse de marcher. A Kiel, sur la Baltique, les marins se mutinent et se constituent en Soviet (voir le document). Les syndicats ouvriers les rejoignent, et des détachements d'insurgés, drapeaux rouges en tête, se rendent dans les villes voisines pour gagner les habitants à leur cause. Une quinzaine de milliers d'Alsaciens et de Lorrains sont alors incorporés dans la Kriegsmarine, et nombre d'entre eux participent à ces événements. Certains décident de soulever leurs deux provinces natales soumises à une véritable disette, et qui sont agitées de forts mouvements de mécontentement. Le 8 novembre, la population de Strasbourg apprend la proclamation de la République des conseils de Bavière. Le lendemain, des milliers de manifestants envahissent la place Kléber pour acclamer les premiers détachements de marins arrivés du nord de l'Allemagne. Des dizaines d'officiers sont dégradés en public. Un train d'insurgés est bloqué au pont de Kehl, et un commandant loyaliste fait ouvrir le feu. Le soldat Fir est abattu. Ses camarades prennent le contrôle de la ville jumelle de Strasbourg, de l'autre côté du Rhin, puis traversent le fleuve. La bourgeoisie allemande de Strasbourg ne cesse de faire appel aux troupes françaises, afin de mettre un terme aux troubles. Un slogan court les quartiers bourgeois: "Plutôt Français que rouges!".
Les marins révolutionnaires alsaciens se forment en Conseil de soldats de Strasbourg (voir le document), et exigent du gouverneur Von Rohden la libération des détenus, la liberté de presse et d'expression, la levée de la censure sur le courrier, le droit de manifester. Les prisons ouvrent leurs portes, les Conseils se rendent maîtres des bâtiments publics et toutes les marques d'autorité comme les insignes, les grades sont supprimées. La ville se hérisse de drapeaux rouges dont l'un va même flotter sur la flèche de la cathédrale!
Toutes les forces sociales tentent de s'assurer le contrôle du mouvement en se fondant dans le Conseil des ouvriers et soldats (voir le document) présidé par le secrétaire du syndicat des ouvriers brasseurs, Rebholz qui annonce l'abdication de Guillaume II, à Berlin, et proclame l'avénement d'un pouvoir populaire. Les murs de la ville se couvrent d'affiches "Nous n'avons rien de commun avec les États capitalistes, notre mot d'ordre est: ni Allemands ni Français ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé". Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne : transports, finances, ravitaillement, démobilisation, justice... Des grèves radicales éclatent, comme celle des cheminots. Le dirigeant social-démocrate strasbourgeois Jacques Peirotes fait appel au Grand Quartier Général français et demande aux généraux de "hâter leur entrée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique". L'entrée dans la ville était prévue pour le 25, mais son appel est entendu. Les troupes marchent sans relâche et pénètrent dans les faubourgs le 22 novembre 1918. Le Conseil des ouvriers et soldats déclare qu'il "a rempli sa mission, même si, compte tenu des circonstances, il n'a pu réaliser son idéal politique". Il décide de remettre l'autorité militaire entre les mains du commandement français. Le général Gouraud fera savoir qu'il ne reconnaît ni le Soviet des ouvriers et soldats, ni aucune des mesures qu'il a édictées. Le 22 novembre, le premier acte symbolique de l'armée française sera d'occuper le Palais de justice où siégeait le "Soviet de Strasbourg". La troupe s'empare des usines, les décrets sociaux sont annulés, les salaires ramenés à leur niveau de septembre 1918, les "agitateurs" sont expulsés. On choisit les sous-préfets parmi les officiers, des commissions de contrôle de la population, présidées par un officier du 2e Bureau sont mises en place.
Il en sera de même dans toutes les villes des deux provinces perdues en 1870. Car le Soviet de Strasbourg n'a pas été une création unique: le premier Conseil a vu le jour à Haguenau, le 9 novembre suivi dans la soirée par Mulhouse. A Saverne les soldats se mutinent, comme à Sélestat. A Colmar le Conseil siège à la mairie, et le futur Feldmaréchal Rommel viendra s'y plaindre des vexations dont sont victime ses officiers! Partout sur le front des Vosges on fraternise, on manifeste, drapeaux rouges en tête. En Lorraine, les nombreux immigrés italiens se joignent au mouvement. A Metz, le Conseil siège à l'hôtel de ville sur lequel flotte un drapeau turc dont on a passé le croissant au minium... Des Conseils prennent les usines en charge, on occupe les mines, comme à Knutange. A Algrange, Hagondange, Rombas, les grèves éclatent. A Thionville c'est un acteur, Seelow, qui dirige le conseil, un aumônier militaire à Sarrebourg, un pasteur à Neuf-Brisach...
Un jour que j'évoquais cette épopée et le nom de cette ville de garnison, Neuf- Brisach, mon ami Rémy Fisch, délégué mineur des potasses d'Alsace, m'a interrompu.
- Neuf-Brisach! Maintenant, je comprends mieux ce que me racontait mon père... Il nous disait des choses bizarres, lors des banquets familiaux, mais tout le monde se moquait de lui... Il parlait des soviets et chantait une chanson, "Hop là", en faisant valser les chapeaux, les casquettes...
Je l'ai suivi à Soultz, sur laquelle veille la masse imposante des collines du Vieil Armand et il m'a traduit les paroles de Joseph Fisch (voir le document) qui, toute sa vie, ne s'est exprimé qu'en alsacien et en allemand:
(Si vous voulez lire la suite de ce très intéressant reportage, cliquez sur les liens, car les droits de reproduction sont interdits....)
Le 10 novembre 1918, les soldats alsaciens proclament le soviet à Strasbourg
11 novembre 1918: le drapeau rouge flotte sur Strasbourg et l'Alsace proclame la République des soviets...
Un grand reportage de Didier Daeninckx
Paris, vendredi 10 novembre 2000
Un jour, venant de Strasbourg où j'étais allé repéré les décors d'une nouvelle, je me suis arrêté devant la plaque d'une importante voie de la capitale alsacienne, la "rue du 22 novembre". Je ne saurais dire pourquoi cette dénomination avait attiré mon attention, mais j'avais demandé à un passant à quel événement elle faisait référence. "A la Libération, en 1944", m'avait-il répondu. Un simple coup d'oeil sur un livre d'histoire régionale m'apprit que les troupes du général Leclerc avaient fait leur entrée fulgurante dans Strasbourg le 23. La plaque émaillée bleu comportait une grossière coquille historique, ou alors elle commémorait un autre fait marquant. Un ami alsacien émit l'hypothèse que ce 22 novembre avait à voir avec l'armistice de1918. Je lui rétorquai que dans ce cas, l'erreur ne portait plus sur une journée mais sur onze, la fin des hostilités ayant eu lieu le 11 novembre à midi. Une visite dans les archives de la bibliothèque nationale et universitaire, place de la République, l'ancienne Kaiserplatz, me donna la surprenante solution: Strasbourg avait bien été libérée le 22 novembre 1918, mais pas de l'armée allemande! Les troupes françaises avaient mis fin à un soviet de soldats, d'ouvriers, de paysans... Une telle affirmation demande à être étayée, et il faut revenir à la fin du mois d'octobre de cette année-là pour y voir plus clair. L'Allemagne impériale a perdu la guerre, mais quelques généraux ultras, dont Ludendorff veulent tenter un baroud d'honneur en prenant appui sur la puissante flotte de guerre. La troupe refuse de marcher. A Kiel, sur la Baltique, les marins se mutinent et se constituent en Soviet (voir le document). Les syndicats ouvriers les rejoignent, et des détachements d'insurgés, drapeaux rouges en tête, se rendent dans les villes voisines pour gagner les habitants à leur cause. Une quinzaine de milliers d'Alsaciens et de Lorrains sont alors incorporés dans la Kriegsmarine, et nombre d'entre eux participent à ces événements. Certains décident de soulever leurs deux provinces natales soumises à une véritable disette, et qui sont agitées de forts mouvements de mécontentement. Le 8 novembre, la population de Strasbourg apprend la proclamation de la République des conseils de Bavière. Le lendemain, des milliers de manifestants envahissent la place Kléber pour acclamer les premiers détachements de marins arrivés du nord de l'Allemagne. Des dizaines d'officiers sont dégradés en public. Un train d'insurgés est bloqué au pont de Kehl, et un commandant loyaliste fait ouvrir le feu. Le soldat Fir est abattu. Ses camarades prennent le contrôle de la ville jumelle de Strasbourg, de l'autre côté du Rhin, puis traversent le fleuve. La bourgeoisie allemande de Strasbourg ne cesse de faire appel aux troupes françaises, afin de mettre un terme aux troubles. Un slogan court les quartiers bourgeois: "Plutôt Français que rouges!".
Les marins révolutionnaires alsaciens se forment en Conseil de soldats de Strasbourg (voir le document), et exigent du gouverneur Von Rohden la libération des détenus, la liberté de presse et d'expression, la levée de la censure sur le courrier, le droit de manifester. Les prisons ouvrent leurs portes, les Conseils se rendent maîtres des bâtiments publics et toutes les marques d'autorité comme les insignes, les grades sont supprimées. La ville se hérisse de drapeaux rouges dont l'un va même flotter sur la flèche de la cathédrale!
Toutes les forces sociales tentent de s'assurer le contrôle du mouvement en se fondant dans le Conseil des ouvriers et soldats (voir le document) présidé par le secrétaire du syndicat des ouvriers brasseurs, Rebholz qui annonce l'abdication de Guillaume II, à Berlin, et proclame l'avénement d'un pouvoir populaire. Les murs de la ville se couvrent d'affiches "Nous n'avons rien de commun avec les États capitalistes, notre mot d'ordre est: ni Allemands ni Français ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé". Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne : transports, finances, ravitaillement, démobilisation, justice... Des grèves radicales éclatent, comme celle des cheminots. Le dirigeant social-démocrate strasbourgeois Jacques Peirotes fait appel au Grand Quartier Général français et demande aux généraux de "hâter leur entrée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique". L'entrée dans la ville était prévue pour le 25, mais son appel est entendu. Les troupes marchent sans relâche et pénètrent dans les faubourgs le 22 novembre 1918. Le Conseil des ouvriers et soldats déclare qu'il "a rempli sa mission, même si, compte tenu des circonstances, il n'a pu réaliser son idéal politique". Il décide de remettre l'autorité militaire entre les mains du commandement français. Le général Gouraud fera savoir qu'il ne reconnaît ni le Soviet des ouvriers et soldats, ni aucune des mesures qu'il a édictées. Le 22 novembre, le premier acte symbolique de l'armée française sera d'occuper le Palais de justice où siégeait le "Soviet de Strasbourg". La troupe s'empare des usines, les décrets sociaux sont annulés, les salaires ramenés à leur niveau de septembre 1918, les "agitateurs" sont expulsés. On choisit les sous-préfets parmi les officiers, des commissions de contrôle de la population, présidées par un officier du 2e Bureau sont mises en place.
Il en sera de même dans toutes les villes des deux provinces perdues en 1870. Car le Soviet de Strasbourg n'a pas été une création unique: le premier Conseil a vu le jour à Haguenau, le 9 novembre suivi dans la soirée par Mulhouse. A Saverne les soldats se mutinent, comme à Sélestat. A Colmar le Conseil siège à la mairie, et le futur Feldmaréchal Rommel viendra s'y plaindre des vexations dont sont victime ses officiers! Partout sur le front des Vosges on fraternise, on manifeste, drapeaux rouges en tête. En Lorraine, les nombreux immigrés italiens se joignent au mouvement. A Metz, le Conseil siège à l'hôtel de ville sur lequel flotte un drapeau turc dont on a passé le croissant au minium... Des Conseils prennent les usines en charge, on occupe les mines, comme à Knutange. A Algrange, Hagondange, Rombas, les grèves éclatent. A Thionville c'est un acteur, Seelow, qui dirige le conseil, un aumônier militaire à Sarrebourg, un pasteur à Neuf-Brisach...
Un jour que j'évoquais cette épopée et le nom de cette ville de garnison, Neuf- Brisach, mon ami Rémy Fisch, délégué mineur des potasses d'Alsace, m'a interrompu.
- Neuf-Brisach! Maintenant, je comprends mieux ce que me racontait mon père... Il nous disait des choses bizarres, lors des banquets familiaux, mais tout le monde se moquait de lui... Il parlait des soviets et chantait une chanson, "Hop là", en faisant valser les chapeaux, les casquettes...
