mercredi 9 juillet 2008
Mugabe, ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal…
Mugabe, ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal…
Les grands médias français, journaux de droite et de gauche, télés privées et publiques au service de Sarkozy, ont enfin trouvé un sujet qui fait leur unanimité : le Zimbabwe est un enfer africain, et Robert Mugabe, son président inamovible, un vieillard criminel responsable des maux qui affligent son peuple. Même le journal « L’Humanité », qui fut autrefois anti-impérialiste, et qui est en 2008 désireux de ne pas être différent des autres, a titré l’autre jour : « Mugabe, au ban de l’Afrique » ! Ce qui est à la fois un mensonge, comme le montre la récente réunion de l’OUA, et une falsification des propos de Mandela par exemple. Car le père de la nation arc-en-ciel, et Zuma, dirigeant élu de l’ANC, s’ils ont condamné l’obstination de Mugabe à s’accrocher à un pouvoir ébranlé, et déploré « l’échec tragique du Zimbabwe », ne l’ont jamais attribué à son seul président. Il serait donc temps d’informer l’opinion française, manipulée, de quelques vérités que l’on sait, d’Alger à Pretoria.1-Le Zimbabwe, autrefois Rhodésie, a subi très longtemps le pillage colonial par l’Empire britannique. Le peuple noir du Zimbabwe n’a réussi à arracher son indépendance qu’après de longues années de lutte armée, sous la direction de militants courageux et populaires comme Robert Mugabe et ses compagnons, les partisans de la ZANU. Ils en conservent encore le prestige, une génération plus tard.2-L’indépendance politique arrachée au Royaume Uni Britannique laissait au nouveau Zimbabwe un lourd passif, sous-développement industriel, chômage et extraordinaire inégalité agraire : les trois-quarts des terres les plus fertiles restaient entre les mains de quelques dizaines de milliers de familles de grands propriétaires d’origine européenne, qui y produisaient essentiellement du tabac destiné à l’exportation. Aux termes des accords d’indépendance, la redistribution des terres, aspiration populaire incluse dans le programme des mouvements nationalistes arrivant au pouvoir, devait se faire en quelques années, grâce à l’indemnisation des colons expropriés par la Grande Bretagne. Les autorités britanniques n’ayant jamais tenu leur promesse, la réforme agraire était toujours à faire une génération plus tard.3-Le régime élu du Président Mugabe, soutenu en cela par la population, a lancé il y a quelques années un début de réforme agraire, sans indemnisation des grands propriétaires expropriés. Malheureusement, cela s’est fait de façon chaotique, trop souvent au seul profit de clients politiques du pouvoir plutôt que des paysans nécessiteux. Parallèlement, l’asphyxie économique du pays par les Britanniques et l’occident (aucun crédit du FMI, embargo commercial) entraînait une inflation énorme et la ruine d’une agriculture d’exportation incapable de poursuivre les investissements nécessaires (engrais, machines, etc).4-Une réforme agraire, donc, entamée dans les pires conditions, qui n’étaient pas du seul fait de Mugabe et son entourage, se termine en désastre économique, et l’émigration massive vers l’Afrique du Sud, au point d’y provoquer de véritables pogroms xénophobes. Le mécontentement populaire s’est exprimé majoritairement lors des élections législatives de 2008. L’obstination de Mugabe s’accrochant au-delà du raisonnable au pouvoir, en truquant les élections présidentielles, en faisant régner la terreur grâce à des gros bras recrutés dans le « lumpen prolétariat » de Harare et des villages, n’est évidemment pas la solution adaptée à longue échéance. Mais il est malhonnête de présenter le parti d’opposition (MDC) et notamment son dirigeant Tsvangirai, ancien syndicaliste, comme des démocrates progressistes : le syndicalisme peut conduire au pouvoir, à condition d’en sortir et de donner des gages politiques à des sponsors qui n’ont rien de désintéressé. Le MDC dont le programme est flou, hormis sa volonté d’accéder au gouvernement, est soutenu et financé par les dirigeants occidentaux et les agrariens « blancs » du Zimbabwe, menacés de réforme agraire.5-Si les solutions apportées par Mugabe et son parti sont inadaptées, le problème de l’inégalité agraire est bien réel, et la réforme agraire toujours nécessaire. Mieux, le même problème hérité de la civilisation européenne, existe aussi dans les pays voisins, et surtout en Afrique du Sud. Faute de réforme agraire depuis la fin de l’apartheid, il reste explosif, se traduit par une criminalité très forte à la campagne, un chômage massif (+ de 25%) que l’industrie ne peut absorber, et peut déboucher sur le pire si l’ANC ne sait pas le résoudre.6-Pour l’instant, il s’agit d’éviter le pire en ne se joignant pas à la meute des médias occidentaux qui envisage froidement de faire du drame zimbabwéen le prétexte d’une intervention impérialiste en Afrique Australe, à l’image de ce qui se passe au Tchad, en Somalie, etc…Relayés par les « Européens », les dirigeants britanniques et Georges Bush exigent de la « communauté internationale » de ne plus reconnaître les autorités du Zimbabwe (alors qu’ils maintiennent au pouvoir « leurs » dictateurs africains, du Camerounais Biya au Tchadien Deby). Prêts à combattre pour « la démocratie » jusqu’au dernier Zimbabwéen, ils envisagent froidement la guerre civile à Harare, et une intervention militaire internationale pour y « rétablir la paix », ce qui serait une ingérence directe de l’impérialisme en Afrique Australe. Le Zimbabwe, dans ce schéma impérial, pourrait devenir un nouvel Irak. La seule issue politique est la négociation pacifique entre Zimbabwéens, sans ingérence extérieure.
Il serait ahurissant que des anti-impérialistes français, par ignorance ou par opportunisme, prêtent la main à cette opération de l’impérialisme mondial, Bush, Gordon Brown et Sarkozy réunis.
Francis Arzalier
mercredi 2 juillet 2008
Fiscalité :: Combien la réforme du ministre des Finances va vous coûter
30 juin 2008 11:42 Il y a 2 jour(s)
Thème Pauvreté/Riches, Belgique, Gouvernement, Campagne pouvoir d'achat, Belgique
Fiscalité ::
Combien la réforme du ministre des Finances va vous coûterLe ministre des Finances prétend défendre notre pouvoir d’achat grâce à son projet de réforme fiscale. Mais il se permet contre-vérités, omissions, non-dits… Et cadenasse sa « rage taxatoire » : celle d’une TVA profondément injuste.
Marco Van Hees
«On paye trop vite trop d’impôts», affirme Didier Reynders pour justifier une nouvelle réforme fiscale. Pourtant sa réforme vise à rendre les riches plus riches. Qui alors paye trop vite, trop d’impôts ? (Photo Solidaire, Salim Hellalet)
1. Une réforme fiscale qui profite aux plus riches
« On paye trop vite trop d’impôts », affirme Didier Reynders pour justifier une nouvelle réforme fiscale. L’impôt des personnes physiques compte actuellement cinq tranches d’imposition (25, 30, 40, 45 et 50 %). Le ministre ne veut en garder que trois (25, 40 et 50 %). On cible ainsi les bas et moyens revenus, soutient-il.
Faux. Un bas ou moyen revenu ne bénéficierait que partiellement d’une telle mesure, alors que les plus riches s’en délecteraient pleinement, puisque leurs revenus couvrent l’ensemble des tranches visées.
Cette réalité est confirmée par l’évaluation budgétaire établie par… le cabinet Reynders. Sur les trois milliards d’euros que coûterait une telle réforme, un milliard irait aux 10 % les plus riches de la population (plus de 50 000 € brut par an).
Si l’on veut vraiment cibler les bas et moyens revenus, sans avantager les plus riches, cela peut se faire facilement en accordant un crédit d’impôt. Comme le propose la FGTB, par exemple : jusqu’à un certain salaire, vous recevez un chèque fiscal de 100 € par mois qui est directement déduit de votre précompte professionnel. Ou même, vous retouchez de l’impôt négatif, si vous êtes redevable de moins de 100 € d’impôts par mois.
2. La question que le ministre ne pose jamais
Osons une question indiscrète, voire déplacée : où le ministre va-t-il chercher les trois milliards de sa nouvelle réforme fiscale ? Il n’y a pas 36 solutions. Il y en a deux. Augmenter d’autres taxes (plus injustes) et/ou diminuer les dépenses de l’Etat. À quoi sert-il de payer 500 € d’impôts en moins si c’est pour payer 1 000 € en plus via la TVA, les frais scolaires, les soins médicaux, etc. ? Un seul exemple : si l’Etat ne subsidiait pas l’école, un couple ayant trois enfants devraient débourser 300 000 € rien que pour les études (du primaire au supérieur) des enfants.
