lundi 8 mars 2010

SOLIDAIRE: Clara Zetkin :: Une grande dame à l'origine de la Journée internationale des femmes

dès ce jeudi 04 mars 2010, n'oublions pas de cliquer sur ces liens du Ptb et de son hebdo "Solidaire"
 

Clara Zetkin :: Une grande dame à l'origine de la Journée internationale des femmes

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Clara Zetkin :: Une grande dame à l'origine de la Journée internationale des femmes

Nous fêtons ce 8 mars 2010 le centenaire de la Journée internationale des femmes. C'est à Clara Zetkin (1857-1933) qu'est attribuée la maternité de cette journée, à l'occasion de laquelle sont mises à l'honneur les luttes des femmes.

Fotoula Ioannidis

Au sein du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), dans les années 1910, diverses tensions se manifestent autour de la question de la guerre. Clara Zetkin (à gauche) s'affirme clairement en opposition à la guerre qui se prépare, avec son amie, aussi révolutionnaire allemande, Rosa Luxembourg. (Photo Encyclopædia Britannica Online)

Oubliée de l'histoire, Clara Zetkin est pourtant en Europe et peut-être dans le monde, peu avant la Première Guerre mondiale, la femme socialiste la plus connue.

Pour Clara, ce que les femmes sont, leurs façons d'être et de penser, découlent moins de leur nature que de leur culture. Elle a restitué la femme dans l'histoire des femmes. La plupart des entraves dont elles souffrent sont à attribuer au système économique existant. Pourtant, elle est assez lucide pour noter que  « Même dans la société socialiste, la femme devra mener une lutte ardente pour établir en toute clarté la démarcation entre son travail au foyer familial et son activité professionnelle. »

Développer le mouvement féministe autour d'une tasse de café

Clara Zetkin est née le 5 juillet 1857 à Wiederau en Saxe (Allemagne) et décédée le 20 juin 1933 à Arkhangelskoïe, près de Moscou. Après avoir brillamment réussi ses études, elle devint enseignante puis journaliste. Vers les années 1870, Clara Zetkin commence à fréquenter le mouvement féministe, et adhère aux idées socialistes dans le contexte de l'essor industriel de l'Allemagne de Bismarck. Puis, à travers son rôle de rédactrice en chef du journal Die Gleichheit (L'égalité) qu'elle fonde en 1891, elle a contribué au développement et à l'organisation du mouvement féministe prolétarien, mais aussi, là où les autorités interdisaient les organisations de femmes à peine constituées, en regroupant les militantes simplement en tant qu'abonnées de la Gleichheit. Elles se réunissaient soi-disant pour fêter un anniversaire ou prendre ensemble une tasse de café : en réalité, on discutait des buts et de l'avenir du mouvement.

Elle participe également a des réunions clandestines du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle s'exilera à Zurich après l'interdiction par Bismarck, de tous rassemblements et publication du SPD. C'est encore au SPD, qu'elle rencontrera son futur compagnon, le révolutionnaire russe Ossip Zetkin avec qui, en dehors du mariage, elle aura 2 enfants, Maxime et Konstantin

Plus tard, elle sera élue présidente du Secrétariat International des Femmes Socialistes en 1907, lors de la première Conférence internationale des femmes socialistes à Stuttgart. C'est elle qui a fait adopter une résolution par le congrès de l'Internationale, qui dit que « les partis socialistes de tous les pays ont le devoir de lutter énergiquement pour l'instauration du suffrage universel des femmes. » C'est lors de la deuxième conférences internationale des femmes socialistes qu'elle proposera la création de la journée internationale des femmes (voir ci-contre).

Les femmes contre la guerre

Au sein du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), diverses tensions se manifestent autour de la question de la guerre. Clara Zetkin s'affirme clairement en opposition à la guerre qui se prépare, avec son amie,  révolutionnaire allemande aussi, Rosa Luxembourg. Elle mène de nombreuses actions pour la paix.