Je l'ai suivi à Soultz, sur laquelle veille la masse imposante des collines du Vieil Armand et il m'a traduit les paroles de Joseph Fisch (voir le document) qui, toute sa vie, ne s'est exprimé qu'en alsacien et en allemand:
(Si vous voulez lire la suite de ce très intéressant reportage, cliquez sur les liens, car les droits de reproduction sont interdits....)
lundi 2 août 2004
le 1er août 1944 , "L' Insurrection du Ghetto de Varsovie" ???? Voir : écrit en 1955
http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html
6/7
le 1er août 1944 , "L' Insurrection du Ghetto de Varsovie" ???? Voir : écrit en 1955
Je publie progressivement pour tenter de lever un peu le brouillard entretenu par les services de propagande anti-soviétiques occidentaux .
RoRo
Toujours du nouveau sur :
http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
http://irakoccupe.blogspot.com/
http://cubasocialiste.blogspot.com/
(et Amérique latine)
http://eurodictature.blogspot.com/
http://lameriquelibre.blogspot.com/
Le 21 septembre 1939, Reinhardt Heydrich, chef de la police de sécurité du Ille Reich, adressa à tous les responsables de la police de sécurité le télégramme dit « Schnellbrief» où il était question de la population juive des pays occupés. On y parlait d'un « but final» à atteindre et des voies et moyens qui permettraient d'y parvenir. C'était la condamnation à mort de la population juive: un grand nombre de ses'membres, était-il dit dans le télégramme, font partie d'organisations terroristes; il faudra donc la rassembler dans des ghettos qu'on installera dans des villes ou à proximité de villes desserviespar le chemin de fer; cette concentration de la population juive facilitera son extermination.Il faut dire qu'à l'époque où Heydrich transmettait ses instructions secrètes, les cercles dirigeants duIlle Reich avaient envisagé divers projets relatifs à la manière d'anéantir lesjuifs dans leur totalité. Bien avant l'agression contre la Pologne, ils avaient pensé reléuer les juifs d'Europe à Madagascar dont ils semblaient attendre beaucoup du climat. Ce projet avait reçu l'approbation de la sanacja 1. Les 12 et 25 juillet 1940, le gouverneur général Frank précisait en effet que les Juifs polonais devraient être déportés dans la grande Ile.Mais ce projet ne put être réalisé. On s'en tint donc aux moyens indiqués dans le télégramme d'Heydrich.L 'heure de l'agression contre l'Union soviétique approchait. Le commandement suprême de la Wehrmacht avait le souci de protéger ses arrières. Keitel exigea que les Juifs fussent sans délai expulsés de Varsovie. En avril 1941, il visita la capitale de la Pologne en compagnie de Frank. Peu de temps après, l'entreprise d'anéantissement entra en action. Dès le mois de juillet 1941, elle fonctionna à plein.En octobre 1941. un assassinat massif de Juifs eut lieu dans les forêts du district de Konin.En décembre1941, à Chelmno, à douze kilomètres de Kolo, la première usine de mort connut déjà une grande activité: on y gaza les condamnésdu pays de la Warta; de décembre1941 à avril 1942, 40.000 Juifs et Gitans y trouvèrent la mort.Le 16 décembre1941, à Cracovie, à la réunion des « gouverneurs» du Gouvernement général, Frankdéclara au nom du Führer : « Tout ce que j'ai à attendre des Juifs, c'est qu'ils disparaissent.» Il recommanda aux membres de son auditoire de savoir être cruels, d'ignorer la pitié et la compassion.Le 20 janvier 1942, à Berlin. dans les locaux de la police de sécurité (R.S.H.A.), se tint une conférence àlaquelle participèrent les représentantsde la direction du parti nazi, ceux de la Chancellerie du Reich. duMinistère de la Justice, de la police de sécurité du Gouvernement général, du Ministère de l'Intérieur, de la
1. Sanacja : nom de la clique de Pilsudski qui se targuait « d'assainir» la vie politique du pays par là suppression du régime des partis.
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1955, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est encore un travail de longue haleine.
Merci ! RoRo
02 août 2004)
- mise à jour du 02 août 2004
(roger.romain@skynet.be)
6/7
le 1er août 1944 , "L' Insurrection du Ghetto de Varsovie" ???? Voir : écrit en 1955
Je publie progressivement pour tenter de lever un peu le brouillard entretenu par les services de propagande anti-soviétiques occidentaux .
RoRo
Toujours du nouveau sur :
http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
http://irakoccupe.blogspot.com/
http://cubasocialiste.blogspot.com/
(et Amérique latine)
http://eurodictature.blogspot.com/
http://lameriquelibre.blogspot.com/
Le 21 septembre 1939, Reinhardt Heydrich, chef de la police de sécurité du Ille Reich, adressa à tous les responsables de la police de sécurité le télégramme dit « Schnellbrief» où il était question de la population juive des pays occupés. On y parlait d'un « but final» à atteindre et des voies et moyens qui permettraient d'y parvenir. C'était la condamnation à mort de la population juive: un grand nombre de ses'membres, était-il dit dans le télégramme, font partie d'organisations terroristes; il faudra donc la rassembler dans des ghettos qu'on installera dans des villes ou à proximité de villes desserviespar le chemin de fer; cette concentration de la population juive facilitera son extermination.Il faut dire qu'à l'époque où Heydrich transmettait ses instructions secrètes, les cercles dirigeants duIlle Reich avaient envisagé divers projets relatifs à la manière d'anéantir lesjuifs dans leur totalité. Bien avant l'agression contre la Pologne, ils avaient pensé reléuer les juifs d'Europe à Madagascar dont ils semblaient attendre beaucoup du climat. Ce projet avait reçu l'approbation de la sanacja 1. Les 12 et 25 juillet 1940, le gouverneur général Frank précisait en effet que les Juifs polonais devraient être déportés dans la grande Ile.Mais ce projet ne put être réalisé. On s'en tint donc aux moyens indiqués dans le télégramme d'Heydrich.L 'heure de l'agression contre l'Union soviétique approchait. Le commandement suprême de la Wehrmacht avait le souci de protéger ses arrières. Keitel exigea que les Juifs fussent sans délai expulsés de Varsovie. En avril 1941, il visita la capitale de la Pologne en compagnie de Frank. Peu de temps après, l'entreprise d'anéantissement entra en action. Dès le mois de juillet 1941, elle fonctionna à plein.En octobre 1941. un assassinat massif de Juifs eut lieu dans les forêts du district de Konin.En décembre1941, à Chelmno, à douze kilomètres de Kolo, la première usine de mort connut déjà une grande activité: on y gaza les condamnésdu pays de la Warta; de décembre1941 à avril 1942, 40.000 Juifs et Gitans y trouvèrent la mort.Le 16 décembre1941, à Cracovie, à la réunion des « gouverneurs» du Gouvernement général, Frankdéclara au nom du Führer : « Tout ce que j'ai à attendre des Juifs, c'est qu'ils disparaissent.» Il recommanda aux membres de son auditoire de savoir être cruels, d'ignorer la pitié et la compassion.Le 20 janvier 1942, à Berlin. dans les locaux de la police de sécurité (R.S.H.A.), se tint une conférence àlaquelle participèrent les représentantsde la direction du parti nazi, ceux de la Chancellerie du Reich. duMinistère de la Justice, de la police de sécurité du Gouvernement général, du Ministère de l'Intérieur, de la
1. Sanacja : nom de la clique de Pilsudski qui se targuait « d'assainir» la vie politique du pays par là suppression du régime des partis.
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1955, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est encore un travail de longue haleine.
Merci ! RoRo
02 août 2004)
- mise à jour du 02 août 2004
(roger.romain@skynet.be)
vendredi 30 juillet 2004
BELGIQUE : 8 août 1956 : la catastrophe minière du Bois du Cazier : 262 victimes de l' exploitation des patrons charbonniers
http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html
BELGIQUE : le 8 août 1956 : 262 ouvriers-mineurs périssaient aux charbonnages du Bois du Cazier à MARCINELLE, victimes de l' exploitation des patrons charbonniers ...
http://users.skynet.be/roger.romain/COURCELLES_Bascoup.htm, en hommage aux ouvriers-mineurs du Pays-Noir et d' ailleurs.
L' autre grande catastrophe minière : le Bois du Cazier à Marcinelle, le 8 août 1956
http://www.leboisducazier.be/
RoRo
Toujours du nouveau sur :
http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
http://irakoccupe.blogspot.com/
http://cubasocialiste.blogspot.com/
(et Amérique latine)http://eurodictature.blogspot.com/
http://lameriquelibre.blogspot.com/
BELGIQUE : le 8 août 1956 : 262 ouvriers-mineurs périssaient aux charbonnages du Bois du Cazier à MARCINELLE, victimes de l' exploitation des patrons charbonniers ...
http://users.skynet.be/roger.romain/COURCELLES_Bascoup.htm, en hommage aux ouvriers-mineurs du Pays-Noir et d' ailleurs.
L' autre grande catastrophe minière : le Bois du Cazier à Marcinelle, le 8 août 1956
http://www.leboisducazier.be/
RoRo
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jeudi 29 juillet 2004
17-18 Aux U$A : Pour ceux qui se souviennent : En 1952, déjà (I) : "La guerre des Mercenaires" ... Qu' est-ce qui a changé depuis 52 ans ???
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Toujours du nouveau sur : http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
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17/18 Aux U$A : Pour ceux qui se souviennent : En 1952, déjà (I) : "La guerre des Mercenaires" ... Qu' est-ce qui a changé depuis 52 ans ???
En 1952, déjà : "La guerre des Mercenaires" ... (les parties soulignées en gras le sont par RoRo)
En cette année 1952, et sous ce titre, paraissait déjà cet ouvrage de Renaud DE JOUVENEL: en voici quelques extraits :
I. Le Pays de la Barbarie :
La barbarie a désormais élu domicile légal aux Etats-Unis. Jamais, en aucun pays, la barbarie n' a été, à ce point, le fondement de la doctrine d' une société et de ses gouvernements en tous leurs actes intérieurs et extérieurs. Jamais, non plus, le monde n' a été menacé par la destruction totale comme il l' est aujourd' hui, du fait de la barbarie morale, intellectuelle et matérielle du régime social américain.
Nous sommes loin des soldats de Washington libérant leur patrie du joug de l' Empire britannique; d' Abraham Lincoln, Président élu, libérant les Noirs de l 'esclavage; de ces pionniers du syndicalisme fêtant, en 1886, le premier Premier Mai, fête des travailleurs ayant gagné leur première bataille des huit heures; et du temps où les Etats-Unis accueillaient les émigrés de toute l' Europe asservie et en faisaient des hommes libres.
Seule une histoire réaliste des Etats-Unis pourrait nous expliquer, en détail, comment le développement forcené du capitalisme est parvenu si rapidement à y étouffer l' appétit de liberté des hommes, à le canaliser dans la voie unique, à y donner racine à ce mythe de la "liberté d' entreprise", qui sous-entend (page 7) la liberté de réduire en esclavage et de tuer. Mais, il nous faut bien le constater.
L' impérialisme à son dernier stade, le stade de pourrissement et de destruction de l' homme, de démagogie mensongère en tant que moyen d' aveuglement des masses et d'organisation du terrorisme à l' échelle mondiale, a vraiment produit là son plus bel enfant. Fils de l' hitlérisme et de Wall-Street, il a, pour blason, la bombe atomique.; pour morale, celle du plus fort en meurtres et, pour servants, la cohorte des valets et des traîtres dont tout l' honneur est de vendre leur patrie contre un emploi de mercenaire.
On a beaucoup parlé de la civilisation américaine, mais qu'est-ce et où est-elle? La civilisation ne se limite pas à l' usage, par certains, de la baignoire, du téléphone et de l' automobile ! On la mesure, croyons-nous, au niveau de vie général d' une nation ! Alors, regardons un peu ce qu' il en est de la société américaine.
Les 150 millions d' habitants de ce territoire sont soumis à la dictature de quelque 80 trusts tout-puissants, c' est-à-dire à un gang de quelque mille personnes. Le pouvoir réel n'est pas exercé par un gouvernement mais bien, à travers un gouvernement, par un groupe représentant les magnats les plus puissants : le N.A.M. ou Association Nationale des Industriels. C'est celui-ci qui finance les partis politiques, les banques, la radio, le cinéma, la presse, c'est - à - dire toute la vie économique du pays, et qui utilise les maffias de gangsters pour régler certains problèmes aux échelons inférieurs.
Pendant la guerre, ces industriels américains (Du Pont, Morgan, Rockefeller, Mellon, etc...) ont financé les organisations nazies établies sur le sol américain (Le procès engagé contre celles-ci par l' administration Roosevelt fût, ensuite étouffé). Ils avaient aidé Hitler à parvenir au pouvoir et, aujourd'hui, ils aident activement à la renaissance du militarisme allemand.