3. La rage taxatoire, version Reynders
On sait que la baisse des impôts constitue le fonds commerce électoral de Didier Reynders. Mais pas de n’importe quel impôt. Ne venez surtout pas lui parler d’une baisse de la TVA. Or, il s’agit d’un impôt beaucoup plus injuste que l’impôt des personnes physiques, puisque chacun paye 21 %, qu’il soit petit pensionné ou grand patron de banque.
De 2002 à 2007, les recettes TVA sont passées de 19,6 à 25,5 milliards € . Une augmentation de six milliards (+ 30 %) en cinq ans. Deux fois la réforme fiscale de Reynders. S’il y a une véritable réforme fiscale à mener, c’est bien de réduire considérablement la part de cette taxe injuste.
Or, l’évolution est exactement inverse. Lors de l’introduction de la TVA, en 1971, le taux n’était que de 16 %. Depuis, il est passé successivement à 17 %, 19 %, 19,5 %, 20,5 % et 21 %. Par contre, le taux majoré sur les produits de luxe (25 %) a été complètement supprimé.
Et à l’avenir, les libéraux et la Commission européenne veulent continuer à augmenter les taxes indirectes : la TVA, les accises sur le carburant, les taxes sur l’eau et les déchets (au nom du « coût vérité »)…
4. L’homme qui parle à l’oreille des pauvres ?
Réduire la TVA ? Reynders y est farouchement opposé. Même sur des besoins de base comme le gaz et l’électricité. Est-il normal de payer le même taux pour du caviar que pour se chauffer ? Oui, soutient le ministre, car réduire la TVA sur l’énergie profiterait plus au riche qui chauffe sa piscine qu’à un pensionné à revenu modeste.
Pourtant, prenons la grosse villa que possède à La Hulpe son ami Michel Tilmant, le boss d’ING. La baisse de la TVA sur l’énergie ne lui rapportera à peine 0,04 % de son salaire de 4,4 millions €/an. Alors que pour un petit pensionné, cela représente facilement 2 % de son revenu.
Et puis, n’est-il pas étonnant de voir Reynders dénoncer une mesure qui profiterait aux riches ? N’est-ce pas grâce à sa réforme fiscale de 2001 que son ami Michel Tilmant réalise une économie d’impôt annuelle de… 200 000 € ?
5. Les 72 000 amis du ministre
On l’a dit, le ministre fait l’impasse sur la manière dont il financerait sa réforme fiscale. Une manière d’éluder ce débat de fond : il y a deux sortes de réformes fiscales, celles qui transfèrent de l’argent des bas et moyens revenus vers les plus riches (la sienne) et celles qui font l’inverse.
Sur le site internet Facebook, Didier Reynders a 526 supporters. Il pourrait facilement en avoir 72 000. Ce nombre est celui des millionnaires en dollars que compte notre pays, selon le tout récent rapport de Capgemini et Merrill Lynch. Ces riches toujours plus riches pourraient contribuer un peu plus aux finances publiques.
Mais le ministre veut épargner ses amis. Il refuse de taxer les revenus financiers de la même manière que les revenus du travail. Il refuse d’instaurer le moindre impôt sur la fortune (hormis le précompte immobilier, qui est un impôt sur… les petits patrimoines). Il refuse de taxer les plus-values sur actions (son ami Albert Frère l’en remercie). Il continue farouchement de prétendre que le secret bancaire n’existe pas, quitte à être contredit par… l’article 318 du code des impôts sur les revenus.
6. Le bon brut et les truands
Parmi les contre-vérités les plus pernicieuses du ministre Reynders, il y a aussi celle-ci : une augmentation du pouvoir d’achat ne peut venir que d’une baisse des impôts et non d’une hausse du salaire brut. Un principe qui ne vaut pas, bien sûr, pour les salaires plantureux des dirigeants des grandes entreprises. Reynders nous dira qu’on ne peut augmenter les charges salariales des entreprises sous peine de menacer leur compétitivité. Mais que disent les statistiques ?
De 1981 à 2006, les bénéfices des sociétés ont explosé : ils sont passés de 8 milliards € à 61,5 milliards €. La part de ces bénéfices dans le revenu national a ainsi doublé, passant de 9 % à 19 %. Et la part de leur revenu disponible (après transferts sociaux et fiscaux) a même été multipliée de deux fois et demi. Et ce ne sont pas les 2,4 milliards €/an que Reynders a offerts aux sociétés via les intérêts notionnels qui feront pencher la balance.
Par contre, sur la même période, la part des salaires a fortement baissé, passant de 57 % à 51 %. Ces 6 % ne disent pas grand-chose, mais ils représentent une perte de 19 milliards €. Cela représente près de 5 000 €/an par ménage. C’est autre chose que les promesses fiscales de Reynders…
mercredi 25 juin 2008
lundi 23 juin 2008
lundi 19 mai 2008
MICHEL CHOSSUDOWSKI: La famine mondiale
| Sujet: | MICHEL CHOSSUDOWSKI |
|---|---|
| Date: | Sun, 18 May 2008 19:31:10 +0000 (GMT) |
| Répondre à :: | fischer02003@yahoo.fr |
La famine mondiale
Par Michel Chossudovsky
www.mondialisation.ca
En cette époque d'après-guerre froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette « mondialisation de la pauvreté, » qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI).
Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvreté humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s'attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s'étend, par l'entremise du « libre marché », dans toutes les régions du monde y compris l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc soviétique et les « nouveaux pays industriels » (NPI) de l'Asie du Sud-est et de l'Extrême-Orient.
Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes. (Livre de Michel Chossudovsky intitulé : Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)
Introduction
La famine est le résultat d'un processus de restructuration en « marché libre » de l'économie mondiale qui prend ses assises dans la crise de la dette du début des années 1980. Ce n'est pas un phénomène récent, tel qu'il a été suggéré par plusieurs reportages des médias occidentaux, en se concentrant strictement sur l'offre et la demande à court terme des produits agricoles de base.
La pauvreté et la sous-alimentation chronique sont des conditions qui préexistaient avant les récentes hausses des prix des produits alimentaires. Ces derniers frappent de plein fouet une population appauvrie, qui a à peine les moyens de survivre.
Des émeutes de la faim ont éclaté presque simultanément dans toutes les grandes régions du monde: « Les prix des denrées alimentaires en Haïti a augmenté en moyenne de 40 % en moins d'un an, avec le coût des produits de première nécessitée tels que le riz qui a doublé... Au Bangladesh, [à la fin avril 2008] quelques 20,000 travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour dénoncer l'augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires et aussi pour demander des salaires plus élevés. Le prix du riz dans le pays a doublé au cours de la dernière année, menaçant les travailleurs qui gagnent un salaire mensuel de seulement 25 $ et qui ont faim. En Égypte, des protestations de travailleurs concernant les prix des produits alimentaires a secoué le centre industriel du textile de Mahalla al-Kobra, au nord du Caire, pendant deux jours la semaine dernière, où deux personnes ont été abattues par les forces de sécurité.
Des centaines de personnes ont été arrêtées et le gouvernement a envoyé des policiers en civil dans les usines pour forcer les travailleurs à travailler. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 40% en Égypte au cours de la dernière année... Plus tôt ce mois-ci, en Côte d'Ivoire, des milliers de personnes ont marché vers la maison du président Laurent Gbagbo, scandant « nous sommes affamés » et « la vie est trop chère, vous allez nous tuer » .
Des manifestations de même nature ainsi que des grèves et des affrontements sont survenus en Bolivie, au Pérou, au Mexique, en Indonésie, aux Philippines, au Pakistan, en Ouzbékistan, en Thaïlande, au Yémen, en Éthiopie et à travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne. » (Bill Van Auken, Amid mounting food crisis, governments fear revolution of the hungry, Global Research, April 2008)
Avec de grands pans de la population mondiale déjà bien en dessous du seuil de pauvreté, la hausse des prix des denrées alimentaires de base qui se produit sur une courte période est dévastatrice. Des millions de personnes dans le monde sont dans l'incapacité d'acheter de la nourriture pour leur survie
Ces augmentations contribuent d'une manière très réelle à « éliminer les pauvres » à travers « la mort par la famine. » Dit dans les mots de Henry Kissinger: « Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlerez la population. »
À cet égard, Kissinger a fait savoir à travers le « Mémorandum d'études sur la sécurité nationale de 1974: Les implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité et les intérêts étrangers des États-Unis, » que des famines récurrentes pourraient constituer de facto un instrument de contrôle de la population.
Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le prix des céréales a augmenté de 88% depuis mars 2007. Le prix du blé a augmenté de 181% sur une période de trois ans. Le prix du riz a augmenté de 50% dans les trois derniers mois (Voir Ian Angus, Food Crisis: "The greatest demonstration of the historical failure of the capitalist model", Global Research, April 2008): « La plus populaire variété de riz de la Thaïlande se vendait il y a 5 ans 198 $ US et à 323 $ la tonne l'an dernier. En avril 2008, le prix a atteint 1000 $. Les augmentations sont encore plus élevées sur les marchés locaux; en Haïti, le prix d'un sac de 50 kilos de riz a doublé en une semaine à la fin mars 2008. Ces augmentations sont catastrophiques pour les 2,6 milliards de personnes dans le monde qui vivent avec moins de 2 $ US par jour et qui consacrent de 60% à 80% de leurs revenus à l'alimentation. Des centaines de millions de personnes n'ont pas les moyens de manger » (Ibid)
Deux dimensions interdépendantes
Il y a deux dimensions interdépendantes dans la crise alimentaire mondiale en cours, qui plonge des millions de personnes à travers le monde dans la famine et la privation chronique, une situation où des populations entières n'ont plus les moyens d'acheter de la nourriture.
Tout d'abord, il y a un processus historique à long terme de politiques de réforme macroéconomiques et de restructuration économique mondiale, qui a contribué à baisser le niveau de vie partout dans le monde, autant dans les pays développés que dans les pays en développement.
Deuxièmement, ces conditions historiques préexistantes de pauvreté de masse ont été exacerbées et aggravées par la récente flambée des prix des céréales, qui a entraîné dans certains cas, le doublement du prix de détail des denrées alimentaires de base. Ces hausses de prix sont en grande partie le résultat de la spéculation boursière sur les denrées alimentaires de base.
La soudaine augmentation spéculative sur le prix des céréales
Les médias ont induit en erreur l'opinion publique sur les causes de ces hausses de prix, en se concentrant presque exclusivement sur la question des coûts de production, le climat et d'autres facteurs qui ont pour effet de réduire l'offre et qui pourraient contribuer à gonfler les prix des aliments de base. Bien que ces facteurs puissent entrer en jeu, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l'impressionnante et spectaculaire hausse des prix des produits de base.
L'escalade des prix des produits alimentaires est en grande partie le résultat d'une manipulation du marché. Elle est en grande partie attribuable à la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. Les prix des céréales sont artificiellement gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés boursiers de New York et de Chicago. Il est intéressant de noter qu'en 2007, le Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange, formant la plus importante entité au monde traitant dans le commerce des produits de base et comptant un large éventail d'instruments spéculatifs (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels, etc.)
Des transactions spéculatives sur le blé, le riz ou le maïs, peuvent se produire sans qu'il y ait de transactions réelles de ces produits.
Les institutions, qui actuellement spéculent sur le marché des céréales, ne sont pas nécessairement impliquées dans la vente ou la livraison des grains. Les transactions peuvent se faire par fonds indiciels qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse en général de la variation des prix des marchandises.
Une « option de vente » est un pari que les prix vont baisser, une « option d'achat » est un pari que les prix vont augmenter. Grâce à la manipulation concertée, les opérateurs institutionnels et les institutions financières font augmenter les prix. Ils placent alors leurs paris sur la hausse du prix d'un produit en particulier. La spéculation génère la volatilité du marché. À son tour, l'instabilité qui en résulte encourage la poursuite de l'activité spéculative.
Les bénéfices sont réalisés lorsque le prix monte. En revanche, si le spéculateur est un short-selling (1), le bénéfice sera réalisé lorsque le prix diminuera.
Cette récente flambée spéculative des prix des denrées alimentaires a engendré un processus mondial de création de la famine à une échelle sans précédent.
Ces opérations spéculatives ne devraient pas pouvoir engendrer délibérément la famine. Ce qui cause la famine est l'absence de procédures réglementaires relatives au commerce spéculatif (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels). Dans le contexte actuel, un gel des transactions spéculatives sur les produits alimentaires de base, décrété par décision politique, contribuerait immédiatement à faire baisser les prix des produits alimentaires.
Rien n'empêche que ces opérations soient neutralisées et désamorcées par un ensemble soigneusement élaboré de mesures réglementaires.
Visiblement, ce n'est pas ce qui est proposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Le rôle du FMI et de la Banque mondiale
La Banque mondiale et le FMI ont présenté un plan d'urgence, afin d'accroître l'agriculture en réponse à la « crise alimentaire. » Cependant, les causes de cette crise ne sont pas prises en compte.
Robert B. Zoellick, le président de la Banque mondiale décrit cette initiative comme un « new deal, » un plan d'action « pour un accroissement à long terme de la production agricole, » qui consiste entre autres à doubler les prêts agricoles pour les agriculteurs africains.
« Nous devons dépenser notre argent en fonction des besoins réels.» (We have to put our money where our mouth is now so we can put food into hungry mouths) (Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, BBC, 2 mai 2008)
La « médecine économique » du FMI et de la Banque mondiale n'est pas la « solution, » elle est plutôt en grande partie la « cause » de la famine dans les pays en développement. Plus le FMI et la Banque mondiale prêtent « pour accroître l'agriculture » et plus ils augmenteront les niveaux d'endettement.
La « politique de prêts » de la Banque mondiale consiste à accorder des prêts à la condition que les pays se conforment à l'agenda politique néolibérale qui, depuis le début des années 1980, a été propice à l'effondrement de l'agriculture alimentaire locale.
La « stabilisation macro-économique » et les programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale aux pays en développement (comme condition de renégociation de leur dette extérieure) ont conduit à l'appauvrissement de centaines de millions de personnes.
Les dures réalités économiques et sociales derrières les interventions du FMI sont les causes de l'augmentation démesurée des prix des produits alimentaires, des famine au niveau local, des licenciements massifs de travailleurs urbains et de fonctionnaires et de la destruction des programmes sociaux. Le pouvoir d'achat interne s'est effondré, les cliniques de santé contre la famine et les écoles ont été fermées, des centaines de millions d'enfants ont été privés du droit à l'enseignement primaire.
La déréglementation des marchés céréaliers
Depuis les années 1980, les marchés céréaliers ont été déréglementés sous la supervision de la Banque mondiale et des surplus céréaliers des États-Unis et de l'Union européenne ont systématiquement été utilisés pour détruire la paysannerie et pour déstabiliser l'agriculture alimentaire nationale. À cet égard, les prêts de la Banque mondiale exigent la levée des barrières commerciales sur les importations de produits agricoles de base, conduisant au dumping des surplus céréaliers des États-Unis et de l'Union européenne sur le marché local. Ces mesures, ainsi ques d'autres mesures, ont mené les producteurs agricoles locaux à la faillite.
Un « marché céréalier libre », imposé par le FMI et la Banque mondiale, détruit l'économie paysanne et affaibli la « sécurité alimentaire. » Le Malawi et le Zimbabwe étaient auparavant des pays prospères en excédent céréalier, le Rwanda était pratiquement autosuffisant en matière alimentaire jusqu'à 1990, date à laquelle le FMI a ordonné le dumping des excédents céréaliers de l'Union européenne et des États-Unis sur le marché intérieur, précipitant ainsi les petits agriculteurs en faillite. En 1991-1992, la famine a frappé le Kenya, un pays qui connaissait un succès pour ses surplus céréaliers. Le gouvernement de Nairobi avait précédemment été mis sur une liste noire pour ne pas avoir obéi à des recommandations du FMI. La déréglementation du marché des céréales a été exigée comme une des conditions pour le rééchelonnement de la dette extérieure de Nairobi avec les créanciers officiels du Club de Paris.
(Livre de Michel Chossudovsky, Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)
Dans toute l'Afrique, ainsi qu'en Asie du Sud-est et en Amérique latine, le modèle des « ajustements structurels » dans l'agriculture sous la tutelle des institutions de Bretton Woods a servi de manière sans équivoque à la disparition de la sécurité alimentaire. La dépendance vis-à-vis du marché mondial a été renforcée, entraînant une augmentation des importations de céréales commerciales, ainsi qu'une augmentation de l'afflux « d'aide alimentaire. »
Les producteurs agricoles ont été encouragés à abandonner l'agriculture alimentaire et à se convertir dans des cultures de « haute valeur » à des fins d'exportation, souvent au détriment de l'autosuffisance alimentaire. Les produits de grande valeur ainsi que les cultures à des fins d'exportation ont été soutenus par des prêts de la Banque mondiale.