En novembre 1912, devant la cathédrale de Bâle, en sa qualité de secrétaire du mouvement international des femmes socialistes, elle appelle toutes les femmes et les mères à se dresser contre la guerre. Rosa Luxembourg et elle participent toutes deux à l'aile gauche du SPD. Mais le Parti finira par voter les crédits de guerre. Elles contribueront alors à fonder la Ligue spartakiste qui deviendra le Parti communiste d'Allemagne.

Elle organisera en 1915, en pleine Première Guerre mondiale, une conférence internationale pacifiste de femmes à Berne, en passant illégalement la frontière pour sortir de son pays. Mais à son retour, elle sera arrêtée et emprisonnée.

La révolution allemande de 1918 permet aux femmes d'obtenir le droit de vote et d'être élue. Clara Zetkin deviendra rapidement parlementaire pour le Parti communiste d'Allemagne à l'assemblée du Reichstag de 1920 à 1933. Clara Zetkin sera aussi parmi les rares femmes membres du Komintern de 1921 à 1933, année où, peu avant de décéder, elle appelait encore vivement à lutter contre le nazisme.

 

Pour en savoir encore un peu plus, n'hésitez pas à cliquer sur mes liens persos et/ou à vous inscrire volontairement ... 

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dimanche 7 mars 2010

SOLIDAIRE: Willy Claes (SP.a) reste au conseil d'administration de Carrefour...

CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...

RoRo
 

Willy Claes (SP.a) reste au conseil d'administration de Carrefour

Dehaene (CD&V) chez AB InBev, Willy Claes chez Carrefour, Karel Van Miert chez Philips… bon nombre d'hommes politiques des grands partis ne rechignent pas à entamer une seconde carrière chez un tueur d'emplois.

Tom De Meester

« Nous ne pouvons tolérer ce bain de sang social », écrit Gennez sur le site du SP.a. « Ensemble, nous pouvons intervenir contre les grands patrons qui jouent avec nos emplois. » Mais un de ces grands patrons « jouant avec nos emplois » n'est autre que Willy Claes, gros ponte du SP.a « à la retraite » ; ancien ministre et ancien patron de l'Otan. Depuis deux ans, il siège au conseil d'administration de Carrefour Belgique. Après les 1 672 licenciements, il a fait savoir qu'il n'était « pas l'homme à s'enfuir quand il y avait le feu ». « Appelons les choses par leur nom », corrige le professeur Carl Devos. « Un siège au conseil d'administration, ça paie bien. »

Willy, l'amateur de planques

Chez le concurrent Delhaize, un administrateur se fait entre 80 000 et 90 000 euros par an. Pour assister en moyenne à 7 ou 8 assemblées. Pour gagner la même chose, une caissière de Carrefour doit travailler 7 ou 8 ans ! On présume que Claes touche également quelque 10 000 euros par assemblée… Pas étonnant qu'il s'accroche à sa planque.

En tant qu'administrateur chez AB InBev, Dehaene (CD&V) a droit, outre son fixe d'environ 80 000 euros par an, à un bonus annuel de 9 000 options d'actions (environ 130 000 euros). La présidente du CD&V Marianne Thyssen attache beaucoup d'importance aux postes dans les CA des grandes entreprises. « Une entreprise a également une fonction sociale – l'emploi, pour n'en citer qu'une – sur laquelle l'homme politique peut imprimer sa marque », a déclaré Thyssen le 23 janvier dans une interview accordée au Nieuwsblad.

samedi 6 mars 2010

[alerte_otan] A qui profite la guerre? 6ème conférence pour la paix sur les relations entre la guerre et l'économie, Samedi 13 Mars 2010

 

----- Original Message -----
Sent: Thursday, March 04, 2010 10:13 PM
Subject: [alerte_otan] A qui profite la guerre? 6ème conférence pour la paix sur les relations entre la guerre et l'économie, Samedi 13 Mars 2010

 

 

A qui profite la guerre?

La paix n'est pas souhaitable pour qui s'enrichit par la guerre

Les marchands de canons ne sont pas les seuls à vivre de la guerre.

Les droits de l'homme et le terrorisme fournissent des alibis parfaits même quand il s'agit de la course aux matières premières. Toute la logistique entourant les opérations militaire est également très rentable.