Ils financent les diverses organisations anti-ouvrière (page 8) qui, sous forme d' agences de police privée, se chargent de la lutte anti-syndicale, des provocations antiouvrière, de la surveillancde des "agitateurs" et, si nécessaire, de l' assassinat des dirigeants ouvriers fidèles à la classe ouvrière. De là vient aussi le pourrissement des cercles dirigeants du syndicalisme.
Toute la vie économique et politique du pays se trouve entre les mains du grand capital, grâce aux huit grandes banques américaines, de même que l' opinion se trouve contrôlée par les grands trusts de la presse qui sont, à leur tour, maîtres des trois quarts des postes de radio.
* * * * *
La constitution fédérale des Etats - Unis a, par ailleurs, pour effet, une fragmentation du pouvoir qui facilite, aux hommes politiques locaux, gouverneurs, sénateurs, juges et policiers (juges et policiers étant élus), l' exercice d' une dictature à l' échelle de chaque États et, en retour, place ses fascistes locaux à la solde des puissances financières locales et nationales.
Le général américain H.C. Holdrige a écrit: "Nous sommes en présence du fait qu'on a créé, aux Etats - Unis, dans le cadre de notre démocratie constitutionnelle, un État secret, illégal, au sein de l' État légal... Les maîtres financiers du pays contrôlent les chefs de nos forces armées, chefs qui ont trahi le peuple pour devenir des mercenaires à la solde de la dictature financière et de ses collaborateurs... Nos chefs militaires sont aveuglés à tel point qu' ils tourneront les armes contre les citoyens insurgés des Etats - Unis avec autant d' empressement qu' ils le font contre les pays étrangers" (c' est nous qui soulignons) (page 9).
Dewey, Gouverneur de New - York et candidat républicain, et Truman lui - même, sont les élus de groupes de gangsters, successeurs de Al Capone. Truman est l' élu d' un gang appelé "la machine Pendergast, du nom de son patron, et il reçut à la Maison Blanche, jusqu' au jour de sa mort brutale, le gangster Binaggio qui avait trempé dans plus de quinze affaires criminelles célèbres. Tout ceci peut étonner les Français mais n' étonne plus depuis longtemps les Américains, qui se sont faits aux moeurs et à l' état social imposé par les trusts et leurs agents d' exécution des gangs.
Le crime étant un moyen de gouvernement, il en découle que le pays est celui de la plus forte criminalité : "un crime majeur toutes les 18 secondes", selon le rapport du Bureau fédéral d' Investigation (F.B.I.) de 1948.
Tout récemment encore, le rapport du Sénateur Kéfauver démontrait la collusion intime établie entres les gangs et les politiciens. Le sénateur écrit: "Ce que j' ai vu et appris m' a effaré... L' Amérique est presque arrivée au point de saturation de la corruption politique qui risque de nous entraîner tous à la ruine. Jusqu' à quel point l' Amérique peut - elle rester corrompue et survivre ?".
Le rapport Kefauver expose que deux gagngs principaux : la bande Gusik et la bande Adonis-Lansky-Costello se partagent à peu près les États - Unis. "Entre ces deux groupes et d' autres bandes similaires, le lien est assuré par la "Maffia", vaste organisation internationale... Aux Etats - Unis, la Maffria compterait 800 membres, chargés plus spécialement des basses besognes d' exécution car, bien entendu, les "grands patrons", comme Costello et Gusik, répugnent à ce travail ingrat et dangereux ...". (Henri Pierre, le Monde, 11-5-51). La corruption "s' exerce à tous les échelons, de la municipalité au gouvernement, du simple flic au chef de police" (Idem).
Le Maire de New-York, O'Dwyer, a dû admettre (page 10) qu' il avait protégé les entreprises du gang et même que ce dernier l' avait aidé à devenir maire.
"Le milieu américain possédait ses propres tribunaux et toute infraction à ses lois était punie de mort: ceux qui exécutaient la sentence recevaient en récompense, des "concessions" sur des appareils à sous, des "droits" sur les revenus des maisons closes clandestines ou des intérêts dans d' autres entreprises lucratives et illégales" (Monde, 21-3-51).
* * * * *
Le fascisme n' est plus une tendance, une menace, mais une réalité sociale de fait.
Devant l' éventualité d' une crise et l' augmentation du chômage (il y avait, aux Etats-Unis, en 1948, huit millions de chômeurs totaux et quatorze millions de chômeurs partiels), l' accentuation du fascisme et la course aux armements sont devenues des nécessités pour le capitalisme impérialiste.
Afin de décapiter la résistance au fascisme, on a intenté un procès institutionnel aux dirigeants du Parti Communiste américain et on les a jetés en prison. On intente d' autres procès, tout aussi illégaux, à des écrivains et à des cinéastes, afin de semer la terreur. La délation devient monnaie courante et l' on dénonce à la police, au patron, au voisin celui que l' on soupçonne d' être communiste ou de fréquenter des communistes, crime tout aussi grave. Le fait d' être soupçonné est suffisant pour vous mener en prison : à vous de faire la preuve que vous êtes innocent. Ce sont des gangsters politiques, compromis dans des scandales, qui dirigent les débats des commissions des activités non américaines, tels ce Parnell Thomas qu' on fût contraint de mettre un moment en prison. Ces commissions sont illégales et, cependant leurs décisions sont considérées comme (page 11) preuve d' enquête et servent à emprisonner tout coupable de non - américanisme, c' est - à - dire de non - obéissance aux lois des trusts. La peur s' installe dans chaque demeure. Le F.B.I. décrète la mise en quarantaine des communistes sortis de prison, tel le grand écrivain Horward Fast. Ainsi la crainte et la suspicion s' instaurent - elles, chacun pouvant redouter qu' une accusation de crypto - communisme vienne l' enlever aux siens.
A toutes fins utiles, le Bureau Fédéral d' Investigations poursuit sa tâche principale qui est d' établir des fiches de polices pour tout citoyen américain et il se vante d' en posséder déjà dix - huit millions.
Le syndicalisme est miné par la police des trusts. La plupart des grands dirigeants syndicaux ont trahi la cause de la classe ouvrière, dont ils avaient toujours cherché à entraver les mouvements, à saboter les revendications et à diviser les efforts en calomniant tout syndicat prenant au sérieux les revendications de ses adhérents. Les communistes sont chassés des organisations syndicales en dépit du fait qu' ils ont été élus par les masses. La loi Mundt-Carrey, votée en octobre 1950, va plus loin encore : elle prescrit l' enregistrement obligatoire des communistes et "autres membres d' organisations subversives" et prévoit la création de camps de concentration pour les y enfermer. Le mot "camp de concentration" est spécifiquement employé. Il est vrai qu' il n' est pas nouveau et que les Anglais ont, les premiers, tenté l' expérience, en Afrique du Sud, au temps de la Guerre des Boërs. Si les communistes ont refusé de se déclarer, il n' en reste pas moins que l' administration annonce avoir déjà établi une liste de 14.000 noms de personnes suspectes et que les camps de concentration ont été établis et installés (page 12).
* * * * *
Dans cette belle démocratie, 40 à 50 % de l' électorat ne vote pas : ce n' est pas par indifférence, mais par impossibilité. En effet, le système électoral restrictif interdit le vote non seulement aux noirs pauvres mais aussi aux blancs incapables de payer une "taxe" électorale. Ces restrictions sont pratiquées dans 19 États. Ainsi dans les États où la population noire majoritaire où, de plus, les menaces, le chantage et la persécution raciale se donnent libre cours, la masse de la population n' a pas le droit de vote. Dans le Mississipi, où la population noire est de 50%, les votants ne sont que 15% de la masse électorale et, dans la Caroline du Sud, où les noirs sont 40%, l' électorat n'est que de 10,4 %.
Les assassinats perpétrés par le Ku - Klux - Klan se comptent par centaines. La plupart restent impunis. Mieux les meurtriers sont protégés. Par contre, il n' est pas de mois où les noirs ne se trouvent impliqués dans quelque procès, monté de toutes pièces pour exciter les blancs au racisme.
On connaît le meurtre légal de l' innocent Mac Ghee, des Sept de Martinsville, le procès des Six Noirs de Trenton et tant d' autres, mais combien de noirs ont ainsi péri depuis la célère affaire de Scottsboro ? Les tenants du mode de vie américain s' élèvent - ils contre ce génocide intérieur? Non, et le sénateur fasciste Bilbo, de l' Etat de Georgie s' en est vanté en disant: "L' égalité n' a été en aucun temps ni en aucun lieu reconnu aux nègres... si ce n' est dans les codes".
Les États - Unis sont d' ailleurs, avec l' Afrique du Sud, le seul pays où les noirs soient parqués dans des quartiers spéciaux, à New - York, comme à Chicago et ailleurs, tout comme il existe partout des quartiers de Porto - Ricains, de Chinois, etc... (page 13).
Le racisme américain s' exerce aussi contre les juifs: dans nombre de villes on rencontre, dans les quartiers résidentiels, des maisons sur lesquelles on peut lire l' annonce «Non-Gentils s' abstenir». Ce terme de « Gentils », pour biblique qu' il soit, n' en exprime pas moins, en clair, que les juifs ne sont pas admis à habiter cette maison. Quel autre pays, en dehors de l' Allemagne hitlérienne, a jamais enregistré un antisémitisme aussi officiel ?
Les avocats du mode de vie américain cachent avec soin les conditions de vie réelles du peuple américain. En fait, plus de six millions de familles (soit 21 % de la population) ont un revenu inférieur d' au moins un tiers au minimum vital reconnu par le Sénat américain. Les conditions de vie de la paysannerie sont parmi les plus atroces. La reconcentration des terres entre les mains de « fermes commerciales» à gros capitaux et l' exploitation éhontée du paysan pauvre ont jeté une partie importante de la paysannerie dans une misère constante. C' est ainsi que, sur plus de neuf millions de travailleurs agricoles, un million d' entre eux ont un niveau de vie égal à celui des Chinois sous le régime féodal de Tchang Ka'i Chek ; cinquante pour cent des fermes sont considérées, par l' économie américaine, comme autarciques, c' est - à - dire ne fournissant pas, ensemble, 15 % du marché.
On ne saurait s' étonner, en conséquence, que le nombre d' ouvriers agricoles ou de fermiers dépossédés, réduits à l' état de «nomades», qui vont à la recherche de travail des vallées fruitières aux régions à blé, soit de l' ordre de 1.500.000 (familles comprises). Steinbeck a fort bien décrit ces hordes affamées dans Les Raisins de.la Colère et il est regrettable qu' il se soit borné, ensuite, à des récits où la misère n' est plus qu' une toile de fond sur laquelle se meuvent des êtres, à peine humains, qui se complaisent dans leur malheur et leur prétendue inconscience. (page 14)
* * * * * .
Quant à l'éducation américaine, il y aurait beaucoup à en écrire. Le chef des G. Men, Edgard Hoover, a publié un livre dans lequel il expose tous les dessous des divers gangstérismes, en particulier ceux de la prostitution, même enfantine, et le célèbre Kinsey a donné, dans son rapport sur Le Comportement sexuel de l' Homme, des renseignements suffisants sur la dégénérescence américaine. Si l' on ajoute à ces sources les renseignements que l' on peut trouver dans tous les romans américains, on en déduira que la perversité est l' apanage des classes dirigeantes américaines et qu' elles s' y complaisent bien plus sûrement que les héros de Steinbeck dans la misère qui leur est imposée. Signe particulier de cette dégénérescence évidente, les États - Unis sont le pays statistiquement le plus riche en fous et en débiles mentaux.Il est pertinemment connu que les lieux, où la perversité sexuelle se donne le plus librement cours, sont les Universités. Si nous n' y voyons pas un effet uniquement de ce que celles - ci soient dirigées par des militaires (1), nous y constaterons les résultats de l' oppression grandissante d' une société fasciste pourrie sur l' esprit. Il est logique que cet état de choses empire à raison des mesures prises contre les enseignants progressistes, désormais soumis à un contrôle policer dans 34 États.Cette année, un nombre considérable d' enfants américains ira grossir l' armée des vingt millions d' illettrés qui existe actuellement aux Etats - Unis ", écrit United States News and World Report (9-9-49)(page 15) et les revues de l' enseignement constatent, chez les élèves, une ignorance de plus en plus grande, une délibilité mentale et une bestialité accrues. Sans doute est - ce parce que l' enseignement enhonneur est, lui - même, raciste. Il exalte la supériorité de l' « homme anglo-saxon » - lequel a tout del' aryen blond - sur les peuples de Russie et d' Orient (Warren), la haine en tant que sentiment, naturel (Dewey) et l' art de tuer », comme le dit le pédagogue Fitzpatrick qui parlant de la préparation militaire à l' Université, la qualifie admirativement de « enseignement de l' art de tuer, sans qu' il importe de savoir si vous êtes un savant, un administrateur ou un militaire».Bien entendu, ce nouveau Rosenbergisme s' accompagne de mesures fascistes contre la littérature, lesmanuels d' histoire ou de philosophie et des écrivains tels que Mark Twain et Howard Fast se trouvent mis à l' index.