Les famines à l'ère de la mondialisation sont le résultat de ces politiques. La famine n'est pas la conséquence d'un manque de nourriture, c'est en fait tout le contraire: les surplus alimentaires mondiaux sont utilisés pour déstabiliser la production agricole dans les pays en développement.
Strictement réglementée et contrôlée par l'industrie agroalimentaire internationale, cette offre excédentaire est finalement propice à la stagnation de la production et de la consommation des produits alimentaires de base essentiels et à l'appauvrissement des agriculteurs dans le monde. En outre, en cette époque de mondialisation, les programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale ont un lien direct sur le processus de développement de la famine, car ils affaiblissent systématiquement toutes les catégories d'activités économiques urbaines ou rurales, qui ne servent pas directement les intérêts du marché mondial.
Les revenus des agriculteurs dans les pays riches et dans les pays pauvres sont réduits par une poignée d'industriels du secteur de l'agroalimentaire mondial qui en même temps contrôlent les marchés des céréales, les intrants agricoles, les semences et la transformation des aliments. La géante société Cargill Inc avec plus de 140 filiales et sociétés affiliées à travers le monde contrôle une part importante du commerce international des céréales. Depuis les années 1950, Cargill est devenue le principal contractant pour « l'aide alimentaire » des États-Unis financée par la Loi Publique 480 (1954).
L'agriculture mondiale a pour la première fois de l'histoire, la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de toute la planète, mais la nature même du marché mondial de ce système ne permet pas que ça se réalise. La capacité de produire de la nourriture est immense, mais les niveaux de consommation alimentaire restent extrêmement faibles, car une grande partie de la population mondiale vit dans des conditions d'extrême pauvreté et de privation. En outre, le processus de « modernisation » de l'agriculture a conduit à la dépossession des paysans et à l'augmentation du niveau de dégradation des terres et de l'environnement. Autrement dit, les forces mêmes qui encouragent la production alimentaire mondiale à se développer favorisent également une diminution du niveau de vie et une baisse de la demande de nourriture.
Le traitement choc du FMI
Historiquement, les escalades de prix des produits alimentaires au niveau du commerce en détail ont été déclenchées par la dévaluation des monnaies, qui ont toujours été le résultat invariable d'une situation hyper inflationniste. Par exemple, en août 1990 au Pérou, sur les ordres du FMI, du jour au lendemain le prix du carburant a été multiplié par 30 et le prix du pain a été multiplié par 12 : « Partout dans le tiers-monde, la situation est celle du désespoir social et de la désolation d'une population appauvrie par l'interaction des forces du marché. Les émeutes contre les programmes d'ajustement structurel et les soulèvements populaires sont sauvagement réprimées: À Caracas, en 1989, le président Carlos Andres Perez qui après avoir dénoncé avec éloquence le FMI d'exercer « un totalitarisme économique qui ne tue pas par des balles mais par la famine », a déclaré un état d'urgence et a régulièrement envoyé des unités d'infanterie et des commandos de la marine dans les quartiers pauvres (barrios de ranchos) sur les collines surplombant la capitale. Les émeutes anti-FMI de Caracas ont été déclenchées à la suite d'une augmentation de 200 % du prix du pain. Hommes, femmes et enfants ont essuyé des tirs sans discernement: « Il a été rapporté que la morgue de Caracas comptait jusqu'à 200 cadavres de personnes tuées dans les trois premiers jours ... et elle a avisé qu'elle était à court de cercueils. Officieusement plus d'un millier de personnes ont été tuées. Tunis, en janvier 1984: les émeutes du pain instiguées en grande partie par de jeunes chômeurs pour protester contre la hausse des prix alimentaires. Au Nigeria en 1989: les émeutes des étudiants contre les programmes d'ajustement structurel ont entraîné la fermeture de six universités du pays par les Forces armées. Au Maroc, en 1990: une grève générale et un soulèvement populaire contre les réformes du gouvernement parrainées par le FMI. » (Michel Chossudovsky, op cit.)
Les semences génétiquement modifiées
Coïncidant avec la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, un autre important changement historique a eu lieu dans la structure de l'agriculture mondiale.
Dans le cadre du contrat de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)), les géants de l'agroalimentaire ont une entière liberté d'entrer dans les marchés céréaliers des pays en développement. L'acquisition de « droits de propriété intellectuelle » exclusifs sur les variétés végétales par des intérêts agroindustriels favorise aussi la destruction de la biodiversité.
Agissant au nom d'une poignée de conglomérats de biotechnologie, des semences OGM ont été imposées aux agriculteurs, souvent dans le cadre de « programmes d'aide alimentaire. » Par exemple, en Éthiopie des trousses de semences OGM ont été remis aux agriculteurs pauvres afin de rétablir la production agricole à la suite d'une grande sécheresse. Les semences OGM ont été plantées, donnant une seule récolte. Mais après, les agriculteurs ont réalisé que les semences OGM ne pourraient pas être replantées sans payer de redevances à Monsanto, Arch Daniel Midland et al. Ensuite, les agriculteurs ont découvert que les graines ne pousseraient que s'ils utilisaient les intrants agricoles soit, les engrais, les insecticides et les herbicides qui sont produits et distribués par les entreprises agroalimentaires de biotechnologie. Toute l'économie paysanne est dorénavant enfermée entre les mains des conglomérats de l'agro-industrie.
Avec l'adoption généralisée de semences OGM, une transition majeure a eu lieu dans la structure et dans l'histoire de l'agriculture depuis sa création il y a 10,000 ans.
La reproduction de semences au niveau des villages et chez les producteurs de semences a été perturbée par l'utilisation de semences génétiquement modifiées. Le cycle agricole, qui permet aux agriculteurs de stocker leurs semences biologiques et de les semer pour en tirer la prochaine récolte a été brisé. Ce concept destructeur, produisant invariablement la famine, est reproduit partout, pays après pays, conduisant à la disparition de l'économie paysanne mondiale.
samedi 17 mai 2008
de Michel Collon, journaliste politique belge: Nouveau : Venezuela, Birmanie, trafic d'organes, Tibet, faim dans le monde, ...]
| Sujet: | Nouveau : Venezuela, Birmanie, trafic d'organes, Tibet, faim dans le monde, ... |
|---|---|
| Date: | Sat, 17 May 2008 11:21:33 +0200 |
| De: | Michel Collon mailto:michel.collon@skynet.be |
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MICHEL COLLON
Romain Migus - L'ordinateur de gauche et l'ordinateur de droite
A propos de Chavez, de Correa et des FARC, Interpol ne dit pas du tout ce qu'on lui fait dire
Ordinateur
Raul Zibechi - Le retour de la Quatrième Flotte : un message de guerre à l'Amérique latine
Le sous-continent leur échappant de plus en plus, les Etats-Unis préparent des solutions militaires
Déclaration de guerre
Sara Flounders - Cyclone en Birmanie : l'hostilité américaine entrave les secours
A l'approche du cyclone, Bush a intensifié ses sanctions. Pourquoi le Pentagone veut-il prendre l'aide en mains ?
Birmanie
Thierry Meyssan - Les États-Unis parviendront-ils à pousser le Hezbollah à la faute ?
Les émeutes de Beyrouth ont été volontairement provoquées par Washington. Pourquoi ?
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Véronique Wautier - Nous sommes des crapules qui défendons des crapules
Réaction aux nouveaux "exploits" de la Ville de Bruxelles, son bourgmestre, ses commissaires...
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Gilles Bonneau - Mais qui sont ces moines tibétains ? De surprenants souvenirs de famille.
Un séjour à Darjeeling lui a permis de découvrir l'envers du beau décor
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Esteban Lazo Hernandez - Les coupables de ce génocide au poteau, ils sont connus !
L'humanité résoudra-t-elle le problème de la faim ?
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François Xavier - Manoeuvres et manipulations de l'industrie pharmaceutique
Nous ne sommes pas aussi malades que certains voudraient nous voir
Industrie pharmaceutique
Rick Rozoff - Les tueurs du Kosovo
Les forces spéciales US et allemandes savaient et n'ont rien fait. Complices ?
Trafic d'organes
Julien Salingue - Comment les États-Unis ont organisé une tentative de putsch contre le Hamas
Ce n'étaient pas des "rivalités inter-palestiniennes", mais la tactique du "Regime Change"
Hamas
Paul-Éric Blanrue - Jérôme Kerviel, bouc émissaire du capitalisme financier
Pourquoi la Socgen n'a-t-elle pas stoppé Kerviel avant janvier 2008 ?
Jérôme Kerviel
Benito Pérez - La faim justifie les moyens
La "communauté internationale" fait mine d'assister à une catastrophe naturelle. Hypocrites !
Crise alimentaire
Jacques Richaud - Compassion et impérialisme
Les ONG, la pitié, le spectacle humanitaire. Cynique ou lucide ?