 

Ce que l'on appelait autrefois « la défense » est aujourd'hui devenu « la sécurité ». La sécurité est le meilleur argument pour assurer des profits au-delà des seuls marchands d'armes. 

La sixième conférence pour la paix aura des couleurs britanniques: Ben Hayes de Statewatch a écrit un livre sur l'industrie de sécurité de l'Union Européenne et Ruth Tanner de l'ONG britannique War on Want est une spécialiste des campagnes contre les profiteurs de guerre.

Programme

10h15 Accueil et introduction de la conférence

 

10h30 – 12h30 Débat

'Le poids politique de vos actions dans l'industrie d'armement'

Que faire quand l'industrie militaire et de défense détermine la politique ?

Avec                            Ben Hayes (Statewatch)

                                   Luc Mampaey (GRIP)

                                   Thomas Baum (Vlaams Vredesinstituut)

                                   

Modérateur : Jacques Debatty (CNCD – 11 11 11)

13h15 – 14h30 Ateliers série 1

GT 1: Boycott et sanctions? Est-ce que les actions citoyennes peuvent avoir une influence sur les profiteurs de guerre ?

Introduction par Jan Dreezen (Vlaams Palestina Komitee)

Langue: Chacun parle sa langue

GT 2: Complexe militaro-industriel: des questions de société aux mains de l'industrie de sécurité

Introduction par Ben Hayes (Statewatch)

Langue: Anglais – pas de traduction

GT 3: Irak, une guerre profitable

Introduction par Jean Bricmont (UCL)

Langue: français – pas de traduction

GT.4: Le complexe militaro-industriel en Belgique: la politique soumise aux profits?

Introduction par Luc Mampaey (GRIP)

Langue: Français - avec traduction

GT5: Congo, la malédiction des ressources naturelles

Introduction par Tony Busselen (intal)

Langue: Néerlandais – sans traduction

14h45 – 16h00 Ateliers série 2

GT6: Armes nucléaires, pourquoi sont-elles encore là?

Introduction par Arnaud Ghys (CNAPD)

Langue: Français avec traduction

GT7: Exploitation minière, hold up sur les hommes et la nature

Introduction par Daan Janssens (Catapa)

Langue: Néerlandais - sans traduction

GT8:  Investir dans la guerre, l'industrie de la défense et les profiteurs de guerre sont clients de votre banque

Introduction par Ester Vandenbroucke (Netwerk Vlaanderen) et Mario Franssen (intal)

Langue: français - avec traduction

GT9: Afghanistan, guerre au terrorisme ou défense d'intérêts géostratégiques?

Introduction par Ludo De Brabander (Vrede vzw)

Langue: chacun parle sa langue

16h15 – 17h15 Session finale

Les victimes de la paix

Avec Ruth Tanner de l'ONG britannique War on Want

Sixième conférence pour la paix

Lieu: De Markten – Vieux marché aux grains 5 – 1000 Bruxelles

Date: 13 mars 2010 de 10h à 17h30

PAF: 3 Euros

Inscription souhaitée via info@cnapd.be ou au 02 640 52 62

Une initiative de: CNAPD, CSOTAN, intal, LEF, Masereelfonds, Oxfam Solidarité, Vonk, Vrede vzw, Vredesactie  

 

samedi 6 février 2010

PIRATAGE

Vous avez constaté que ce blog est piraté en permanence par des gangsters de l'informatique et dans le seul but de nuire , car il dérange. Dès que les origines de ce piratage seront détectées, plainte sera déposée en justice car le piratage est punissable par toutes les lois en vigueur...
RoRo

dimanche 10 janvier 2010

Daerdennesque au Sénat de Belgique ...

Daerdennesque au Sénat de Belgique ...
 
On savait déjà que notre brave ministre fédéral et "socialiste" des pensions était capable de faire des pitreries en français et, bien sûr, en wallon.
 
Mais le voir maintenant à l'oeuvre devant le Sénat de Belgique "in het nederlands", c' est pas mal du tout.
 