* * * * * *
Si les conditions actuelles de la prise de conscience des masses poussent les dirigeants capitalistes à accentuer l' emprise du fascisme, elles les poussent, parallèlement, au développement de leur impérialisme, qui tend à l' hégémonie mondiale; mais il ne faut pas oublier que cet impérialisme n' est pas chose nouvelle.Sans en faire l' historique, rappelons que la doctrine Monroe était, déjà, elle - même, une doctrine impérialiste. Aucune autre nécessité que celles propres au capitalisme (ni même la doctrine Monroe de justification de l' intervention sur le continent américain) n' a commandé aux Américains de s' emparer par la force de territoires appartenant au Mexique, (Texas, Nouveau - Mexique, Colorado) en y massacrant, par milliers, les populations indiennes, aujourd' hui parquées dans des « réserves », camps (page 16) de concentration tenant du jardin zoologique, où la race indienne se meurt. Les États - Unis ont, successivement et toujours sous couleur d' aide à l' indépendance des nations, occupé et transformé en colonies: Les Philippines, Porto - Rico, la zone du canal de Panama (après avoirfomenté la création de l' État de Panama, autrefois partie intégrante de la Colombie), Cuba, Haïti, etc...Partout, ils ont installé des gouvernements à leur solde contre lesquels le peuple s' est dressé et luttedepuis des dizaines d' années. Quand les capitalistes nord - américains se trouvent en difficultés au Nicaragua, au Vénézuela ou ailleurs, ils suscitent une révolution qui amène au pouvoir des hommes à eux, empressés à conclure des traités de commerce profitables aux États-Unis que viennent, ensuite, compléter des traités d' asservissement plus complets. Et, quand ils se trouvent évincés, comme au Mexique, où ils ne purent empêcher la nationalisation du pétrole, ils dépensent ce qu' il faut pour rétablir la situation quelques années plus tard. La doctrine des États - Unis est donc essentiellement impérialiste et nous savons que cet impérialisme ne reculerait devant aucun crime, si nous lui laissions les moyens de poursuivre ses buts. A l' heure où les cercles dirigeants de ce pays préparent une guerre d' agression qui serait, sansnul doute, la plus dévastatrice que le monde ait connue, il nous semble que le problème de la responsabilité collective du peuple américain devant les autres peuples risque de se poser, comme ce fûtle cas pour l' Allemagne de Hitler, organisatrice d' une guerre monstrueuse.
(1) Le Général Eisenhower, aujourd' hui candidat à la Présidence du pays est Président de l' Université de Columbia.C'est à ce titre qu' il écrivait au professeur Coleman: "Si je découvre que le titulaire d'une chaire tente de faire pénétrer dans notre Université une philosophie contraire à notre système américain de gouvernement, la révocation sera prononcée". Rien d'étonnant à ce qu' il ait ensuite déclaré aux élèves : "Vous êtes tous, pour moi, des soldats". (page 17) II
L' EMPIRE MONDIAL ET SES CHEVALIERS ATOMIQUES
Quand le Président Truman déclarait, en 1948, à Waco (Texas) : « Nous sommes les géants du monde. Nous pouvons imposer la paix ou la guerre économique», il énonçait un des principes de la doctrine de suprématie mondiale de Wal l- Street. "Dieu a choisi le peuple américain pour conduire finalement le monde à sa régénération», profère le Sénateur Beveridge. Depuis lors, cette doctrine a été mise en pratique et son application poursuivie sans relâche et sans considérations d'aucune sorte: ni pour le droit des peuples à disposer d' eux - mêmes, ni pour l' indépendance des nations, ni pour la vie des êtres humains. A ce nouveau «Gott mit uns", il fallait un théoricien : ce fût M. James Burnham qui se chargea de préciser la fin et les moyem de cette volonté d' hégémonie: J' entends par Empire Mondial,écrit - il, un«état... dont le pouvoir politique dominera le monde, pouvoir imposé en partie par la coercition.". On n' est pas plus clair: la force sera employée. Le terme de Empire Mondial" pouvant sonner mal aux oreilles de certains, M. Burnham explique que l' on se servira de termes "plus acceptables", tels que, nommément, «Fédération Mondiale...» ou même « Nations Unies». A - t - on besoin de plus d' éclaircissements? (page 18).
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1952, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est un travail de longue haleine.
Merci !
RoRo
31 mai 2004)
- mise à jour du 29 juillet 2004
(roger.romain@skynet.be)
Toujours du nouveau sur : http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
http://irakoccupe.blogspot.com/
http://cubasocialiste.blogspot.com/
(et Amérique latine)
http://eurodictature.blogspot.com/
17/18 Aux U$A : Pour ceux qui se souviennent : En 1952, déjà (I) : "La guerre des Mercenaires" ... Qu' est-ce qui a changé depuis 52 ans ???
En 1952, déjà : "La guerre des Mercenaires" ... (les parties soulignées en gras le sont par RoRo)
En cette année 1952, et sous ce titre, paraissait déjà cet ouvrage de Renaud DE JOUVENEL: en voici quelques extraits :
I. Le Pays de la Barbarie :
La barbarie a désormais élu domicile légal aux Etats-Unis. Jamais, en aucun pays, la barbarie n' a été, à ce point, le fondement de la doctrine d' une société et de ses gouvernements en tous leurs actes intérieurs et extérieurs. Jamais, non plus, le monde n' a été menacé par la destruction totale comme il l' est aujourd' hui, du fait de la barbarie morale, intellectuelle et matérielle du régime social américain.
Nous sommes loin des soldats de Washington libérant leur patrie du joug de l' Empire britannique; d' Abraham Lincoln, Président élu, libérant les Noirs de l 'esclavage; de ces pionniers du syndicalisme fêtant, en 1886, le premier Premier Mai, fête des travailleurs ayant gagné leur première bataille des huit heures; et du temps où les Etats-Unis accueillaient les émigrés de toute l' Europe asservie et en faisaient des hommes libres.
Seule une histoire réaliste des Etats-Unis pourrait nous expliquer, en détail, comment le développement forcené du capitalisme est parvenu si rapidement à y étouffer l' appétit de liberté des hommes, à le canaliser dans la voie unique, à y donner racine à ce mythe de la "liberté d' entreprise", qui sous-entend (page 7) la liberté de réduire en esclavage et de tuer. Mais, il nous faut bien le constater.
L' impérialisme à son dernier stade, le stade de pourrissement et de destruction de l' homme, de démagogie mensongère en tant que moyen d' aveuglement des masses et d'organisation du terrorisme à l' échelle mondiale, a vraiment produit là son plus bel enfant. Fils de l' hitlérisme et de Wall-Street, il a, pour blason, la bombe atomique.; pour morale, celle du plus fort en meurtres et, pour servants, la cohorte des valets et des traîtres dont tout l' honneur est de vendre leur patrie contre un emploi de mercenaire.
On a beaucoup parlé de la civilisation américaine, mais qu'est-ce et où est-elle? La civilisation ne se limite pas à l' usage, par certains, de la baignoire, du téléphone et de l' automobile ! On la mesure, croyons-nous, au niveau de vie général d' une nation ! Alors, regardons un peu ce qu' il en est de la société américaine.
Les 150 millions d' habitants de ce territoire sont soumis à la dictature de quelque 80 trusts tout-puissants, c' est-à-dire à un gang de quelque mille personnes. Le pouvoir réel n'est pas exercé par un gouvernement mais bien, à travers un gouvernement, par un groupe représentant les magnats les plus puissants : le N.A.M. ou Association Nationale des Industriels. C'est celui-ci qui finance les partis politiques, les banques, la radio, le cinéma, la presse, c'est - à - dire toute la vie économique du pays, et qui utilise les maffias de gangsters pour régler certains problèmes aux échelons inférieurs.
Pendant la guerre, ces industriels américains (Du Pont, Morgan, Rockefeller, Mellon, etc...) ont financé les organisations nazies établies sur le sol américain (Le procès engagé contre celles-ci par l' administration Roosevelt fût, ensuite étouffé). Ils avaient aidé Hitler à parvenir au pouvoir et, aujourd'hui, ils aident activement à la renaissance du militarisme allemand.
Ils financent les diverses organisations anti-ouvrière (page 8) qui, sous forme d' agences de police privée, se chargent de la lutte anti-syndicale, des provocations antiouvrière, de la surveillancde des "agitateurs" et, si nécessaire, de l' assassinat des dirigeants ouvriers fidèles à la classe ouvrière. De là vient aussi le pourrissement des cercles dirigeants du syndicalisme.
Toute la vie économique et politique du pays se trouve entre les mains du grand capital, grâce aux huit grandes banques américaines, de même que l' opinion se trouve contrôlée par les grands trusts de la presse qui sont, à leur tour, maîtres des trois quarts des postes de radio.
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La constitution fédérale des Etats - Unis a, par ailleurs, pour effet, une fragmentation du pouvoir qui facilite, aux hommes politiques locaux, gouverneurs, sénateurs, juges et policiers (juges et policiers étant élus), l' exercice d' une dictature à l' échelle de chaque États et, en retour, place ses fascistes locaux à la solde des puissances financières locales et nationales.
Le général américain H.C. Holdrige a écrit: "Nous sommes en présence du fait qu'on a créé, aux Etats - Unis, dans le cadre de notre démocratie constitutionnelle, un État secret, illégal, au sein de l' État légal... Les maîtres financiers du pays contrôlent les chefs de nos forces armées, chefs qui ont trahi le peuple pour devenir des mercenaires à la solde de la dictature financière et de ses collaborateurs... Nos chefs militaires sont aveuglés à tel point qu' ils tourneront les armes contre les citoyens insurgés des Etats - Unis avec autant d' empressement qu' ils le font contre les pays étrangers" (c' est nous qui soulignons) (page 9).
Dewey, Gouverneur de New - York et candidat républicain, et Truman lui - même, sont les élus de groupes de gangsters, successeurs de Al Capone. Truman est l' élu d' un gang appelé "la machine Pendergast, du nom de son patron, et il reçut à la Maison Blanche, jusqu' au jour de sa mort brutale, le gangster Binaggio qui avait trempé dans plus de quinze affaires criminelles célèbres. Tout ceci peut étonner les Français mais n' étonne plus depuis longtemps les Américains, qui se sont faits aux moeurs et à l' état social imposé par les trusts et leurs agents d' exécution des gangs.
Le crime étant un moyen de gouvernement, il en découle que le pays est celui de la plus forte criminalité : "un crime majeur toutes les 18 secondes", selon le rapport du Bureau fédéral d' Investigation (F.B.I.) de 1948.
Tout récemment encore, le rapport du Sénateur Kéfauver démontrait la collusion intime établie entres les gangs et les politiciens. Le sénateur écrit: "Ce que j' ai vu et appris m' a effaré... L' Amérique est presque arrivée au point de saturation de la corruption politique qui risque de nous entraîner tous à la ruine. Jusqu' à quel point l' Amérique peut - elle rester corrompue et survivre ?".
Le rapport Kefauver expose que deux gagngs principaux : la bande Gusik et la bande Adonis-Lansky-Costello se partagent à peu près les États - Unis. "Entre ces deux groupes et d' autres bandes similaires, le lien est assuré par la "Maffia", vaste organisation internationale... Aux Etats - Unis, la Maffria compterait 800 membres, chargés plus spécialement des basses besognes d' exécution car, bien entendu, les "grands patrons", comme Costello et Gusik, répugnent à ce travail ingrat et dangereux ...". (Henri Pierre, le Monde, 11-5-51). La corruption "s' exerce à tous les échelons, de la municipalité au gouvernement, du simple flic au chef de police" (Idem).
Le Maire de New-York, O'Dwyer, a dû admettre (page 10) qu' il avait protégé les entreprises du gang et même que ce dernier l' avait aidé à devenir maire.
"Le milieu américain possédait ses propres tribunaux et toute infraction à ses lois était punie de mort: ceux qui exécutaient la sentence recevaient en récompense, des "concessions" sur des appareils à sous, des "droits" sur les revenus des maisons closes clandestines ou des intérêts dans d' autres entreprises lucratives et illégales" (Monde, 21-3-51).