Compassion
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Jacques-Marie Bourget - RSF, les banlieues, et la liberté de la presse
Pour Ménard, la liberté de la presse est menacée par... les Blacks et les Beurs
RSF
dimanche 4 mai 2008
Serge N Fosso témoigne: Débarqué manu-militari d'un avion de la Brussels Airlines pour avoir refusé de voyager dans ... un avion de torture]
| Sujet: | Serge N Fosso témoigne: Débarqué manu-militari d'un avion de la Brussels Airlines pour avoir refusé de voyager dans ... un avion de torture |
|---|---|
| Date: | Sun, 04 May 2008 14:15:21 +0200 |
| De: | Gilbert Leonard mailto:gleonard2008-kr@yahoo.fr |
| Pour :: | destinataires inconnus:; |
Paris, le 03 mai 2008
Débarqué manu-militari d'un avion de la Brussels Airlines, détenu pendant 10 heures: Serge N. FOSSO avait refusé de voyager dans ... un avion de torture.
Source : http://www.thotep.com/article.php3?id_article=554
Quand Serge N FOSSO est monté dans l’avion de la Brussels Airlines ce 26 avril 2008 pour un vol à destination de Kinshasa via Douala, il a entendu des appels au secours étouffés ; il a alors vu que des policiers maintenaient les mains sur le visage d’un jeune homme pour l’empêcher de crier.
Serge a tout de suite pensé à Sémira, cette jeune fille Nigériane morte étouffée en septembre 1998 lors d’une opération d’expulsion sur un avion de la compagnie belge la Sabena.
Serge a raconté à Thotep comment son refus de voyager sur un vol dans ces conditions qui font injures aux droits de l’Homme et au respect dû aux voyageurs l’a conduit en détention sans boire et sans manger pendant plus de 10 heures.
Pour voir le témoignage vidéo de Serge: http://www.thotep.com/article.php3?id_article=554
Les précédents sont nombreux, partout en Europe, sur les compagnies "nationales":
Air France, Roissy-Charles-de-Gaulle, 11 mars 2008: Madame Fatimata M’Baye est interpellée par la police française qui l'a « complètement déshabillée » parce qu'avec d'autres passagers, elle s'était indignée des conditions inhumaines dans lesquelles un ressortissant mauritanien en cours d'expulsion était placé dans l'avion; elle affirme sur les ondes de RFI n'avoir « jamais réellement su ce que fouiller au corps voulait dire » jusqu'à ce 11 mars, en dépit de sa longue carrière d'avocate. Madame Fatimata M'Baye est aussi vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et est militante des droits de l'Homme dans son pays la Mauritanie. Droits de l'Homme interdits en France!
British Airways, Londres, 27 mars 2008: 136 passagers Nigérians sont expulsés d'un avion parce qu'ils protestent contre le traitement inhumain infligé par la police anglaise à un Nigérian expulsé.
Alors que les hypocrites font mine de célébrer Aimé Césaire le Nègre Fondamental,
C'est donc partout en Europe que l'on interdit les droits de l'Homme aux "Nègres".
C'est donc partout en Europe que l'on sanctionne ceux qui défendent les "droits des Nègres".
C'est ainsi que quand le responsable communication du Ministère de "l'Identité Nationale" traite sur un lieu public un vigile de "sale noir", son Ministre Hortefeux estime que c'est une "affaire privée", signifiant ainsi qu'il n'y a pas lieu d'en faire une affaire politique.
Le racisme anti-Nègres n'est donc qu'un détail de la vie privée qui ne doit déclencher aucune vague d'indignation au niveau de la Nation.
C'est comme le racisme sur les terrains de foot.
En ce 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse, les journalistes se feront-ils l'écho de ces dérives contraires aux Droits de l'Homme ?
Ou préféreront-ils rester dans les rangs et se taire pour continuer de profiter des 7650,00 euros d'exonérations fiscales sur leurs revenus salariaux ?
Pour voir le témoignage vidéo de Serge: http://www.thotep.com/article.php3?id_article=554
Gilbert Léonard
samedi 3 mai 2008
190 ième anniversaire de la naissance de KARL Marx.]
Ce message me vient de notre ami René ANDERSEN, militant communiste belge de la région de Charleroi, qui vit aujourd'hui dans les environs de Dresden, ex-Rda.
Outre l'histoire tragique de Dresden, où les alliés (criminels de guerre) ricano-britanniques, ont massacré inutilement plusieurs dizaines de milliers de civiles, en guise d' avertissement à l' Urss, je me souviens de Karl-Marx-Stad. Dans cette ville nouvelle rebatie, à la Pentecôte 1967, j'y ai représenté officiellement la Jcb (Jeunesse communistre de Belgique) au Ve Parlement de la Fdj, en présence notamment d' Eric Hoenecker, ancien résistant anti-fasciste qui fut odieusement poursuivi par la "Justice" de la nouvelle "démocratie", instaurée après l' Ansschluss de la Rda...
Un séjour, des rencontres inoubliables, avec les jeunes communistes de Rda et avec la population, présente par milliers dans les rues... Un peuple qui ne mourrait pas de faim, puisque après toutes les difficultés et même certaines erreurs de l' après-guerre, la Rda était devenue la 8e puissance économique mondiale, avec un régime entièrement construit sur les ruines du nazisme, avec une population qui jouissait d'un standard de vie qui équivalait malgré tout à celui de la Grande-Bretagne... Malgré aussi, le refus des puissances raicano-otano-occidentales de reconnaître son existence officielle pendant plusieurs décennies ..., comme ce fut le cas de la Chine d' ailleurs, de l'ex- Urss et de Cuba qui ont subi et/ou subisent encore le blocus économique.
RoRo
-------- Message original --------
| Sujet: | 190 ième anniversaire de la naissance de KARL Marx. |
|---|---|
| Date: | Sat, 03 May 2008 16:09:04 +0200 |
| De: | René Andersen mailto:rene.andersen@online.de |
| Pour :: | Frau Claudine Polet mailto:claudinepolet@skynet.be, Romain mailto:roger.romain@skynet.be |
Salut camarades,
Le 5 mai 1818 naissait Karl Marx, à Trier (Trèves)sur les bords de la Moselle. A l ' occasion du 190 ième anniversaire de sa naissance diverses manifestations en son hommage seront organisées en Allemagne (notamment ) Ce sera le cas ce jour, à Chemnitz (qui porta le nom de Karl-Marx-Stadt de 1953 jusqu'en 1990). "Ils" ont beau changer le nom des rues, des villes, ou même tuer et tout détruire comme en Irak, Afghanistan,Palestine et ailleur, dans le monde-rien ne pourra empêcher le Monde civilisé dont parlait K.Marx d'avoir le dernier mot.
A bientôt, Andersen René
vendredi 2 mai 2008
Le Quotidien du Peuple en ligne - L'Ambassadrice de Chine en Grande-Bretagne vous donne une juste idée du Tibet]
-------- Message original --------
| Sujet: | Fw: Le Quotidien du Peuple en ligne - L'Ambassadrice de Chine en Grande-Bretagne vous donne une juste idée du Tibet |
|---|---|
| Date: | Fri, 2 May 2008 09:38:49 +0200 |
| Répondre à :: | melusine mailto:melusine@nerim.net |
Subject: Le Quotidien du Peuple en ligne - L'Ambassadrice de Chine en Grande-Bretagne vous donne une juste idée du Tibet
L'Ambassadrice de Chine en Grande-Bretagne vous donne une juste idée du Tibet |
Nombreux sont les Britanniques qui, en se fondant sur de pures hypothèses, croient que le Tibet est un pays indépendant, alors qu'ils ne savaient pas que leur propre pays avait envahi à deux fois cette contrée qui était intégrée depuis de très longues années dans l'immense et vaste territoire de la nation chinoise. Déjà un siècle avant que l'Anglais Georges Everest (1790 - 1866) (cartographe et Surveyor-General of India de 1830 à 1843) qui arriva au Tibet au début du 19ème siècle, le gouvernement chinois de l'époque dépêcha successivement dans cette région deux équipes de topographes qui procédèrent au levé des cartes et des plans de terrains assez étendus sur ce haut-plateau mystérieux couvert de neige. Une carte publiée en 1760 sous le règne (1736 à 1795) de l'empereur Qianlong de la dynastie des Qing (1644 à 1911) porte déjà le nom de Chomolungma (en tibétain : la très haute déesse), alors que la plupart des Occidentaux pensaient que ce plus haut sommet du monde a été « découverte » par ce monsieur Georges Everest qui était un cartographe et occupait le poste de Surveyor-General of India de 1830 à 1843 et lui a donné le nom de « Mont Everest » qui est imprégné d'un profond sens colonialiste et qui est utilisé jusqu'à aujourd'hui.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne |
http://french.people.com.cn/Horizon/6402209.html
AU FIL DES JOURS 14
-------- Message original --------
| Sujet: | AU FIL DES JOURS 14 |
|---|---|
| Date: | Fri, 2 May 2008 15:11:42 +0200 |
| Répondre à :: | melusine mailto:melusine@nerim.net |
Sent: Friday, May 02, 2008 1:35 PM
Subject:AU FIL DES JOURS 14
Comaguer
Au fil des jours...