Si Michel Daerden sait remettre cela également en allemand (également langue nationale), c' est sûr et garanti, je militerai à ses côtés pour qu'il devienne au plus tôt Premier ministre.
 
Après tout autant voir Michel Daerden faire le pitre que le nationaliste flamand Yves Leterme ...
 
Au sein du gouvernement, aux côtés de la droite, le Ps francophone n' en sortirait que renforcé... De quoi réjouir Di Rupo ! Il doit être aux anges ???
 
RoRo
 
 
 

jeudi 7 janvier 2010

« Un aller sans retour », l’histoire d’un communiste juif égyptien article - Communistes de Vénissieux


 Un aller sans retour », l'histoire d'un communiste juif égyptien article - Communistes de Vénissieux

« Un aller sans retour », l'histoire d'un communiste juif égyptien article

préface de Alain Gresh
mercredi 23 décembre 2009
par communistes
popularité : 20%

par Alain Gresh

Les éditions L'Harmattan viennent de publier les souvenirs de Victor Segré, Un aller sans retour. L'histoire d'un communiste juif égyptien. Ce livre témoigne de l'histoire oubliée, parfois occultée, d'une communauté qui joua un rôle important en Egypte et qui fut, comme on le dit banalement, emportée par l'histoire.

J'en ai rédigé la préface que je publie ci-dessous.

J'ai, durant la présentation de cet ouvrage au Centre culturel égyptien, découvert que Victor Segré était l'oncle d'Ivan Segré, un Israélien religieux qui vient de publier aux éditions Lignes deux ouvrages de philosophie magistraux : Qu'appelle-t-on penser Auschwitz ? (préfacé par Alain Badiou) et La réaction philosémite. La trahison des clercs, une déconstruction jouissive du discours « philosémite » d'un certain nombre d'intellectuels français, d'Alain Finkielkraut à Daniel Sibony, et de leurs tentatives de ramener le judaïsme à l'Occident. A lire absolument, d'autant que la conspiration du silence autour de ce travail est puissante.

* * *

« Nés en Egypte, étions-nous Egyptiens, Arabes, Palestiniens, Français ou Russes ? Cette question m'a souvent hanté. » Tel un fil rouge, ce que l'on appellerait aujourd'hui le problème de l'identité traverse ce livre de mémoire de Victor Segré. Il prend d'autant plus d'importance que, né juif, il s'engagea très jeune dans le mouvement communiste et devint un ardent défenseur de l'aspiration nationale des Egyptiens et un contempteur du mouvement sioniste. Mais comment échapper aux tourbillons de l'histoire et, aussi, à ses injustices ?

C'est au Caire, en novembre 1926, que Victor vit le jour. Il grandit dans un quartier pauvre où juifs, musulmans, chrétiens vivaient côte à côte, en bonne entente. Les enfants jouaient ensemble dans les ruelles encombrées de détritus et leurs cris animaient les journées. La grand-mère maternelle de Victor était née à Kichinev et c'est là qu'elle avait connu son mari, un soldat polonais. Fuyant les pogroms – ils furent sauvés par un Pope –, le grand-père et la grand-mère se réfugièrent à Athènes avant de s'embarquer pour l'Egypte que l'on disait florissante. Le père de Victor était né français en Palestine avant, lui aussi, de s'installer au Caire où il fit la connaissance de sa femme. « Les deux familles englobaient plusieurs nationalités, des Français, des Russes de Bessarabie, des Britanniques, des Italiens et enfin, nous, la seconde génération née en Egypte. » Et Victor ? Etait-il Egyptien ? C'est ce choix qui allait marquer la première partie de sa vie.