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Le fascisme n' est plus une tendance, une menace, mais une réalité sociale de fait.
Devant l' éventualité d' une crise et l' augmentation du chômage (il y avait, aux Etats-Unis, en 1948, huit millions de chômeurs totaux et quatorze millions de chômeurs partiels), l' accentuation du fascisme et la course aux armements sont devenues des nécessités pour le capitalisme impérialiste.
Afin de décapiter la résistance au fascisme, on a intenté un procès institutionnel aux dirigeants du Parti Communiste américain et on les a jetés en prison. On intente d' autres procès, tout aussi illégaux, à des écrivains et à des cinéastes, afin de semer la terreur. La délation devient monnaie courante et l' on dénonce à la police, au patron, au voisin celui que l' on soupçonne d' être communiste ou de fréquenter des communistes, crime tout aussi grave. Le fait d' être soupçonné est suffisant pour vous mener en prison : à vous de faire la preuve que vous êtes innocent. Ce sont des gangsters politiques, compromis dans des scandales, qui dirigent les débats des commissions des activités non américaines, tels ce Parnell Thomas qu' on fût contraint de mettre un moment en prison. Ces commissions sont illégales et, cependant leurs décisions sont considérées comme (page 11) preuve d' enquête et servent à emprisonner tout coupable de non - américanisme, c' est - à - dire de non - obéissance aux lois des trusts. La peur s' installe dans chaque demeure. Le F.B.I. décrète la mise en quarantaine des communistes sortis de prison, tel le grand écrivain Horward Fast. Ainsi la crainte et la suspicion s' instaurent - elles, chacun pouvant redouter qu' une accusation de crypto - communisme vienne l' enlever aux siens.
A toutes fins utiles, le Bureau Fédéral d' Investigations poursuit sa tâche principale qui est d' établir des fiches de polices pour tout citoyen américain et il se vante d' en posséder déjà dix - huit millions.
Le syndicalisme est miné par la police des trusts. La plupart des grands dirigeants syndicaux ont trahi la cause de la classe ouvrière, dont ils avaient toujours cherché à entraver les mouvements, à saboter les revendications et à diviser les efforts en calomniant tout syndicat prenant au sérieux les revendications de ses adhérents. Les communistes sont chassés des organisations syndicales en dépit du fait qu' ils ont été élus par les masses. La loi Mundt-Carrey, votée en octobre 1950, va plus loin encore : elle prescrit l' enregistrement obligatoire des communistes et "autres membres d' organisations subversives" et prévoit la création de camps de concentration pour les y enfermer. Le mot "camp de concentration" est spécifiquement employé. Il est vrai qu' il n' est pas nouveau et que les Anglais ont, les premiers, tenté l' expérience, en Afrique du Sud, au temps de la Guerre des Boërs. Si les communistes ont refusé de se déclarer, il n' en reste pas moins que l' administration annonce avoir déjà établi une liste de 14.000 noms de personnes suspectes et que les camps de concentration ont été établis et installés (page 12).
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Dans cette belle démocratie, 40 à 50 % de l' électorat ne vote pas : ce n' est pas par indifférence, mais par impossibilité. En effet, le système électoral restrictif interdit le vote non seulement aux noirs pauvres mais aussi aux blancs incapables de payer une "taxe" électorale. Ces restrictions sont pratiquées dans 19 États. Ainsi dans les États où la population noire majoritaire où, de plus, les menaces, le chantage et la persécution raciale se donnent libre cours, la masse de la population n' a pas le droit de vote. Dans le Mississipi, où la population noire est de 50%, les votants ne sont que 15% de la masse électorale et, dans la Caroline du Sud, où les noirs sont 40%, l' électorat n'est que de 10,4 %.
Les assassinats perpétrés par le Ku - Klux - Klan se comptent par centaines. La plupart restent impunis. Mieux les meurtriers sont protégés. Par contre, il n' est pas de mois où les noirs ne se trouvent impliqués dans quelque procès, monté de toutes pièces pour exciter les blancs au racisme.
On connaît le meurtre légal de l' innocent Mac Ghee, des Sept de Martinsville, le procès des Six Noirs de Trenton et tant d' autres, mais combien de noirs ont ainsi péri depuis la célère affaire de Scottsboro ? Les tenants du mode de vie américain s' élèvent - ils contre ce génocide intérieur? Non, et le sénateur fasciste Bilbo, de l' Etat de Georgie s' en est vanté en disant: "L' égalité n' a été en aucun temps ni en aucun lieu reconnu aux nègres... si ce n' est dans les codes".
Les États - Unis sont d' ailleurs, avec l' Afrique du Sud, le seul pays où les noirs soient parqués dans des quartiers spéciaux, à New - York, comme à Chicago et ailleurs, tout comme il existe partout des quartiers de Porto - Ricains, de Chinois, etc... (page 13).
Le racisme américain s' exerce aussi contre les juifs: dans nombre de villes on rencontre, dans les quartiers résidentiels, des maisons sur lesquelles on peut lire l' annonce «Non-Gentils s' abstenir». Ce terme de « Gentils », pour biblique qu' il soit, n' en exprime pas moins, en clair, que les juifs ne sont pas admis à habiter cette maison. Quel autre pays, en dehors de l' Allemagne hitlérienne, a jamais enregistré un antisémitisme aussi officiel ?
Les avocats du mode de vie américain cachent avec soin les conditions de vie réelles du peuple américain. En fait, plus de six millions de familles (soit 21 % de la population) ont un revenu inférieur d' au moins un tiers au minimum vital reconnu par le Sénat américain. Les conditions de vie de la paysannerie sont parmi les plus atroces. La reconcentration des terres entre les mains de « fermes commerciales» à gros capitaux et l' exploitation éhontée du paysan pauvre ont jeté une partie importante de la paysannerie dans une misère constante. C' est ainsi que, sur plus de neuf millions de travailleurs agricoles, un million d' entre eux ont un niveau de vie égal à celui des Chinois sous le régime féodal de Tchang Ka'i Chek ; cinquante pour cent des fermes sont considérées, par l' économie américaine, comme autarciques, c' est - à - dire ne fournissant pas, ensemble, 15 % du marché.
On ne saurait s' étonner, en conséquence, que le nombre d' ouvriers agricoles ou de fermiers dépossédés, réduits à l' état de «nomades», qui vont à la recherche de travail des vallées fruitières aux régions à blé, soit de l' ordre de 1.500.000 (familles comprises). Steinbeck a fort bien décrit ces hordes affamées dans Les Raisins de.la Colère et il est regrettable qu' il se soit borné, ensuite, à des récits où la misère n' est plus qu' une toile de fond sur laquelle se meuvent des êtres, à peine humains, qui se complaisent dans leur malheur et leur prétendue inconscience. (page 14)
* * * * * .
Quant à l'éducation américaine, il y aurait beaucoup à en écrire. Le chef des G. Men, Edgard Hoover, a publié un livre dans lequel il expose tous les dessous des divers gangstérismes, en particulier ceux de la prostitution, même enfantine, et le célèbre Kinsey a donné, dans son rapport sur Le Comportement sexuel de l' Homme, des renseignements suffisants sur la dégénérescence américaine. Si l' on ajoute à ces sources les renseignements que l' on peut trouver dans tous les romans américains, on en déduira que la perversité est l' apanage des classes dirigeantes américaines et qu' elles s' y complaisent bien plus sûrement que les héros de Steinbeck dans la misère qui leur est imposée. Signe particulier de cette dégénérescence évidente, les États - Unis sont le pays statistiquement le plus riche en fous et en débiles mentaux.Il est pertinemment connu que les lieux, où la perversité sexuelle se donne le plus librement cours, sont les Universités. Si nous n' y voyons pas un effet uniquement de ce que celles - ci soient dirigées par des militaires (1), nous y constaterons les résultats de l' oppression grandissante d' une société fasciste pourrie sur l' esprit. Il est logique que cet état de choses empire à raison des mesures prises contre les enseignants progressistes, désormais soumis à un contrôle policer dans 34 États.Cette année, un nombre considérable d' enfants américains ira grossir l' armée des vingt millions d' illettrés qui existe actuellement aux Etats - Unis ", écrit United States News and World Report (9-9-49)(page 15) et les revues de l' enseignement constatent, chez les élèves, une ignorance de plus en plus grande, une délibilité mentale et une bestialité accrues. Sans doute est - ce parce que l' enseignement enhonneur est, lui - même, raciste. Il exalte la supériorité de l' « homme anglo-saxon » - lequel a tout del' aryen blond - sur les peuples de Russie et d' Orient (Warren), la haine en tant que sentiment, naturel (Dewey) et l' art de tuer », comme le dit le pédagogue Fitzpatrick qui parlant de la préparation militaire à l' Université, la qualifie admirativement de « enseignement de l' art de tuer, sans qu' il importe de savoir si vous êtes un savant, un administrateur ou un militaire».Bien entendu, ce nouveau Rosenbergisme s' accompagne de mesures fascistes contre la littérature, lesmanuels d' histoire ou de philosophie et des écrivains tels que Mark Twain et Howard Fast se trouvent mis à l' index.
* * * * * *
Si les conditions actuelles de la prise de conscience des masses poussent les dirigeants capitalistes à accentuer l' emprise du fascisme, elles les poussent, parallèlement, au développement de leur impérialisme, qui tend à l' hégémonie mondiale; mais il ne faut pas oublier que cet impérialisme n' est pas chose nouvelle.Sans en faire l' historique, rappelons que la doctrine Monroe était, déjà, elle - même, une doctrine impérialiste. Aucune autre nécessité que celles propres au capitalisme (ni même la doctrine Monroe de justification de l' intervention sur le continent américain) n' a commandé aux Américains de s' emparer par la force de territoires appartenant au Mexique, (Texas, Nouveau - Mexique, Colorado) en y massacrant, par milliers, les populations indiennes, aujourd' hui parquées dans des « réserves », camps (page 16) de concentration tenant du jardin zoologique, où la race indienne se meurt. Les États - Unis ont, successivement et toujours sous couleur d' aide à l' indépendance des nations, occupé et transformé en colonies: Les Philippines, Porto - Rico, la zone du canal de Panama (après avoirfomenté la création de l' État de Panama, autrefois partie intégrante de la Colombie), Cuba, Haïti, etc...Partout, ils ont installé des gouvernements à leur solde contre lesquels le peuple s' est dressé et luttedepuis des dizaines d' années. Quand les capitalistes nord - américains se trouvent en difficultés au Nicaragua, au Vénézuela ou ailleurs, ils suscitent une révolution qui amène au pouvoir des hommes à eux, empressés à conclure des traités de commerce profitables aux États-Unis que viennent, ensuite, compléter des traités d' asservissement plus complets. Et, quand ils se trouvent évincés, comme au Mexique, où ils ne purent empêcher la nationalisation du pétrole, ils dépensent ce qu' il faut pour rétablir la situation quelques années plus tard. La doctrine des États - Unis est donc essentiellement impérialiste et nous savons que cet impérialisme ne reculerait devant aucun crime, si nous lui laissions les moyens de poursuivre ses buts. A l' heure où les cercles dirigeants de ce pays préparent une guerre d' agression qui serait, sansnul doute, la plus dévastatrice que le monde ait connue, il nous semble que le problème de la responsabilité collective du peuple américain devant les autres peuples risque de se poser, comme ce fûtle cas pour l' Allemagne de Hitler, organisatrice d' une guerre monstrueuse.
(1) Le Général Eisenhower, aujourd' hui candidat à la Présidence du pays est Président de l' Université de Columbia.C'est à ce titre qu' il écrivait au professeur Coleman: "Si je découvre que le titulaire d'une chaire tente de faire pénétrer dans notre Université une philosophie contraire à notre système américain de gouvernement, la révocation sera prononcée". Rien d'étonnant à ce qu' il ait ensuite déclaré aux élèves : "Vous êtes tous, pour moi, des soldats". (page 17) II
L' EMPIRE MONDIAL ET SES CHEVALIERS ATOMIQUES
Quand le Président Truman déclarait, en 1948, à Waco (Texas) : « Nous sommes les géants du monde. Nous pouvons imposer la paix ou la guerre économique», il énonçait un des principes de la doctrine de suprématie mondiale de Wal l- Street. "Dieu a choisi le peuple américain pour conduire finalement le monde à sa régénération», profère le Sénateur Beveridge. Depuis lors, cette doctrine a été mise en pratique et son application poursuivie sans relâche et sans considérations d'aucune sorte: ni pour le droit des peuples à disposer d' eux - mêmes, ni pour l' indépendance des nations, ni pour la vie des êtres humains. A ce nouveau «Gott mit uns", il fallait un théoricien : ce fût M. James Burnham qui se chargea de préciser la fin et les moyem de cette volonté d' hégémonie: J' entends par Empire Mondial,écrit - il, un«état... dont le pouvoir politique dominera le monde, pouvoir imposé en partie par la coercition.". On n' est pas plus clair: la force sera employée. Le terme de Empire Mondial" pouvant sonner mal aux oreilles de certains, M. Burnham explique que l' on se servira de termes "plus acceptables", tels que, nommément, «Fédération Mondiale...» ou même « Nations Unies». A - t - on besoin de plus d' éclaircissements? (page 18).