02.05.08
AFDJ14
Incurable capitalisme !
« La Tribune » du 8 avril raconte une histoire exemplaire.
En 1999 Renault met en vente, avec d’autres fonderies, sa fonderie d’aluminium de Cléon qui produit les carters des boites de vitesse pour les voitures produites par l’entreprise.
La fonderie est donc ravalée au rang de sous-traitant avec la pression supplémentaire sur les coûts et les salaires qui accompagnent toujours ce changement de statut.
Le premier racheteur est une filiale commune de RENAULT et FIAT : TEKSID
En 2002 la fonderie de Cléon est revendue à un fonds de pension étasunien QUESTOR qui la revend lui-même en 2007 à un fonds d’investissement allemand BAVARIA.
En 2008 BAVARIA la remet en vente car il ne veut pas investir les 20 millions d’euros nécessaires à la modernisation de l’usine.
Derrière ce monopoly boursier, le gâchis habituel :
Les investisseurs successifs extraient un maximum de plus value, font suer le burnous et font cracher du cash à la fonderie. *
( * L’article est, hélas, muet sur l’évolution des effectifs et des salaires de l’entreprise entre 1999 et 2008 comme sur le montant des plus values financières réalisées par les différents revendeurs )
Ils n’investissent pas un euro dans l’entreprise.
Résultat industriel : une production de mauvaise qualité, des clients qui se détournent et un dépôt de bilan en vue.
Devinez qui rachète ? RENAULT !
Pour, parait-il, un euro symbolique, mais RENAULT devra investir les 20 millions d’euros que BAVARIA n’a pas voulu débourser pour moderniser.
Question : RENAULT revendra-t-il une nouvelle fois après modernisation ?
Question subsidiaire mais de portée plus générale : C’est bientôt fini, ce délire ?
jeudi 1 mai 2008
Le Premier ministre touche plus de 200.000 euros bruts par an]
Sans compter tous les avantages inhérents à la fonction comme le dit le texte ...
En son temps, Guy COEME disait que sa profession, c' était "député". Il était né, par la gâce divine, pour "servir les gens", par vocation ...
Le Premier ministre touche plus de 200.000 euros bruts par an
Le Premier ministre et les vice-Premiers ministres gagnent 212.214 euros bruts par an. Les ministres ordinaires ont droit à 208.570 euros bruts par an et les secrétaires d'Etat à 198.583 euros bruts par an. A ce chèque, il faut ajouter, parmi les principaux avantages, une voiture avec carburant, un gsm et ses communications, de même qu'un personnel de maison (une personne) généralement affecté à l'entretien de leur domicile privé. Le salaire des top managers, des patrons d'entreprises publiques ou semi-publiques, nommés par les ministres, est de loin bien supérieur: 2,2 millions d'euros pour Didier Bellens (Belgacom), 820.000 euros pour Johnny Thijs (La Poste) ou encore 480.000 euros pour les administrateurs des holdings de la SNCB. (GFR)
mercredi 30 avril 2008
Italie: Gianfranco Fini élu président de la Chambre
ITALIE: Après Rome, les nouveaux fascistes s' installent aux postes-clé.
Italie: Gianfranco Fini élu président de la Chambre
Gianfranco Fini, dauphin du futur chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et ancien néo-fasciste, a été élu mercredi président de la Chambre des députés.
Il a été élu au quatrième tour par 335 voix sur les 611 députés présents, la majorité requise étant de 306 voix, a annoncé Pierluigi Castagnetti qui présidait la séance. Gianfranco Fini est le premier homme politique issu de l'ancien parti néo-fasciste Mouvement social italien (MSI) à accéder à une fonction aussi haute de l'Etat italien, le président de la Chambre des députés étant la troisième personnalité dans la hiérarchie. Lors des trois premiers votes mardi, M. Fini n'avait pas réussi à atteindre la majorité requise des deux tiers. M. Fini, 56 ans, est président d'Alliance nationale, parti conservateur issu de l'ancien MSI. Il a occupé les fonctions de vice-Premier ministre (2001-2006) et de chef de la diplomatie italienne (2004-2006) dans le précédent gouvernement Berlusconi. (GFR)
mardi 29 avril 2008
Consultez les photos de Romain Roger sur Windows Live Spaces]
La dernière photo est consacrée à mon fils Stéphane qui a péri tragiquement il y a déjà 10 ans, le 1er Mai 1998, la veille de ses 25 ans...
Grand merci à tous ceux qui se souvienne encore de cet horrible événement familial et d' avoir encore une ptite pensée pour lui en cette veille de 1er Mai !
RoRo
| Romain Roger veut partager des photos avec vous |
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| ||||||
| Les liens fonctionnent mal ? Collez ce lien dans votre navigateur. Afficher les photos : http://romaindecourcelles.spaces.live.com/photos/cns%21AF336575BD9B73BE%21415 |
BELGIQUE: LA PIEUVRE BRUNE ET NOIRE]
BELGIQUE: LA PIEUVRE BRUNE ET NOIRE
Sent: Tuesday, April 29, 2008 10:25 AM
Subject: LA PIEUVRE BRUNE ET NOIRE
Voici un schéma (source: ResistanceS)représentant les liens et les ramifications des différents groupuscules d'extrême-droite en Belgique Francophone.
Vous remarquerez que ceux qui se disent "modérés", "démocratiques", et "ouverts" sont bel et bien liés à des mouvements qui prônent la peine de mort, l'exclusion et la mise en place d'un état policier et/ou militaire.
A vous de juger qui est méchant...
BELGIQUE: LA PIEUVRE BRUNE ET NOIRE
Subject: LA PIEUVRE BRUNE ET NOIRE
Voici un schéma (source: ResistanceS)représentant les liens et les ramifications des différents groupuscules d'extrême-droite en Belgique Francophone.
Vous remarquerez que ceux qui se disent "modérés", "démocratiques", et "ouverts" sont bel et bien liés à des mouvements qui prônent la peine de mort, l'exclusion et la mise en place d'un état policier et/ou militaire.
A vous de juger qui est méchant...
Municipales à Rome: la droite triomphe et enlève la capitale à la gauche: un neo-fasciste s' empare de Rome ...
Triste bilan pour la fausse "gauche", réformiste, participationniste, opportuniste et collaborationniste, déjà battue aux récentes législatives italiennes ! Les amis de Gianni Alemanno peuvent lever le bras et la main tendus (vu ce mardi à la télé!): l'Euro-dictature devient de plus en plus noire, sur fond de paupérisation, de racisme, de nationalisme, d' européanisme, d' atlantisme, de ricanisme, de libéralisme et de répression de plus en plus poussée.
Je ne cesse de le répéter, dans cette Europe pillée et exploitée par les multinationales et transnationales capitalistes, il est grand temps de recréer une véritable gauche, marxiste-léniniste, révolutionnaire et internationaliste, qui se battra de nouveau pour et aux côtés des peuples travailleurs dans la solidarité et l'union.
Son sale travail accompli, à la tête de l' Euro-dictature et de l' Italie, le fameux Prodi semble avoir jeté définitivement l'éponge, quoiqu'il puisse encore rejaillir ailleurs ...
Quand donc les syndicats vont-ils également se réveiller pour appuyer véritablement un grand mouvement revendicatif dans la lutte ?
RoRo
Subject: Municipales à Rome: la droite triomphe et enlève la capitale à la gauche
Municipales à Rome: la droite triomphe et enlève la capitale à la gauche
Municipales à Rome: la droite triomphe et enlève la capitale à la gauche
La droite a triomphé à Rome, son candidat Gianni Alemanno réussissant à enlever la capitale italienne à la gauche qui la dirigeait depuis 15 ans, grâce à une confortable avance de sept points, selon des chiffres définitifs publiés lundi soir par le ministère de l'Intérieur.