L'insouciance est le propre des enfants, même s'il est confronté à la misère, une misère que personne, en Egypte, ne peut ignorer. Et cette misère se double d'une forme de racisme contre laquelle Victor s'insurge spontanément. « Je me souviens d'un incident qui laissa en moi une profonde impression de révolte », raconte-t-il. A l'époque, il y avait deux classes dans les autobus. Un jour, son oncle Jimmy revient furieux : « Quel scandale, je voyage en première pour ne pas être avec ces "wogs" et voilà que l'un d'eux vient s'asseoir près de moi. Quelle audace, quelle impertinence. » A l'époque, « wog » désignait les indigènes, c'est-à-dire les Arabes égyptiens – en principe, l'Egypte était un pays indépendant depuis 1922, mais en réalité Londres exerçait sa tutelle d'une main de fer et les « Arabes » étaient considérés avec mépris par beaucoup d'étrangers. Wog, « un terme non seulement péjoratif mais aussi dégradant. Je ne sais pas ce qui m'a pris ce jour. Instinctivement je réagis. "Après tout ils sont chez eux, dans leur pays. Ces autobus sont les leurs, ne l'oublie pas." Ce fut la catastrophe. » La réaction de l'oncle fut violente, mais Victor avait choisi son camp, celui des opprimés, celui des Egyptiens.

Dans ce contexte d'oppression, Victor est mieux à même, malgré son jeune âge, de comprendre la réaction de nombreux Egyptiens qui voyaient avancer les armées de l'Axe en Libye et qui espéraient que celles-ci « libéreraient » l'Egypte de « l'ennemi principal », le Royaume-Uni.

Evidemment, les juifs avaient une autre opinion, terrifiés par l'antisémitisme de Hitler. Mais, le voisin de la famille, Ibrahim Effendi, leur promet de les cacher dans sa ferme si les Allemands arrivent.

Malgré le danger, l'idée de partir en Palestine n'effleure même pas Victor et quand il rencontre un soldat de la Brigade juive, une brigade intégrée à l'armée britannique qui lui explique « ton pays, c'est la Palestine », il tombe des nues : « Je suis né dans ce pays, l'Egypte. L'Egypte est mon pays, tu comprends », il se fait traiter de traître. Et puis, comment comprendre quelqu'un qui prétend que « la Palestine est notre terre. Les Arabes doivent partir et nous laisser notre terre, notre pays ! » ? Plus tard, Victor expliquera à l'un de ses amis sionistes d'extrême gauche : « C'est la tâche et le devoir des juifs de s'intégrer dans cette lutte, la lutte contre l'impérialisme, pour la souveraineté du pays. S'ils n'agissent pas ainsi ils donnent l'impression d'apporter leurs soutiens aux impérialistes britanniques, alors ne t'étonne pas si les Egyptiens se tournent contre les juifs, voyant dans les juifs des collaborateurs. »

La guerre bat son plein, les Soviétiques résistent et écrasent les Allemands à Stalingrad, le prestige de l'URSS est à son apogée. Rien d'étonnant alors à ce que nombre de jeunes se tournent vers le communisme. Victor commence à fréquenter des soldats britanniques et communistes. Il s'initie au marxisme, lit des textes de Marx, Engels, Lénine, qu'il acquiert à la petite librairie française de la place Soliman Pacha, tenue par un monsieur « fort courtois », Henri Curiel, l'homme qui dirigera le Mouvement démocratique de libération nationale (MDLN), la principale organisation communiste. Le mouvement communiste égyptien, qui a été détruit par la répression dans les années 1920, se reconstitue mais reste marqué par les divisions, l'éclatement. Victor passe d'une organisation à l'autre, mais ses connaissances restent bien théoriques. Ce n'est que quand il est engagé dans une usine pour contrôler le rendement de la production, qu'il reçoit sa première leçon concrète de « lutte de classes » d'un contremaître : rationaliser la production signifie plus de chômage… Il retrouvera, plus tard, ce contremaître dans les camps d'internement du roi.