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1952, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est un travail de longue haleine.
Merci !
RoRo
31 mai 2004)
- mise à jour du 29 juillet 2004
(roger.romain@skynet.be)
mardi 27 juillet 2004
1952 : "La Guerre des Mercenaires" (extraits)
http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html
Toujours du nouveau sur :
http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
http://irakoccupe.blogspot.com/
http://cubasocialiste.blogspot.com/
(et Amérique latine)
http://eurodictature.blogspot.com/
Subject: 7 1/16 Aux U$A : Pour ceux qui se souviennent : En 1952, déjà (I) : "La guerre des Mercenaires" ... Qu' est-ce qui a changé depuis 52 ans ???
En 1952, déjà : "La guerre des Mercenaires" ... (les parties soulignées en gras le sont par RoRo)
En cette année 1952, et sous ce titre, paraissait déjà cet ouvrage de Renaud DE JOUVENEL: en voici quelques extraits :
I. Le Pays de la Barbarie :
La barbarie a désormais élu domicile légal aux Etats-Unis. Jamais, en aucun pays, la barbarie n' a été, à ce point, le fondement de la doctrine d' une société et de ses gouvernements en tous leurs actes intérieurs et extérieurs. Jamais, non plus, le monde n' a été menacé par la destruction totale comme il l' est aujourd' hui, du fait de la barbarie morale, intellectuelle et matérielle du régime social américain.
Nous sommes loin des soldats de Washington libérant leur patrie du joug de l' Empire britannique; d' Abraham Lincoln, Président élu, libérant les Noirs de l 'esclavage; de ces pionniers du syndicalisme fêtant, en 1886, le premier Premier Mai, fête des travailleurs ayant gagné leur première bataille des huit heures; et du temps où les Etats-Unis accueillaient les émigrés de toute l' Europe asservie et en faisaient des hommes libres.
Seule une histoire réaliste des Etats-Unis pourrait nous expliquer, en détail, comment le développement forcené du capitalisme est parvenu si rapidement à y étouffer l' appétit de liberté des hommes, à le canaliser dans la voie unique, à y donner racine à ce mythe de la "liberté d' entreprise", qui sous-entend (page 7) la liberté de réduire en esclavage et de tuer. Mais, il nous faut bien le constater.
L' impérialisme à son dernier stade, le stade de pourrissement et de destruction de l' homme, de démagogie mensongère en tant que moyen d' aveuglement des masses et d'organisation du terrorisme à l' échelle mondiale, a vraiment produit là son plus bel enfant. Fils de l' hitlérisme et de Wall-Street, il a, pour blason, la bombe atomique.; pour morale, celle du plus fort en meurtres et, pour servants, la cohorte des valets et des traîtres dont tout l' honneur est de vendre leur patrie contre un emploi de mercenaire.
On a beaucoup parlé de la civilisation américaine, mais qu'est-ce et où est-elle? La civilisation ne se limite pas à l' usage, par certains, de la baignoire, du téléphone et de l' automobile ! On la mesure, croyons-nous, au niveau de vie général d' une nation ! Alors, regardons un peu ce qu' il en est de la société américaine.
Les 150 millions d' habitants de ce territoire sont soumis à la dictature de quelque 80 trusts tout-puissants, c' est-à-dire à un gang de quelque mille personnes. Le pouvoir réel n'est pas exercé par un gouvernement mais bien, à travers un gouvernement, par un groupe représentant les magnats les plus puissants : le N.A.M. ou Association Nationale des Industriels. C'est celui-ci qui finance les partis politiques, les banques, la radio, le cinéma, la presse, c'est-à-dire toute la vie économique du pays, et qui utilise les maffias de gangsters pour régler certains problèmes aux échelons inférieurs.
Pendant la guerre, ces industriels américains (Du Pont, Morgan, Rockefeller, Mellon, etc...) ont financé les organisations nazies établies sur le sol américain (Le procès engagé contre celles-ci par l' administration Roosevelt fût, ensuite étouffé). Ils avaient aidé Hitler à parvenir au pouvoir et, aujourd'hui, ils aident activement à la renaissance du militarisme allemand.
Ils financent les diverses organisations anti-ouvrière (page 8) qui, sous forme d' agences de police privée, se chargent de la lutte anti-syndicale, des provocations antiouvrière, de la surveillancde des "agitateurs" et, si nécessaire, de l' assassinat des dirigeants ouvriers fidèles à la classe ouvrière. De là vient aussi le pourrissement des cercles dirigeants du syndicalisme.
Toute la vie économique et politique du pays se trouve entre les mains du grand capital, grâce aux huit grandes banques américaines, de même que l'opinion se trouve contrôlée par les grands trusts de la presse qui sont, à leur tour, maîtres des trois quarts des postes de radio.
* * * * *
La constitution fédérale des Etats-Unis a, par ailleurs, pour effet, une fragmentation du pouvoir qui facilite, aux hommes politiques locaux, gouverneurs, sénateurs, juges et policiers (juges et policiers étant élus), l' exercice d'une dictature à l' échelle de chaque états et, en retour, place ses fascistes locaux à la solde des puissances financières locales et nationales.
Le général américain H.C. Holdrige a écrit: "Nous sommes en présence du fait qu'on a créé, aux Etats-Unis, dans le cadre de notre démocratie constitutionnelle, un Etat secret, illégal, au sein de l' Etat légal... Les maîtres financiers du pays contrôlent les chefs de nos forces armées, chefs qui ont trahi le peuple pour devenir des mercenaires à la solde de la dictature financière et de ses collaborateurs... Nos chefs militaires sont aveuglés à tel point qu'ils tourneront les armes contre les citoyens insurgés des Etats-Unis avec autant d' empressement qu'ils le font contre les pays étrangers" (c'est nous qui soulignons) (page 9).
Dewey, Gouverneur de New-York et candidat républicain, et Truman lui-même, sont les élus de groupes de gangsters, successeurs de Al Capone. Truman est l' élu d' un gang appelé "la machine Pendergast, du nom de son patron, et il reçut à la Maison Blanche, jusqu'au jour de sa mort brutale, le gangster Binaggio qui avait trempé dans plus de quinze affaires criminelles célèbres. Tout ceci peut étonner les Français mais n'étonne plus depuis longtemps les Américains, qui se sont faits aux moeurs et à l' état social imposé par les trusts et leurs agents d' exécution des gangs.
Le crime étant un moyen de gouvernement, il en découle que le pays est celui de la plus forte criminalité : "un crime majeur toutes les 18 secondes", selon le rapport du Bureau fédéral d' Investigation (F.B.I.) de 1948.
Tout récemment encore, le rapport du Sénateur Kéfauver démontrait la collusion intime établie entres les gangs et les politiciens. Le sénateur écrit: "Ce que j' ai vu et appris m' a effaré... L' Amérique est presque arrivée au point de saturation de la corruption politique qui risque de nous entraîner tous à la ruine. Jusqu' à quel point l' Amérique peut - elle rester corrompue et survivre ?".
Le rapport Kefauver expose que deux gagngs principaux : la bande Gusik et la bande Adonis-Lansky-Costello se partagent à peu près les Etats-Unis. "Entre ces deux groupes et d' autres bandes similaires, le lien est assuré par la "Maffia", vaste organisation internationale... Aux Etats-Unis, la Maffria compterait 800 membres, chargés plus spécialement des basses besognes d' exécution car, bien entendu, les "grands patrons", comme Costello et Gusik, répugnent à ce travail ingrat et dangereux ...". (Henri Pierre, le Monde, 11-5-51). La corruption "s' exerce à tous les échelons, de la municipalité au gouvernement, du simple flic au chef de police" (Idem).
Le Maire de New-York, O'Dwyer, a dû admettre (page 10) qu'il avait protégé les entreprises du gang et même que ce dernier l' avait aidé à devenir maire.
"Le milieu américain possédait ses propres tribunaux et toute infraction à ses lois était punie de mort: ceux qui exécutaient la sentence recevaient en récompense, des "concessions" sur des appareils à sous, des "droits" sur les revenus des maisons closes clandestines ou des intérêts dans d' autres entreprises lucratives et illégales" (Monde, 21-3-51).
* * * * *
Le fascisme n' est plus une tendance, une menace, mais une réalité sociale de fait.
Devant l'éventualité d' une crise et l' augmentation du chômage (il y avait, aux Etats-Unis, en 1948, huit millions de chômeurs totaux et quatorze millions de chômeurs partiels), l'accentuation du fascisme et la course aux armements sont devenues des nécessités pour le capitalisme impérialiste.
Afin de décapiter la résistance au fascisme, on a intenté un procès institutionnel aux dirigeants du Parti Communiste américain et on les a jetés en prison. On intente d' autres procès, tout aussi illégaux, à des écrivains et à des cinéastes, afin de semer la terreur. La délation devient monnaie courante et l' on dénonce à la police, au patron, au voisin celui que l'on soupçonne d' être communiste ou de fréquenter des communistes, crime tout aussi grave. Le fait d' être soupçonné est suffisant pour vous mener en prison : à vous de faire la preuve que vous êtes innocent. Ce sont des gangsters politiques, compromis dans des scandales, qui dirigent les débats des commissions des activités non américaines, tels ce Parnell Thomas qu'on fût contraint de mettre un moment en prison. Ces commissions sont illégales et, cependant leurs décisions sont considérées comme (page 11) preuve d' enquête et servent à emprisonner tout coupable de non-américanisme, c'est-à-dire de non-obéissance aux lois des trusts. La peur s'installe dans chaque demeure. Le F.B.I. décrète la mise en quarantaine des communistes sortis de prison, tel le grand écrivain Horward Fast. Ainsi la crainte et la suspicion s'instaurent-elles, chacun pouvant redouter qu'une accusation de crypto-communisme vienne l' enlever aux siens.
A toutes fins utiles, le Bureau Fédéral d' Investigations poursuit sa tâche principale qui est d' établir des fiches de polices pour tout citoyen américain et il se vante d' en posséder déjà dix-huit millions.
Le syndicalisme est miné par la police des trusts. La plupart des grands dirigeants syndicaux ont trahi la cause de la classe ouvrière, dont ils avaient toujours cherché à entraver les mouvements, à saboter les revendications et à diviser les efforts en calomniant tout syndicat prenant au sérieux les revendications de ses adhérents. Les communistes sont chassés des organisations syndicales en dépit du fait qu'ils ont été élus par les masses. La loi Mundt-Carrey, votée en octobre 1950, va plus loin encore : elle prescrit l' enregistrement obligatoire des communistes et "autres membres d' organisations subversives" et prévoit la création de camps de concentration pour les y enfermer. Le mot "camp de concentration" est spécifiquement employé. Il est vrai qu'il n' est pas nouveau et que les Anglais ont, les premiers, tenté l' expérience, en Afrique du Sud, au temps de la Guerre des Boërs. Si les communistes ont refusé de se déclarer, il n' en reste pas moins que l' administration annonce avoir déjà établi une liste de 14.000 noms de personnes suspectes et que les camps de concentration ont été établis et installés (page 12).
* * * * *
Dans cette belle démocratie, 40 à 50 % de l' électorat ne vote pas : ce n' est pas par indifférence, mais par impossibilité. En effet, le système électoral restrictif interdit le vote non seulement aux noirs pauvres mais aussi aux blancs incapables de payer une "taxe" électorale. Ces restrictions sont pratiquées dans 19 états. Ainsi dans les états où la population noire majoritaire où, de plus, les menaces, le chantage et la persécution raciale se donnent libre cours, la masse de la population n' a pas le droit de vote. Dans le Mississipi, où la population noire est de 50%, les votants ne sont que 15% de la masse électorale et, dans la Caroline du Sud, où les noirs sont 40%, l' électorat n'est que de 10,4 %.