Ce résultat est une catastrophe pour le Parti démocrate (PD) de centre gauche de Walter Veltroni, déjà nettement battu aux législatives des 13 et 14 avril par Silvio Berlusconi. C'est "une victoire historique", s'est félicité le futur chef du gouvernement, tandis que Walter Veltroni déplorait "une défaite très grave, très lourde". M. Alemanno l'a emporté avec 53,65% des voix, contre 46,34% à son rival, le ministre de la Culture sortant et ex-maire de Rome Francesco Rutelli. Ce succès "vient compléter notre victoire aux législatives" et "les Romains ont choisi le programme de bonne gouvernance du PDL dont l'objectif est de conjuguer une plus grande sécurité à Rome et la modernisation des infrastructures urbaines", a estimé Silvio Berlusconi, chef du parti du Peuple de la liberté (PDL). (CYA)
dimanche 27 avril 2008
Scénario de l'affrontement stratégique sur la scène asiatique Guy Spitaels
Pour ceux qui ne le connaissent pas: Guy Spitaels fut en Belgique Président du Parti "socialiste" francophone ...
RoRo
-------- Message original --------
| Sujet: | Scénario de l'affrontement stratégique sur la scène asiatique Guy Spitaels |
|---|---|
| Date: | Fri, 25 Apr 2008 16:42:06 +0200 |
| Répondre à :: | melusine mailto:melusine@nerim.net |
Livre à lire absolument
Scénario de l'affrontement stratégique sur la scène asiatique
2. LE TIBET, RÉGION AUTONOME
L’éloignement, le relief et la différence culturelle font du Tibet un monde à part.
Peuplant naturellement la « région autonome du Tibet », les Tibétains sont aussi présents dans les provinces voisines, notamment dans l’ouest du Sichuan et du Qinghai. Nombre de livres et de rapports parlent de 14 millions d’habitants, soit 6 millions de Tibétains et 8 millions deHans. En fait, il s’agit là du «Grand Tibet », ce qu’on appelle aussi le « Tibet historique », tel qu’il fut conquis au xIIIe siècle par les Mongols.
Pour la région autonome du Tibet qui nous occupe ici, la population s’élève à 2,6 millions d’habitants, soit une augmentation de 1,6 million depuis 1950, dans un espace qui demeure de très basse intensité de peuplement au monde, soit 2 habitants au km2. Dans cette population, les Tibétains sont 92 % et les Hans 6 %. Situation donc radicalement différente de celle du Xinjiang, où les Hans et les Ouïgours font à peu près jeu égal.
Au début du xxe siècle, les serfs et les esclaves représentaient 95 % de la population tibétaine, la quasi—totalité de la population était analphabète et l’espérance de vie de 35 ans. Cette dernière s’élève aujourd’hui à 65 ans.
La politique de l’enfant unique est appliquée à la population Han mais pas aux Tibétains. Aussi le taux de natalité excède-t-il 23 %o et le taux de croissance de la population est—il de 15 %o.
A la fin des années 1990, 72 % des cadres travaillant au Tibet étaient des Tibétains ethniques.
Dans le gouvernement et l’Assemblée exprimant l’autonomie régionale, la majorité des membres sont tibétains—ethniques : 82 % à l’Assemblée populaire de la région, 92 % au niveau des comtés et 94 % pour les organes locaux. Ajoutons que la région autonome dispose naturellement d’un système d’éducation laïque.
Après avoir visité le Tibet, en octobre 2006, Philippe Paquet, spécialiste de la Chine à La Libre Belgique, donnait une appréciation me semble-t-il analogue à la mienne. « Depuis la fondation de la région autonome en 1965, le PIB régional a été multiplié par vingt j...] Près de 44 000 km de routes ont été réalisés j...] Quelque 1300 cliniques et hôpitaux ont été construits [...1 Quelque 87 % des enfants en âge d’école sont scolarisés et grâce à la création d’un enseignement pour adultes, le taux d’alphabétisation de ceux-ci a été porté de 15 % en 1987 à plus de 70 % aujourd’hui. L’université du Tibet accueille à Lhassa 10 000 étudiants, dont plusieurs dizaines d’aspirants tibétologues.Tout cela au prix d’investissements massifs du gouvernement central de Pékin près de huit milliards de yuan pour la seule décennie 1994-2004. »
*
Cela étant, parcourons l’histoire du Tibet pour en retenir quelques points de repère.
Depuis la dynastie des Yuan (127 1-1368), le Tibet fait partie de la Chine. En 1271, les conquérants mongols, après avoir défait les Song, s’instituèrent en effet comme dynastie des Huan. Le gouvernement central inclut alors le Tibet dans une unité administrative sous son contrôle direct. Quinze postes d’étapes furent établis entre le Tibet et la capitale Dadu (le Pékin d’aujourd’hui).
Avec la naissance de la dynastie des Ming, en 1368, des titres princiers furent attribués aux responsables religieux. Le dalaï—lama payait tribut à la cour des Ming qui avaient tout en même temps établi des garnisons dans les parties centrale et occidentale du Tibet pour des raisons militaires et politiques. La succession du souverain spirituel et temporel était soumise à l’approbation de l’empereur de Chine.
Puis, en 1644, arrivèrent les Qing qui accrurent leur contrôle sur le Tibet et développèrent son cadre légal.
« A partir de 1751, le contrôle de la Chine sur le Tibet deviendra définitif et ne cessera guère depuis cette date. » Voilà le jugement d’importance du maître incontesté des études chinoises en France, Jacques Gernet, dont nous se saurions trop recommander la lecture du livre, Le Monde chinois.
En 1793, la dynastie se chargea avec les autorités tibétaines de la protection des frontières, des relations avec le monde extérieur, desressources fiscales, du pouvoir monétaire et du soutien aux monastères.
En 1890, les Anglais signèrent avec Pékin des accords appelés à réglementer les questions afférentes au commerce et à la circulation au Tibet comme en Birmanie.
En 1904, les Britanniques forcèrent la route vers Lhassa. Mais, deux ans plus tard, ils conclurent un traité avec la Chine par lequel, soucieux d’occuper au Tibet des positions commerciales, ils renonçaient à toute annexion de territoire de même qu’à toute interférence dans l’administration.
En 1907, Londres et Moscou adoptèrent une convention dont l’article 2 prévoyait que « se conformant au principe admis de la suzeraineté de la Chine sur le Tibet, la Grande—Bretagne et la Russie s’engagent à ne traiter avec le Tibet que par l’entremise du gouvernement chinois » (La nouvelle histoire du Tibet). En 1908, l’Empire mandchou plaça la région sous son administration directe.
Après la révolution de 1911, le gouvernement de la République maintint sa juridiction sur le Tibet, comme l’avaient fait les trois dernières dynasties. Telle n’est pas la lecture de l’histoire que donnent les exilés tibétains qui considèrent les décennies qui suivirent comme la dernière période d’indépendance de leur pays. Toutefois, aucun Etat n’accorda la reconnaissance diplomatique au Tibet et celui-ci reconnut bien la souveraineté chinoise en envoyant des délégués successivement au comité de rédaction d’une nouvelle Constitution de la République de Chine en 1925, à l’Assemblée nationale en 1931, au 4~ congrès du Kuomintang en 1931, et à l’Assemblée nationale en 1946 et en 1948 pour rédiger une nouvelle Constitution.
Parallèlement, le gouvernement nationaliste avait institué une commission pour les affaires tibétaines et mongoles qui contrôlait l’administration des territoires habités par ces minorités et en 1940, il l’avait localisée à Lhassa.
Après la fondation de la RPC, l’armée populaire entra au Tibet en 1950, absorba les forces armées tibétaines tandis qu’un traité était signé à Pékin, le 23 mai 1951 avec une délégation tibétaine conduite par le dixième panchen-lama, second leader spirituel par ordre d’importance.
En 1954, le 14e dalaï-lama fut élu vice-président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire.
A la fin de la guerre de Corée en 1953, Pékin craignait surtout que les efforts diplomatiques des Tibétains et des soulèvements n’aboutissent à une implication politique et militaire américaine. Les Etats-Unis n’invitaient—ils pas à répétition le chef d’Etat tibétain?
En 1956, éclata une rébellion armée que la République populaire réprima sévèrement. Après le bombardement des monastères de Chatreng et Litang et les nouveaux bombardements de Lhassa (1959), les victimes se comptèrent par milliers pour d’aucuns, par dizaines de milliers pour d’autres. Le Premier ministre Tchou En-Lai donna ordre de dissoudre le gouvernement régional en 1959 et la Région autonome fut officiellement créée en 1965.
En juin 1958, avait commencé l’aventure de la résistance tibétaine. L’ANVD reçut d’abord l’aide de Chiang Kai-Shek et puis celle de Washington sous Eisenhower.