Les années d'après-guerre sont marquées par le développement d'un puissant mouvement national contre la tutelle britannique, mouvement dans lequel s'intègrent les communistes. Mais elles voient aussi l'exacerbation du conflit en Palestine, conflit qui va permettre au roi et aux Britanniques de « détourner » l'attention de l'opinion. La nouvelle du massacre de Deir Yassin le 9 avril 1948 provoqua de violentes manifestations en Egypte et des actes antisémites : la synagogue de Darb El Barabra fut incendiée. Mais, globalement, malgré les tentatives des Frères musulmans de tourner la population contre les juifs, ces manœuvres échouent. Et Victor raconte son expérience personnelle quand, encerclé par une dizaine de jeunes Frères, il est défendu par ses amis du quartier, pourtant sympathisants de l'organisation islamiste. Pourtant, Victor est pris dans une spirale que personne ne contrôle : « Les Arabes n'avaient non seulement aucune haine mais ne manifestaient aucune forme de discrimination raciste à l'égard des juifs d'Egypte. Mais à cause des événements qui se déroulaient en Palestine, les attaques contre les villages arabes, les achats de terres palestiniennes par des organisations internationales juives, tous ces facteurs ne firent qu'attiser le feu dans les pays arabes. Des manifestations de masse contre les sionistes eurent lieu, entraînant une grande vague d'antisémitisme. » La création, par les communistes, d'une Ligue juive contre le sionisme ne permit pas de renverser la tendance.

Le 15 mai 1948, après la proclamation de l'Etat d'Israël, l'Egypte aux côtés d'autres pays arabes entre en guerre. Au même moment, une vague d'arrestations frappe les communistes (et aussi les sionistes) coupables de s'opposer à la guerre et d'avoir, à la suite de l'Union soviétique, accepté le plan de partage de la Palestine.

Commence alors le long séjour dans les prisons puis dans le camp de Huckstep dans le désert. Pour Victor, l'incarcération durera plus d'un an, mais ce qu'il en retient est, avant tout, l'organisation, l'amitié, la solidarité, qui soudent une communauté. Les grèves de la faim permettent d'améliorer le sort quotidien. Et il croise d'improbables personnages, bandits de grand chemin, vrais provocateurs, et faux espions.

Pour Victor, c'est aussi le retour de la question lancinante, celle de l'identité, celle de la possibilité pour les « « étrangers » (juifs ou non) de s'intégrer dans la société égyptienne. « Prendre la fuite au lieu de nous intégrer à la société égyptienne ? Nous intégrer ou nous assimiler ? Des questions de principe sur lesquelles nous n'arrivions pas à nous mettre d'accord, à y voir clair. Serons-nous toujours des étrangers dans ce pays où nous sommes nés, où nous avons hérité d'habitudes et de culture, d'une façon de vivre ? Pouvons-nous nous résoudre à l'idée que nous sommes réellement des étrangers dans notre propre pays, notre terre natale ? »

Quand Victor apprend, en 1949, qu'il va être expulsé, il entame une grève de la faim. Il proclame dans une lettre son engagement communiste, « que je n'avais fait qu'aider les forces démocratiques du pays à lutter contre l'exploitation honteuse du peuple égyptien. Que cette aide quoique modeste était ma propre contribution à cette lutte, à la lutte du peuple avec qui j'avais grandi, partagé le pain et l'eau du Nil ». Emmené à Alexandrie, il est embarqué dans un bateau en route pour l'Italie, avec d'autres juifs dont certains iront en Israël car ils n'ont pas d'autre point de chute. Victor, fidèle à ses convictions, refusera le choix sioniste, et s'installera en France, la deuxième patrie de nombre de ces étrangers nés en Egypte et qui avaient grandi au cœur de la culture française, à l'ombre de la Révolution française, de Victor Hugo et de la Commune de Paris…

En fermant ce livre, on ne peut manquer d'être saisi de tristesse et de nostalgie. Les communautés juives et « étrangères » ont, pour l'essentiel, disparu d'Egypte et des pays arabes. L'Histoire les a emportés, souvent contre leur gré. Pourtant, ce départ a été une perte terrible pour le Proche-Orient, pour son développement, pour sa culture. Et l'on se prend à rêver, en songeant à l'Afrique du Sud et à la lutte du Congrès national africain (ANC) et des communistes sud-africains pour une Afrique du Sud « arc-en-ciel » où coexistent Blancs et Noirs, à ce que serait devenu le monde arabe si tous ces « minoritaires », qui s'identifiaient à ces peuples, à leurs cultures, à leurs combats, avaient eu la possibilité de rester…



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