Les assassinats perpétrés par le Ku-Klux-Klan se comptent par centaines. La plupart restent impunis. Mieux les meurtriers sont protégés. Par contre, il n' est pas de mois où les noirs ne se trouvent impliqués dans quelque procès, monté de toutes pièces pour exciter les blancs au racisme.
On connaît le meurtre légal de l'innocent Mac Ghee, des Sept de Martinsville, le procès des Six Noirs de Trenton et tant d' autres, mais combien de noirs ont ainsi péri depuis la célère affaire de Scottsboro ? Les tenants du mode de vie américain s' élèvent-ils contre ce génocide intérieur? Non, et le sénateur fasciste Bilbo, de l' Etat de Georgie s' en est vanté en disant: "L' égalité n' a été en aucun temps ni en aucun lieu reconnu aux nègres... si ce n' est dans les codes".
Les Etats-Unis sont d' ailleurs, avec l' Afrique du Sud, le seul pays où les noirs soient parqués dans des quartiers spéciaux, à New-York, comme à Chicago et ailleurs, tout comme il existe partout des quartiers de Porto-Ricains, de Chinois, etc... (page 13).
Le racisme américain s' exerce aussi contre les juifs: dans nombre de villes on rencontre, dans les quartiers résidentiels, des maisons sur lesquelles on peut lire l'annonce «Non-Gentils s'abstenir». Ce terme de « Gentils », pour biblique qu' il soit, n' en exprime pas moins, en clair, que les juifs ne sont pas admis à habiter cette maison. Quel autre pays, en dehors de l' Allemagne hitlérienne, a jamais enregistré un antisémitisme aussi officiel ?
Les avocats du mode de vie américain cachent avec soin les conditions de vie réelles du peuple américain. En fait, plus de six millions de familles (soit 21 % de la population) ont un revenu inférieur d' au moins un tiers au minimum vital reconnu par le Sénat américain. Les conditions de vie de la paysannerie sont parmi les plus atroces. La reconcentration des terres entre les mains de « fermes commerciales» à gros capitaux et l'exploitation éhontée du paysan pauvre ont jeté 1me partie importante de la paysannerie dans une misère constante. C' est ainsi que, sur plus de neuf millions de travailleurs agricoles, un million d'entre eux ont un niveau de vie égal à celui des Chinois sous le régime féodal de Tchang Ka'i Chek ; cinquante pour cent des fermes sont considérées, par l' économie américaine, comme autarciques, c' est - à - dire ne fournissant pas, ensemble, 15 % du marché.
On ne saurait s' étonner, en conséquence, que le nombre d' ouvriers agricoles ou de fermiers dépossédés, réduits à l' état de «nomades», qui vont à la recherche de travail des vallées fruitières aux régions à blé, soit de l' ordre de 1.500.000 (familles comprises). Steinbeck a fort bien décrit ces hordes affamées dans Les Raisins de.la Colère et il est regrettable qu' il se soit borné, ensuite, à des récits où la misère n' est plus qu'une toile de fond sur laquelle se meuvent des êtres, à peine humains, qui se complaisent dans leur malheur et leur prétendue inconscience. (page 14)
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Quant à l'éducation américaine, il y aurait beaucoup à en écrire. Le chef des G. Men, Edgard Hoover, a publié un livre dans lequel il expose tous les dessous des divers gangstérismes, en particulier ceux de la prostitution, même enfantine, et le célèbre Kinsey a donné, dans son rapport sur Le Comportement sexuel de l' Homme, des renseignements suffisants sur la dégénérescence américaine. Si l' on ajoute à ces sources les renseignements que l'on peut trouver dans tous les romans américains, on en déduira que la perversité est l' apanage des classes dirigeantes américaines et qu' elles s' y complaisent bien plus sûrement que les héros de Steinbeck dans la misère qui leur est imposée. Signe particulier de cette dégénérescence évidente, les États - Unis sont le pays statistiquement le plus riche en fous et en débiles mentaux.Il est pertinemment connu que les lieux, où la perversité sexuelle se donne le plus librement cours, sont les Universités. Si nous n' y voyons pas un effet uniquement de ce que celles - ci soient dirigées par des militaires (1), nous y constaterons les résultats de l' oppression grandissante d' une société fasciste pourrie sur l' esprit. Il est logique que cet état de choses empire à raison des mesures prises contre les enseignants progressistes, désormais soumis à un contrôle policer dans 34 états.Cette année, un nombre considérable d' enfants américains ira grossir l' armée des vingt millions d' illettrés qui existe actuellement aux Etats - Unis ", écrit United States News and World Report (9-9-49)(page 15) et les revues de l' enseignement constatent, chez les élèves, une ignorance de plus en plus grande, une délibilité mentale et une bestialité accrues. Sans doute est - ce parce que l' enseignement enhonneur est, lui - même, raciste. Il exalte la supériorité de l' « homme anglo-saxon » - lequel a tout del' aryen blond - sur les peuples de Russie et d' Orient (Warren), la haine en tant que sentiment, naturel (Dewey) et l'art de tuer », comme le dit le pédagogue Fitzpatrick qui parlant de la préparation militaire à l'Université, la qualifie admirativement de « enseignement de l'art de tuer, sans qu'il importe de savoir si vous êtes un savant, un administrateur ou un militaire».Bien entendu, ce nouveau Rosenbergisme s'accompagne de mesures fascistes contre la littérature, lesmanuels d' histoire ou de philosophie et des écrivains tels que Mark Twain et Howard Fast se trouvent mis à l'index.
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Si les conditions actuelles de la prise de conscience des masses poussent les dirigeants capitalistes à accentuer l' emprise du fascisme, elles les poussent, parallèlement, au développement de leur impérialisme, qui tend à l' hégémonie mondiale; mais il ne faut pas oublier que cet impérialisme n' est pas chose nouvelle.Sans en faire l' historique, rappelons que la doctrine Monroe était, déjà, elle - même, une doctrine impérialiste. Aucune autre nécessité que celles propres au capitalisme (ni même la doctrine Monroe de justification de l' intervention sur le continent américain) n' a commandé aux Américains de s' emparer par la force de territoires appartenant au Mexique, (Texas, Nouveau-Mexique, Colorado) en y massacrant, par milliers, les populations indiennes, aujourd' hui parquées dans des « réserves », camps
(page 16)
(1) Le Général Eisenhower, aujourd'hui candidat à la Présidence du pays. est Président de l'Université de Columbia.C'est à ce titre qu'il écrivait au professeur Coleman: "Si je découvre que le titulaire d'une chaire tente de faire pénétrerdans notre Université une philosophie contraire à notre système américain de gouvernement, la révocation seraprononcés". Rien d'étonnant à ce qu'il ait ensuite déclaré aux élèves : "Vous êtes tous, pour moi, des soldats".
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1952, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est un travail de longue haleine.
Merci ! RoRo
31 mai 2004)
- mise à jour du 27 juillet 2004
(roger.romain@skynet.be)
Toujours du nouveau sur :
http://romainroger.blogspot.com/
http://occupationpalestine.blogspot.com/
http://irakoccupe.blogspot.com/
http://cubasocialiste.blogspot.com/
(et Amérique latine)
http://eurodictature.blogspot.com/
Subject: 7 1/16 Aux U$A : Pour ceux qui se souviennent : En 1952, déjà (I) : "La guerre des Mercenaires" ... Qu' est-ce qui a changé depuis 52 ans ???
En 1952, déjà : "La guerre des Mercenaires" ... (les parties soulignées en gras le sont par RoRo)
En cette année 1952, et sous ce titre, paraissait déjà cet ouvrage de Renaud DE JOUVENEL: en voici quelques extraits :
I. Le Pays de la Barbarie :
La barbarie a désormais élu domicile légal aux Etats-Unis. Jamais, en aucun pays, la barbarie n' a été, à ce point, le fondement de la doctrine d' une société et de ses gouvernements en tous leurs actes intérieurs et extérieurs. Jamais, non plus, le monde n' a été menacé par la destruction totale comme il l' est aujourd' hui, du fait de la barbarie morale, intellectuelle et matérielle du régime social américain.
Nous sommes loin des soldats de Washington libérant leur patrie du joug de l' Empire britannique; d' Abraham Lincoln, Président élu, libérant les Noirs de l 'esclavage; de ces pionniers du syndicalisme fêtant, en 1886, le premier Premier Mai, fête des travailleurs ayant gagné leur première bataille des huit heures; et du temps où les Etats-Unis accueillaient les émigrés de toute l' Europe asservie et en faisaient des hommes libres.
Seule une histoire réaliste des Etats-Unis pourrait nous expliquer, en détail, comment le développement forcené du capitalisme est parvenu si rapidement à y étouffer l' appétit de liberté des hommes, à le canaliser dans la voie unique, à y donner racine à ce mythe de la "liberté d' entreprise", qui sous-entend (page 7) la liberté de réduire en esclavage et de tuer. Mais, il nous faut bien le constater.
L' impérialisme à son dernier stade, le stade de pourrissement et de destruction de l' homme, de démagogie mensongère en tant que moyen d' aveuglement des masses et d'organisation du terrorisme à l' échelle mondiale, a vraiment produit là son plus bel enfant. Fils de l' hitlérisme et de Wall-Street, il a, pour blason, la bombe atomique.; pour morale, celle du plus fort en meurtres et, pour servants, la cohorte des valets et des traîtres dont tout l' honneur est de vendre leur patrie contre un emploi de mercenaire.
On a beaucoup parlé de la civilisation américaine, mais qu'est-ce et où est-elle? La civilisation ne se limite pas à l' usage, par certains, de la baignoire, du téléphone et de l' automobile ! On la mesure, croyons-nous, au niveau de vie général d' une nation ! Alors, regardons un peu ce qu' il en est de la société américaine.
Les 150 millions d' habitants de ce territoire sont soumis à la dictature de quelque 80 trusts tout-puissants, c' est-à-dire à un gang de quelque mille personnes. Le pouvoir réel n'est pas exercé par un gouvernement mais bien, à travers un gouvernement, par un groupe représentant les magnats les plus puissants : le N.A.M. ou Association Nationale des Industriels. C'est celui-ci qui finance les partis politiques, les banques, la radio, le cinéma, la presse, c'est-à-dire toute la vie économique du pays, et qui utilise les maffias de gangsters pour régler certains problèmes aux échelons inférieurs.
Pendant la guerre, ces industriels américains (Du Pont, Morgan, Rockefeller, Mellon, etc...) ont financé les organisations nazies établies sur le sol américain (Le procès engagé contre celles-ci par l' administration Roosevelt fût, ensuite étouffé). Ils avaient aidé Hitler à parvenir au pouvoir et, aujourd'hui, ils aident activement à la renaissance du militarisme allemand.
Ils financent les diverses organisations anti-ouvrière (page 8) qui, sous forme d' agences de police privée, se chargent de la lutte anti-syndicale, des provocations antiouvrière, de la surveillancde des "agitateurs" et, si nécessaire, de l' assassinat des dirigeants ouvriers fidèles à la classe ouvrière. De là vient aussi le pourrissement des cercles dirigeants du syndicalisme.
Toute la vie économique et politique du pays se trouve entre les mains du grand capital, grâce aux huit grandes banques américaines, de même que l'opinion se trouve contrôlée par les grands trusts de la presse qui sont, à leur tour, maîtres des trois quarts des postes de radio.
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La constitution fédérale des Etats-Unis a, par ailleurs, pour effet, une fragmentation du pouvoir qui facilite, aux hommes politiques locaux, gouverneurs, sénateurs, juges et policiers (juges et policiers étant élus), l' exercice d'une dictature à l' échelle de chaque états et, en retour, place ses fascistes locaux à la solde des puissances financières locales et nationales.
Le général américain H.C. Holdrige a écrit: "Nous sommes en présence du fait qu'on a créé, aux Etats-Unis, dans le cadre de notre démocratie constitutionnelle, un Etat secret, illégal, au sein de l' Etat légal... Les maîtres financiers du pays contrôlent les chefs de nos forces armées, chefs qui ont trahi le peuple pour devenir des mercenaires à la solde de la dictature financière et de ses collaborateurs... Nos chefs militaires sont aveuglés à tel point qu'ils tourneront les armes contre les citoyens insurgés des Etats-Unis avec autant d' empressement qu'ils le font contre les pays étrangers" (c'est nous qui soulignons) (page 9).
Dewey, Gouverneur de New-York et candidat républicain, et Truman lui-même, sont les élus de groupes de gangsters, successeurs de Al Capone. Truman est l' élu d' un gang appelé "la machine Pendergast, du nom de son patron, et il reçut à la Maison Blanche, jusqu'au jour de sa mort brutale, le gangster Binaggio qui avait trempé dans plus de quinze affaires criminelles célèbres. Tout ceci peut étonner les Français mais n'étonne plus depuis longtemps les Américains, qui se sont faits aux moeurs et à l' état social imposé par les trusts et leurs agents d' exécution des gangs.