Sept cents Tibétains furent recrutés et transférés aux Etats—Unis pour leur formation. En 1959, des armes, du matériel puis des résistants furent largués sur le Tibet. En 1960, on compta quarante-deux largages de quatre cents tonnes d’armes et de nouveaux résistants (Gilles Van Grasdorfi). Pendant ce temps, un U2 de la CIA photographiait chacune des zones. En 1965, semblable opération se poursuivait encore.
Exfiltré dès mars 1959, par un agent de la CIA, Anthony Posaepny, le dalaï—lama s’enfuit en Inde et installa à Dharamsala un gouvernement en exil. Celui-ci revendiqua la souveraineté sur le « Tibet historique », bien qu’antérieurement il n’avait gouverné que sur la moitié de ce territoire.
Telle est l’origine de la popularité de la cause tibétaine aux Etats— Unis comme en Europe. Tintin au Tibet, paru cette année-là, ne fut jamais qu’une des illustrations occidento—centristes de Hergé, primé quarante-cinq ans plus tard par l’International Campaign of Tibet.
Pour en revenir au déroulement des événements, au cours de la Revolution culturelle, les gardes rouges demohrent un grand nombre de monastères tibétains et la répression menée par l’armée chinoise fit un nombre de victimes très élevé.
Trois résolutions de l’Onu reconnurent le droit des Tibétains à l’autodeterrmnation qui resterent naturellement sans aucune suite
Après le voyage de Kissinger et de Nixon à Pékin, le dalaï-lama savait -que le Tibet ne comptait plus guère. Il envoya pour la première foi un représentant en Chine en 1979, à qui Deng Xiaoping fit entendre très clairement que le problème essentiel était que le dalaï—lama reconnaisse le Tibet comme partie inséparable~ de la Chine. Les envoyés ce dernier, dont son propre frère Gyalo Thondup, retournèrent en Chine a plusieurs repnses Des rounds de negociation se deroulèrent aussi à Berne.
Au début des années 1980, à Lhassa, Hu Yao Bang, le numéro un chinois à l’époque, s’excusa en public des erreurs du passé et des souffrances inifigées au peuple tibétain
Le tibétain fut proclamé langue officielle de la Région autonome. Il semblait que le dalaï-lama avait abandonné son appel à l’indépendance et se centrait sur l’autonomie à l’intérieur de l’espace chinois. En 1989, il obtint le prix Nobel de la paix tandis qu’au cours de ces années, sur le terrain, des bouffées de révolte antichinoises étaient réprimées sévèrement par Hu Jintao, alors secrétaire du PC de la République autonome et que la loi martiale était proclamés.
En revanche, en 2001, une grande conférence gouvernementale fut réunie pour protéger et valoriser la culture tibétaine. Par ailleurs, à la même époque, à la mort du Panchen Lama (secte des «bonnets jaunes)>), les dignitaires religieux sélectionnèrent sa réincarnation et obtinrent l’approbation du Dalaï-lama; le gouvernement conteste ce choix au motif que la procédure de sélection n’avait pas été effectuée correctement; une nouvelle sélection aboutit à la désignation d’un autre Panchen Lama qui réside à Gyantse.
Le dalaï-lama annonça alors que son successeur serait élu démocratiquement.
La Constitution dont s’est doté le gouvernement en exil, prévoit au demeurant que la fonction peut être abolie par une majorité de deux tiers à l’Assemblée qu’élisent les 100 000 réfugiés.
En décembre 2004, le Parlement européen demandait aux autorités chinoises «de mettre fin à la campagne d’éradication patriotique menée depuis octobre » par laquelle les Tibétains étaient contraints, affirmait-il, de signer des déclarations dénonçant le dalaï—lama comme. dangereux séparatiste. Le Parlement requérait aussi que «les autorités chinoises re1~chent les moines tibétains détenus et suspendent l’isolement du monastère de Drepung à Lhassa ».
Autre sensibilité, l’Inde, en signant le partenariat stratégique avec la Chine en avril 2005, réaffirmait qu’elle reconnaissait la région autonome du Tibet comme faisant partie du territoire chinois mais surtout qu’elle ne permettait pas aux Tibétains réfugiés en Inde de se livrer à des activités antichinoises.
En septembre 2006, le Parlement européen se disait toujours «profondément préoccupé par les rapports récents faisant état de la persistance de violations graves des droits de l’homme dans les régions tibétaines de la Chine, notamment des tortures, arrestations et détentions arbitraires, assignation à résidence, surveillance extrajudiciaire de dissidents, détentions sans jugement, répression de la liberté religieuse et restrictions arbitraires à la libre circulation ».
Visant aussi les campagnes « d’éducation politique » menées depuis l’été de 2005, il se préoccupait notamment de l’arrestation de moines du monastère de Drepung que refusait de dénoncer le dalaï-lama.
Au cours de l’année 2006, The Independent (Londres) croyait savoir que le dalaï—lama, âgé de 70 ans, était sur le point d’effectuer une visite en Chine et d’initier un processus de réconciliation.
On se permettra d’en douter. Le dalaï-lama n’avait-il pas déclaré en novembre 2005 que le niveau d’autonomie du Tibet devait être plus large que pour Hong Kong, Macao ou Taïwan, alors que le gouvernement chinois dans son Livre blanc de décembre 2004 avait affirmé que, tout au contraire des trois territoires cités, il ne pouvait s’agir de réintroduire au Tibet un autre système social.
Porte fermée donc à 1~» administration temporelle religieuse » comme le prévoit le projet de Constitution du dalaï-lama, comme à un «Tibet zone de paix » sans déploiement de troupes, comme il demanda à un professeur de Hong Kong d’en rédiger le projet, et bien entendu davantage encore à un Tibet libéré de la présence des Hans.
Quoi qu’il en soit, en juin 2006 le dalaï-lama s’exprima au Sportpaleis d’Anvers devant une dizaine de milliers de sympathisants, audience dont les hommes politiques occidentaux n’osent plus rêver, même en période électorale.
A cette époque, interrogé par Paula Escobar pour Le Soir, il déclarait curieusement: « La situation du Tibet n’est pas mon échec personnel mais celui des generations qui m’ont precede Elles se sont montrees totalement negligentes Elles n ont pas porte suffisamment d’attention à l’évolution du monde. » Appréciation étonnante qui n’est guère différente du jugement que porte Pékin sur les gouvernements passéistes du Tibet.
Et comment ne pas la faire sienne après la lecture de La Nouvelle Histoire du Tibet, (Perrin, octobre 2006) dont l’auteur, Gifles VanGrasdorff, paraît tout sauf un affidé de Pékin?
Que d’opposition de l’aristocratie conservatrice et des dignitaires religieux aux progressistes de l’armée, que de rivalités entre le panchen— I lama voulant ses propres troupes et le dalaï-lama, que de disputes autour des enfants élus, réincarnation de l’ancien maître, que d’intrigues continues, d’incarcérations et d’empoisonnements, de lamas brigands qui exécutent les pères des missions étrangères! Pour ne rien dire des « chefs de tribus qui préfèrent assister sans réagir, voire participer aux exactions commises contre leurs compatriotes par les soldats de l’APL ou police secrète contre de fortes sommes d’argent». Ou encore de la Révolution culturelle, mouvement de masse, sujet épineux au Tibet où « beaucoup ont effectivement détruit les édifices religieux, dénoncé leurs amis et leurs voisins comme réactionnaires ».
Et ce serait ce Tibet, témoignage d’un autre âge, qui serait l’objet d’une nostalgie respectueuse de l’Occident.
Par ailleurs, on peut aussi s’étonner de l’accueil que des personnalités politiques de premier rang dans nos pays réservent parfois au dalaï-lama. Sont-elles bien informées de l’irréalisme de ses prises de positions actuelles et de la perception de jeu trouble ressentie par les autorités chinoises?
En août 2006, c’était cette fois, à l’autre bout du monde, à OulanBator, au nord de la Chine que le dalaï-lama prenait la parole devant plusieurs milliers de personnes: aussitôt, Pékin irrité annulait les vols d’Air China avec la capitale mongole.
En septembre, le président Bush donnait son feu vert au projet des parlementaires américains d’octroyer la médaille d’or, plus haute distinction du Congrès, au leader spirituel et temporel tibétain.
D’un poids beaucoup plus impressionnant me paraissait à l’époque l’arrivée à Lhassa du train « le plus haut du monde » reliant la capitale de la région autonome du Tibet à Pékin, projet de Deng Xiaoping, entamé par Jiang Zemin et terminé par l’ingénieur Hu Jintao, qui fut secrétaire du PC au Tibet. D’une importance en effet primordiale à la fois touristique, politique et stratégique pour l’avenir de la région.