Le crime étant un moyen de gouvernement, il en découle que le pays est celui de la plus forte criminalité : "un crime majeur toutes les 18 secondes", selon le rapport du Bureau fédéral d' Investigation (F.B.I.) de 1948.
Tout récemment encore, le rapport du Sénateur Kéfauver démontrait la collusion intime établie entres les gangs et les politiciens. Le sénateur écrit: "Ce que j' ai vu et appris m' a effaré... L' Amérique est presque arrivée au point de saturation de la corruption politique qui risque de nous entraîner tous à la ruine. Jusqu' à quel point l' Amérique peut - elle rester corrompue et survivre ?".
Le rapport Kefauver expose que deux gagngs principaux : la bande Gusik et la bande Adonis-Lansky-Costello se partagent à peu près les Etats-Unis. "Entre ces deux groupes et d' autres bandes similaires, le lien est assuré par la "Maffia", vaste organisation internationale... Aux Etats-Unis, la Maffria compterait 800 membres, chargés plus spécialement des basses besognes d' exécution car, bien entendu, les "grands patrons", comme Costello et Gusik, répugnent à ce travail ingrat et dangereux ...". (Henri Pierre, le Monde, 11-5-51). La corruption "s' exerce à tous les échelons, de la municipalité au gouvernement, du simple flic au chef de police" (Idem).
Le Maire de New-York, O'Dwyer, a dû admettre (page 10) qu'il avait protégé les entreprises du gang et même que ce dernier l' avait aidé à devenir maire.
"Le milieu américain possédait ses propres tribunaux et toute infraction à ses lois était punie de mort: ceux qui exécutaient la sentence recevaient en récompense, des "concessions" sur des appareils à sous, des "droits" sur les revenus des maisons closes clandestines ou des intérêts dans d' autres entreprises lucratives et illégales" (Monde, 21-3-51).
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Le fascisme n' est plus une tendance, une menace, mais une réalité sociale de fait.
Devant l'éventualité d' une crise et l' augmentation du chômage (il y avait, aux Etats-Unis, en 1948, huit millions de chômeurs totaux et quatorze millions de chômeurs partiels), l'accentuation du fascisme et la course aux armements sont devenues des nécessités pour le capitalisme impérialiste.
Afin de décapiter la résistance au fascisme, on a intenté un procès institutionnel aux dirigeants du Parti Communiste américain et on les a jetés en prison. On intente d' autres procès, tout aussi illégaux, à des écrivains et à des cinéastes, afin de semer la terreur. La délation devient monnaie courante et l' on dénonce à la police, au patron, au voisin celui que l'on soupçonne d' être communiste ou de fréquenter des communistes, crime tout aussi grave. Le fait d' être soupçonné est suffisant pour vous mener en prison : à vous de faire la preuve que vous êtes innocent. Ce sont des gangsters politiques, compromis dans des scandales, qui dirigent les débats des commissions des activités non américaines, tels ce Parnell Thomas qu'on fût contraint de mettre un moment en prison. Ces commissions sont illégales et, cependant leurs décisions sont considérées comme (page 11) preuve d' enquête et servent à emprisonner tout coupable de non-américanisme, c'est-à-dire de non-obéissance aux lois des trusts. La peur s'installe dans chaque demeure. Le F.B.I. décrète la mise en quarantaine des communistes sortis de prison, tel le grand écrivain Horward Fast. Ainsi la crainte et la suspicion s'instaurent-elles, chacun pouvant redouter qu'une accusation de crypto-communisme vienne l' enlever aux siens.
A toutes fins utiles, le Bureau Fédéral d' Investigations poursuit sa tâche principale qui est d' établir des fiches de polices pour tout citoyen américain et il se vante d' en posséder déjà dix-huit millions.
Le syndicalisme est miné par la police des trusts. La plupart des grands dirigeants syndicaux ont trahi la cause de la classe ouvrière, dont ils avaient toujours cherché à entraver les mouvements, à saboter les revendications et à diviser les efforts en calomniant tout syndicat prenant au sérieux les revendications de ses adhérents. Les communistes sont chassés des organisations syndicales en dépit du fait qu'ils ont été élus par les masses. La loi Mundt-Carrey, votée en octobre 1950, va plus loin encore : elle prescrit l' enregistrement obligatoire des communistes et "autres membres d' organisations subversives" et prévoit la création de camps de concentration pour les y enfermer. Le mot "camp de concentration" est spécifiquement employé. Il est vrai qu'il n' est pas nouveau et que les Anglais ont, les premiers, tenté l' expérience, en Afrique du Sud, au temps de la Guerre des Boërs. Si les communistes ont refusé de se déclarer, il n' en reste pas moins que l' administration annonce avoir déjà établi une liste de 14.000 noms de personnes suspectes et que les camps de concentration ont été établis et installés (page 12).
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Dans cette belle démocratie, 40 à 50 % de l' électorat ne vote pas : ce n' est pas par indifférence, mais par impossibilité. En effet, le système électoral restrictif interdit le vote non seulement aux noirs pauvres mais aussi aux blancs incapables de payer une "taxe" électorale. Ces restrictions sont pratiquées dans 19 états. Ainsi dans les états où la population noire majoritaire où, de plus, les menaces, le chantage et la persécution raciale se donnent libre cours, la masse de la population n' a pas le droit de vote. Dans le Mississipi, où la population noire est de 50%, les votants ne sont que 15% de la masse électorale et, dans la Caroline du Sud, où les noirs sont 40%, l' électorat n'est que de 10,4 %.
Les assassinats perpétrés par le Ku-Klux-Klan se comptent par centaines. La plupart restent impunis. Mieux les meurtriers sont protégés. Par contre, il n' est pas de mois où les noirs ne se trouvent impliqués dans quelque procès, monté de toutes pièces pour exciter les blancs au racisme.
On connaît le meurtre légal de l'innocent Mac Ghee, des Sept de Martinsville, le procès des Six Noirs de Trenton et tant d' autres, mais combien de noirs ont ainsi péri depuis la célère affaire de Scottsboro ? Les tenants du mode de vie américain s' élèvent-ils contre ce génocide intérieur? Non, et le sénateur fasciste Bilbo, de l' Etat de Georgie s' en est vanté en disant: "L' égalité n' a été en aucun temps ni en aucun lieu reconnu aux nègres... si ce n' est dans les codes".
Les Etats-Unis sont d' ailleurs, avec l' Afrique du Sud, le seul pays où les noirs soient parqués dans des quartiers spéciaux, à New-York, comme à Chicago et ailleurs, tout comme il existe partout des quartiers de Porto-Ricains, de Chinois, etc... (page 13).
Le racisme américain s' exerce aussi contre les juifs: dans nombre de villes on rencontre, dans les quartiers résidentiels, des maisons sur lesquelles on peut lire l'annonce «Non-Gentils s'abstenir». Ce terme de « Gentils », pour biblique qu' il soit, n' en exprime pas moins, en clair, que les juifs ne sont pas admis à habiter cette maison. Quel autre pays, en dehors de l' Allemagne hitlérienne, a jamais enregistré un antisémitisme aussi officiel ?
Les avocats du mode de vie américain cachent avec soin les conditions de vie réelles du peuple américain. En fait, plus de six millions de familles (soit 21 % de la population) ont un revenu inférieur d' au moins un tiers au minimum vital reconnu par le Sénat américain. Les conditions de vie de la paysannerie sont parmi les plus atroces. La reconcentration des terres entre les mains de « fermes commerciales» à gros capitaux et l'exploitation éhontée du paysan pauvre ont jeté 1me partie importante de la paysannerie dans une misère constante. C' est ainsi que, sur plus de neuf millions de travailleurs agricoles, un million d'entre eux ont un niveau de vie égal à celui des Chinois sous le régime féodal de Tchang Ka'i Chek ; cinquante pour cent des fermes sont considérées, par l' économie américaine, comme autarciques, c' est - à - dire ne fournissant pas, ensemble, 15 % du marché.
On ne saurait s' étonner, en conséquence, que le nombre d' ouvriers agricoles ou de fermiers dépossédés, réduits à l' état de «nomades», qui vont à la recherche de travail des vallées fruitières aux régions à blé, soit de l' ordre de 1.500.000 (familles comprises). Steinbeck a fort bien décrit ces hordes affamées dans Les Raisins de.la Colère et il est regrettable qu' il se soit borné, ensuite, à des récits où la misère n' est plus qu'une toile de fond sur laquelle se meuvent des êtres, à peine humains, qui se complaisent dans leur malheur et leur prétendue inconscience. (page 14)
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Quant à l'éducation américaine, il y aurait beaucoup à en écrire. Le chef des G. Men, Edgard Hoover, a publié un livre dans lequel il expose tous les dessous des divers gangstérismes, en particulier ceux de la prostitution, même enfantine, et le célèbre Kinsey a donné, dans son rapport sur Le Comportement sexuel de l' Homme, des renseignements suffisants sur la dégénérescence américaine. Si l' on ajoute à ces sources les renseignements que l'on peut trouver dans tous les romans américains, on en déduira que la perversité est l' apanage des classes dirigeantes américaines et qu' elles s' y complaisent bien plus sûrement que les héros de Steinbeck dans la misère qui leur est imposée. Signe particulier de cette dégénérescence évidente, les États - Unis sont le pays statistiquement le plus riche en fous et en débiles mentaux.Il est pertinemment connu que les lieux, où la perversité sexuelle se donne le plus librement cours, sont les Universités. Si nous n' y voyons pas un effet uniquement de ce que celles - ci soient dirigées par des militaires (1), nous y constaterons les résultats de l' oppression grandissante d' une société fasciste pourrie sur l' esprit. Il est logique que cet état de choses empire à raison des mesures prises contre les enseignants progressistes, désormais soumis à un contrôle policer dans 34 états.Cette année, un nombre considérable d' enfants américains ira grossir l' armée des vingt millions d' illettrés qui existe actuellement aux Etats - Unis ", écrit United States News and World Report (9-9-49)(page 15) et les revues de l' enseignement constatent, chez les élèves, une ignorance de plus en plus grande, une délibilité mentale et une bestialité accrues. Sans doute est - ce parce que l' enseignement enhonneur est, lui - même, raciste. Il exalte la supériorité de l' « homme anglo-saxon » - lequel a tout del' aryen blond - sur les peuples de Russie et d' Orient (Warren), la haine en tant que sentiment, naturel (Dewey) et l'art de tuer », comme le dit le pédagogue Fitzpatrick qui parlant de la préparation militaire à l'Université, la qualifie admirativement de « enseignement de l'art de tuer, sans qu'il importe de savoir si vous êtes un savant, un administrateur ou un militaire».Bien entendu, ce nouveau Rosenbergisme s'accompagne de mesures fascistes contre la littérature, lesmanuels d' histoire ou de philosophie et des écrivains tels que Mark Twain et Howard Fast se trouvent mis à l'index.
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Si les conditions actuelles de la prise de conscience des masses poussent les dirigeants capitalistes à accentuer l' emprise du fascisme, elles les poussent, parallèlement, au développement de leur impérialisme, qui tend à l' hégémonie mondiale; mais il ne faut pas oublier que cet impérialisme n' est pas chose nouvelle.Sans en faire l' historique, rappelons que la doctrine Monroe était, déjà, elle - même, une doctrine impérialiste. Aucune autre nécessité que celles propres au capitalisme (ni même la doctrine Monroe de justification de l' intervention sur le continent américain) n' a commandé aux Américains de s' emparer par la force de territoires appartenant au Mexique, (Texas, Nouveau-Mexique, Colorado) en y massacrant, par milliers, les populations indiennes, aujourd' hui parquées dans des « réserves », camps
(page 16)
(1) Le Général Eisenhower, aujourd'hui candidat à la Présidence du pays. est Président de l'Université de Columbia.C'est à ce titre qu'il écrivait au professeur Coleman: "Si je découvre que le titulaire d'une chaire tente de faire pénétrerdans notre Université une philosophie contraire à notre système américain de gouvernement, la révocation seraprononcés". Rien d'étonnant à ce qu'il ait ensuite déclaré aux élèves : "Vous êtes tous, pour moi, des soldats".
(Si certains camarades souhaitent progressivement recevoir une suite à ce texte, écrit en 1952, ils doivent m' en faire expressément la demande. C'est un travail de longue haleine.
Merci ! RoRo
31 mai 2004)
- mise à jour du 27 juillet 2004
(roger.romain@skynet.be)
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